‹ L'Hotel-Dieu de Paris au moyen âge. Histoire et documents: histoire et documentsChapitre 99 sur 236 · V. — LES REVENUS DE l'hÔTEL-DIEU. IlQ · texte numérisé non relu

V. — LES REVENUS DE l'hÔTEL-DIEU. IlQ

l'Hôtel-Dieu, d'augmenter ses ressources et d'assurer le fonctionnement régulier de ses services. Innombrables sont les arrêts du Parlement condamnant un accusé à une amende dont une bonne part devait revenir à l'hôpital. La Chambre des comptes et la G>ur des monnaies suivaient cet exemple, comme l'official de Tarchidiacre, à Notre-Dame. Bon nombre de rémissions notaient accordées qu'à charge pour ceux qui en bénéficiaient de donner à PHôtel-Dieu une somme dont le chancelier fixait lui-même le montant. Le Prévôt de Paris agissait de même ^ ; c'est à l'Hôtel- Dieu qu'étaient envoyées toutes les marchandises confisquées, non seulement les denrées alimentaires, les pains qui n'avaient pas le poids, les poissons « forfets >, les rôtisseries ou le vin vendus au détail dans le cloître de la cathédrale, mais encore les chandelles mal fabriquées, les étofies condamnées au feu et les empeignes saisies au nom du Roi ^ ; c'est là que le sergent de la haute justice, c^est-à-dire le bourreau, c'est là que Capeluche, de sinistre mémoire, amenait les cochons qu'il avait, dans ses tournées, trouvés errants par les rues « sans conduit ou garde » ; on lui donnait une prime, cinq sous par tête; il en gagna 25 de la sorte en 1418^.

On sait que pour passer maîtres, les apprentis, au moyen âge, devaient exécuter un chef-d'œuvre : la confrérie des pâtissiers

1. Comptes, III, 108, 109; IV, 106; V, 154; VIII, 71; IX, 68; X, 76; XI, 67-70; XII, 63; XIH, 73, 74; XIV, 66; XVII, 2i5; XVIII, 297; XIX, 179-181, 3i7, 3i8; XX, 39, 107, i85, 187, 343.— T. II, n- 1291. — André Duchesne, Les antiquiteif et recherches des villes etc., I, 88. — Guérard, Cartul, citéf I, 92.

2. c Pour la vente d'une serge qui avoit esté forfaite, laquelle le Prévost de Paris avoit envoyée aud. hostel pour ce qu'elle avoit esté condempnée à estre arse, et laquelle a esté vendue pour ce qu'elle se mengoit de vers, XII 1. p. » (Comptes, I, 253, 283.) — a Hodie (7 septembre i4i2)lecto statuto vini non vendendi in Ciaustro nisi in grosso, sub pena amissionis vini et

confiscacionis pro Domo Dei Parisienst quod quidem statutum postea

fuit modificatum, videlicet ut posait vendi ad potos, etc » (Ârch. nat.,

LL 214, 55.) — Comptes, I, 157, 283; III, 108; X, 56. — Arch. nat., H 3664, 172. — Rondonneau de la Motte, Essai historique sur P Hôtel-Dieu de Paris^ 34, 35, 40. — Le livre des métiers d'Etienne Boileau (édit. de Lespinasse et F. Bonnardot, dans la coll. de VHist, génér. de Paris ^ c, cxxv, 149, 21 5).

3. Comptes, lU, 217; IV, 2i5; V, 269; VIII, 128; IX, 128; X, i32. — Ordonnances f II, 379; UI, 97. — Rondonneau de la Motte, ouvr. cité, 85.— Voir le tableau des budgets du maître.

DOCUMBMTS IX 9

l3o PREMIÈRE PARTIE.

envoyait à THôtel-Dieu les débris des siens ^ Les couvreurs disaient dire une messe à note tous les dimanches et une messe basse le lundi; ils donnaient, de la sorte, 8 livres par an'. G>mme les boulangers, les « maistres du mestier d'espicerie » faisaient une visite annuelle et un cadeau de c poudre fine »'. Lorsque la corporation se réunissait, les drapiers donnaient, paraît-il, à chaque malade, un pain, une pinte de vin et une portion de viande, bœuf ou porc; chaque accouchée recevait un « plat entier»; nous n'avons toutefois nulle part trouvé la preuve que cette coutume fût réellement suivie^. De toutes les corporations, citait celle des orfèvres, une des plus riches, du reste, qui faisait le mieux les choses-, tous les ans, à Pâques, elle offrait à dîner aux pauvres de THôtel-Dieu; le banquet n'était pas, comme on Ta dit, servi dans de la vaisselle d'argent ni le service fait par les femmes mêmes des orfèvres, revêtues de leurs plus beaux atours; il n'en était pas pour cela moins bien accueilli des malades''. En voici la description :

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