CHAPITRE IX
MAISON DE CONVALESCENCE. — HOPITAUX ET HOSPICES. AMBULANCES MORGUE. — RÉSULTATS GÉNÉRAUX.
Aujourd'hui, les salles de chirurgie de l'Hôtel-Dieu ne contiennent plus qu'une vingtaine de convalescens. Ce sont pour la plupart des fractures dont la solidité n'est pas arrivée au point de ne laisser aucune inquiétude , et qui , par cela même, ont besoin de rester sous la surveillance de ceux qui les ont traitées. Tous les autres blessés sont, ou au sein de leur famille , ou à la maison de convalescence de Saint-Cloud.
Le préfet de la Seine , mu par les sentimens
d'une philanthropie éclairée, a fait disposer convenablement la magnifique caserne que les gardes-du-corps occupaient dans cette résidence. Ce local aussi vaste que bien situé , réunit à un haut degré tout ce qui peut hâter le retour à la santé. On y a dirigé des divers hôpitaux et de la ville tous les convalescens qui en avaient besoin , et ils s'y trouvent au nombre d'environ 180- M. Dupuytren, chef de cet établissement, a sous ses ordres plusieurs chirurgiens qui partagent avec lui le service, des élèves chargés de faire les pansemens, et enfin des employés qui ont soin du matériel. L'administration a très libéralement pourvu au bien-être de ces braves citoyens , et peut-être doit-on regretter une espèce de profusion qui contraste trop avec le régime des hôpitaux ordinaires. La plupart de ceux qui sont en ce moment à Saiut-Cloud
auront sans doute plus tard l'occasion d'entrer à l'Hôtel-Dieu, à la Charité ou partout ailleurs ; les alimens qu'ils y recevront seront bien mauvais comparativement à ceux qu'on leur prodigue maintenant, et delà des réclamations, des plaintes qui ne peuvent que jeter du discrédit sur des maisons qui ont, avant tout, besoin d'.une bonne renommée.
Un autre abus plus dangereux encore , c'est le défaut de discipline. Le mot de convalescence, que beaucoup de personnes regardent comme le synonyme de guérison , semble les dispenser de prendre aucune précaution contre une foule d'écarts de régime qui ont les suites les plus fâcheuses. On a vu des blessés complètement guéris éprouver des accidens très-graves à la suite d'indigestion, de fatigue, de contention d'esprit, de plaisirs immo-
dérés. Il a fallu que Ton songeât à meltre de Tordre dans un établissement qui en était absolument dépourvu , et les malades euxmêmes, avec cet esprit, cette sagacité dont ils ont donné tant de preuves, ont organisé uu service de surveillance, nommé des chefs chargés de faire exécuter un règlement fait et consenti par chacun d'eux, et aujourd'hui tout marche avec une régularité parfaite. Ceux qui sont entièrement guéris reçoivent des secours pécuniaires qui les dispensent de reprendre des travaux encore disproportionnés à leurs forces.
Ainsi l'Hôtel-Dieu, où naguère gémissaient tant de braves sanglans et mutilés, ces salles où l'œil ne se reposait que sur des victimes luttant contre la mort, sont maintenant rentrées dans leur calme habituel, et n'offrent plus que quelques restes épars de cette grande
( 347 ) catastrophe. Les lits devenus vacans de jour en jour, ont été remplis par les malades ordinaires; les misères anciennes et celles qui apparaissent nouvelles, reprennent ici leur droit de bourgeoisie et n'excitent pas moins d'intérêt que par le passé. Le temps des vacances est arrrivé; entre l'année scolaire qui finit et celle qui doit commencer bientôt, se trouve un temps de repos, déplaisir; les élèves en profitent d'ordinaire avec empressement;mais en ces circonstancesgraves,le plaisir est dédaigné, et les candidats au doctorat saisissent avec avidité l'occasion d'un nouveau labeur.
M. Dupuytren, pendant les vacances, donne deux fois la semaine une leçon de clinique dans laquelle il fait connaître les cas remarquables qui se sont offerts et les opérations qui ont été pratiquées. Cette armée,
( 348 j les circonstances l'ont engagé à donner une série de leçons sur les plaies d'armes à feu, et bientôt l'amphithéâtre put à peine contenir la foule d'auditeurs. Trois séances par semaine sont consacrées à l'accomplissement de ce projet, et l'ardeur avec laquelle on s'empresse d'y accourir de toutes parts prouve assez combien le professeur sait les rendre intéressantes.
L'expérience de i83o , appuyée de celle de i8i4, fournit des résultats d'une importance extrême. Les registres d'observations dé cette dernière époque ont été conservés avec soin, on y trouve une foule de faits du plus haut intérêt, et c'est sur une telle masse de documens que le maître base ses préceptes. Point de cas , quelque remarquable qu'il soit, dont on ne possède un exemple ou du moins des analogues; un corps complet de doctrine
( 349 ) ressort de cette mine féconde, -et si la science très-avancée sur ce point , y gagne peu de choses nouvelles, les étudians en retirent bien plus de fruits , car ils voient, ils examinent, ils n'acceptent d'opinions que celles qui leur paraissent bien fondées et sanctionnées par l'expérience. Nul doute que cette foule déjeunes hommes avides d'instruction, qui se pressent aux leçons du professeur, ne soient très-capables de diriger la cure des plus graves blessures, tandis que les connaissances lentement puisées dans les auteurs réputés classiques, ne leur eussent laissé que de l'indécision et par conséquent de l'inhabileté. Scientifiquement parlant, les grandes journées de juillet auront beaucoup profité aux jeunes chirurgiens , et chacun d'eux saurait le prouver si des événemens survenaient
qui exigeassent de leur part un service actif dans le civil ou aux armées.
Cet avantage, que l'on ne peut contester, servira -t-il de compensation aux funestes conséquences qu'une commotion politique comme la nôtre a produites? Non sans doute, et la science y trouvât-elle plus de bénéfice encore, la somme des maux physique$ ne l'emporterait pas moins et dans une grande proportion. Ce ne sont pas seulement les blessures qui tuent les hommes, et toutes les victimes de la guerre civile ne gisent pas sur le champ de bataille. Les impressions morales, quand elles sont fortes , entraînent à leur suite de graves désordres dans les principales fonctions de l'économie vivante, et tous les praticiens en ont observé les funestes résultats.
À la suite des grands désastres de la révo-
( 35x ) Sution de 93, les Maladies prirent en général un caractère de gravité qu'elles n'avaient pas offert jusque là. Certaines affections très-dangereuses, comme les anévrismes du cœur, parurent augmenter de fréquence et attirèrent spécialement l'attention des médecins de cette époque. On a prétendu que les travaux seuls du célèbre Corvisar rendaient compte de ce fait, et que l'attention dirigée sur ce point de la science, l'expliquait trèsbien, les anévrismes ne paraissant plus communs que parce qu'ils étaient mieux observés. Mais on ne peut douter que les causes morales de la nature de celles qui naissent au milieu des orages politiques , ne produisent de graves lésions dans les organes les plus importans.
Le cerveau , fortement ébranlé par la peur, devient bientôt incapable de remplir
les hautes fonctions qui loi sont départies : de là des manies aiguës, des démences , des paralysies de là encore des apoplexies qui surviennent surtout chez les vieillards dont les impressions sont très -vives. Plusieurs hommes célèbres soit dans les affaires , soit dans les lettres , ont succombé dans ces derniers temps à des hémorrhagies cérébrales, qui sont le résultat de l'excitation produite par les événemens actuels. D'autres, froissés dans leurs plus chères affections, deviennent moroses , mélancoliques ; il y a perversion des sentimens moraux; le dégoût de la vie les conduit bientôt au suicide , lors même que rien ne semblait faire présager une telle catastrophe. Les événemens de ce genre ont été communs depuis deux mois , et à chaque séance des principales sociétés médicales , les praticiens en font connaître de nouveaux.
Nous avons vu à PHôtel-Dieu beaucoup de malades, non blessés, qui devaient leur maladie aux affaires de juillet. Des hommes robustes, habitués à toutes les fatigues d'une vie laborieuse , mais chez qui les facultés morales sont inertes et sans emploi , ont été lancés , par la force des circonstances , dans une voie nouvelle où de grandes émotions se reproduisent à chaque instant. Plusieurs jours passés dans cet état d'exaltation, l'insomnie, l'abus des boissons stimulantes ont été suivis de symptômes d'abattement que l'on a combattus par des stimulans nouveaux. Cette surexcitation a bientôt été suivie d'une chute complète , et des individus doués de la constitution la plus vigoureuse ont succombé à un seul accès de fièvre. Nous avons fait cette remarque sur deux jeunes gens très-sanguins, qui furent emportés avec une
rapidité vraiment étonnante. Leurs cadavres se putréfièrent au bout de quelques heures , comme ceux des animaux qui ont été longtemps chassés , et dont les fluides se dissolvent même avant qu'ils ne soient morts.
C'est encore par suite de cette altération des humeurs que tant de personnes ont été
atteintes de jaunisse. Les maladies de l'esto-
mac et du foie figurent en première ligne parmi celles qui naissent sous l'influence -des causes morales. Toutes les grandes impressions, surtout celles qui sont pénibles t retentissent dans la région de l'estomac, où se trouve le point central d'un système nerveux très-important. On ne sera pas étonné que les derniers événemens aient produit la perte absolue de l'appétit , des vomissemens , des spasmes et autres accidens nerveux qui dépendent tous d'une même cause.
Il ne nous reste plus , pour compléter ce travail, qu'à indiquer sommairement ce qui s'est passé dans les autres hôpitaux , c'est-àdire à faire connaître le nombre des blessés qui y ont été reçus , celui des décès et autant que possible ? les circonstances princi- x pales qui ont influé sur ce résultat.
Ainsi à I'Hôtel-Dieu, on a reçu 390 blessés , 122 sont morts, et sur ce nombre 40 ont succombé dans les trois .premiers jours. Les blessures étaient en générai très-graves , il y avait plus de cent fractures d'os , pour lesquelles trente-quatre amputations ont été pratiquées.
A la Charité, 165 blessés y ont été reçus, 50 sont morts. La plupart de ces blessés venaient du Louvre , des Tuileries , du Palais- Royal et de la caserne de Baby loue ; leurs blessures étaient graves. Nous ne savons au juste
combien ont succombé dans les premiers jours. On a pratiqué quinze amputations qui n'ont eu de succès que sur sept malades.
A Saint-Louis, on en a reçu 152 •> sur lesquels 59 sont morts. Ces blessés venaient des boulevards Saint-Denis et Saint-Martin , des casernes voisines et des barrières où les gendarmes avaient été attaqués. Beaucoup de graves blessures ont occasionné une mort très-prompte. Six ousept amputations ont été pratiquées presque toutes secondairement.
Une seule a réussi.
A la Pitié on a couché 108 blessés sur lesquels il n'en est mort que 9- Ce résultat si différent de tout ce qu'on observe ailleurs, doit être expliqué, et voici de quelle manière. Sur ces 108 malades, 6 seulement avaient des fractures, parmi lesquels il ne s'est trouvé que deux cas d'amputation. Or comme ce
( 357 ) sont justement les fractures et les amputations qui entraînent le plus d'accidens , on voit que l'absence des décès correspond trèsbien à l'absence de leurs causes les plus ordinaires. Nous avons dit ailleurs qu'environ 60 blessés, reçus d'abord et pansés à l'Hôtel- Dieu, avaient été dirigés sur îa Pitié, parce que le peu de gravité de leurs blessures rendait le transport sans inconvénient. En voilà plus qu'il n'en faut pour expliquer d'où dépend la rareté des décès dans cet hôpital.
A Beajjjon l'on a reçu 89 blessés , et il en est mort 51- Ce chiffre est trop élevé pour ne pas dépendre de quelque cause majeure, et la voici. Lors de la retraite des troupes qui occupaient les Tuileries et les Champs-Elysées, il y eut plusieurs combats très-vifs , qui furent également meurtriers. Les blessés furent conduits immédiatement dans cet ho-
pital quiavoisinaitle champ de bataille. Douze individus furent apportés morts, et plus tard le défaut de renseignemens sur leur compte força l'administration de les faire conduire à la Morgue. Parmi les autres , beaucoup étaient très-grièvement blessés , les fractures étaient nombreuses et il fallut pratiquer treize amputations. Ce motif explique suffisamment la grande mortalité observée dans cet hôpital.
A Saint- Antoine, la réception ne s'est élevée qu'à 77 individus, venant pour la plupart des affaires de la rue Saint-Antoine, des boulevards intérieurs, du pont d'Austerlitz et des casernes de ce quartier. Il en est mort treize, ce qui est beaucoup, car il n'y a eu que deux fractures et on n'a fait aucune amputation.
A la Maison de Santé du faubourg Saint- Denis, on a donné asile à 51 blessés. Il en est mort douze , et sur ce nombre il v en a
( 359 ) sept qui ont succombé avant le i*r août. On voit que les blessures devaient être bien graves- La plupart avaient été reçues aux environs de la porte Saint-Denis , à l'attaque de quelques corps-de-garde du faubourg et
de la barrière, toutes par conséquent de près et par des armes en bon état. Plusieurs amputations ont été pratiquées avec succès.
L'hôpital Necker a reçu 57 blessés , tous venant de la caserne de Babylone- Cinq individus furent apportés morts; depuis cette époque, quinze autres ont succombé, et sur ces quinze , il y en a huit qui sont morts dans les premières vingt-quatre heures de leur séjour. Trois amputations, une de cuisse et deux de jambe , ont été pratiquées immédiatement ; l'un de ces derniers malades a succombé-
Aux Incurables femmes de la rue de Sèvres ,
on a reçu 54 blessés qui venaient égalemenj de la caserne de Babylone. Quatre d'entre eux moururent le premier et le second jour. De ce nombre est le jeune Vanneau de l'école Poly thechnique , dont la tête était traversée par une balle.
L'hospice du Cloître Saint-Mer y et la salle d'audience de l'ancien tribunal de commerce, reçurent 127 blessés venant de la place de Grève, de la rue Saint-Antoine et des rues voisines. On y apporta également cinq cadavres. La disposition des lieux ne permettant pas de conserver tant de monde , beaucoup de malades furent transportés, dès qu'on le put, à l'Hôtei-Dieu et à la Charité. Il en resta environ 52 ? tous assez # gravement blessés. Quatorze d'entre eux ont succombé. Il est à remarquer que tous ces malheureux sont morts avant le 4 août, ce qui prouve corn-
( 36 1 ) bien leurs blessures étaient graves. Une seule amputation de bras a été pratiquée, et aujourd'hui le malade est parfaitement guéri.
L'hospice d'Enghien , faubourg Saint-Antoine , a reçu 10 blessés; la plupart l'étaient légèrement et sont guéris depuis long-temps.
L'Hôpital Cochin en a reçu 9 qu* n'ont offert aucune lésion importante et n'ont pas tardé à sortir dans l'état le plus satisfaisant.
Enfin , 6 autres blessés se trouvent répartis entre les hospices de Larochefoucault, des Capucins , des Enfans malades et des Orphelins, etc. Aucun d'eux n'est mort.
En récapitulant tout ce qui vient d'être rapporté, on voit que les hôpitaux et hospices civils de Paris, ont reçu à peu près 1,200 blessés, sur lesquels il en est mort 304, c'est-à-dire un peu plus du quart. Ajoutons à cela quelques renseignemens sur
les principales ambulances établies en différens quartiers de la ville et dont quelques-unes se sont trouvées transformées en véritables hôpitaux.
L'ambulance établie rue des Pyramides et rue de Rivoli a reçu 170 blessés. Beaucoup de ces malades furent dirigés ensuite vers les hôpitaux civils et militaires; il en est resté 40 qui ont reçu des secours parfaitement entendus et aucun d'eux n*est mort. On n'a pas pratiqué d'amputations et il n'y a eu qu'un très-petit nombre de fractures.
Dans le passage du Saumon, une autre ambulance due aux zèle des habitans des rues Montmartre et Montorgueil , areçusuccessivement90klessés, qui sont à peu près tous guéris. La plupart y son t venus seulement pour sefairepanser;aucun d'eux n'estmort, bien que plusieurs portassent des blessures fort graves.
La Bourse fut également un asile pour beaucoup de citoyens blessés sur le boulevard et dans le quartier Saint-Honoré. Il en a été admis 75; ce nombre fut bientôt réduit à 27 > les autres étant rentrés au sein de leurs familles ou ayant été placés dans des hôpitaux. Parmi les 27 restant, deux affectés de blessures aux articulations du membre inféférieur, paraissent devoir succomber. Tous les autres sont très-bien guéris.
Si l'on joint à ces malades les 400 blessés auxquels on a donné des soins à l'Hôtel-Dieu et qui, restant chez eux, ont continué à venir s'y faire panser, on aura un effectif de 755 individus dont il faut tenir compte. On restera beaucoup au-dessous de la vérité en n'évaluant qu'à 65 blessés le nombre de ceux qui ont reçu des secours à domicile par les divers chirurgiens de la capitale; or, cela
complétera le chiffre de 800? ce qui, joint au 1,200 malades des hôpitaux, donnera un nombre total de 2,000 blessés civils.
Nous n'avons pas de renseignemens aussi positifs sur les militaires, mais il est probable que quelque chirurgien de l'hôpital du Gros -Caillou remplira cette lacune et fera connaître au monde savant les brillans résultats de la pratique du chirurgien en chef de cet établissement. En attendant, nous dirons que, suivant toutes les probabilités, le nombre des soldats blessés reçus dans les hôpitaux militaires ne s'élève pas à 500- Nous savons que plus de vingt amputations ont été pratiquées, la plupart avec succès; nous savons aussi que six ou huit cadavres ont été conduits dans cet hôpital, et ne doivent être portés en compte que pour mémoire.
Il est une circonstance qu'il ne faut pas
( 365 ) oublier. Le 10 et le 12 août, on reçut dans tous les hôpitaux civils un ordre du ministère de la guerre , pour faire transporter à l'hôpital militaire de l'ex- garde tous les soldats qui en étaient capables. Cette translation eut lieu, et Ton conçoit dès lors que ces malades n'ont pas pu donner beaucoup de peine à ceux qui en furent chargés, puisque leurs blessures , déjà en bon état , n'offraient véritablement aucun danger. Nous insistons à dessein sur ce fait, parce que le public a pu concevoir de très-fausses idées sur des résultats dont il ignorait tous les antéeédens. Il importe qu'on ait sur tous ces points des données exactes afin de ne pas blâmer ou louer sans raison des hommes de l'art qui ont été plus ou moins heureux dans les soins qu'ils ont administrés à ceux qui leur étaient confiés.
( 366 ) Nous avons cherché à connaître le nombre des individus tués sur le champ de bataille. Voici les résultats de nos démarches à cette occasion.
Cadavres déposés à la Morgue. i s5
Enterrés devant la colonnade. 85
Id. au bout de la rue Fromenteau. 25
Déposés dans les caveaux de St.-Eustache. 43 Id. sous les voûtes du quai de Gèvres. 34 Id. dans l'hôtel Larochefoucault. 8
Enterrés au marché des Innocens. 70
En réunissant ces 390 morts aux 3o4 qui ont succombé dans les hôpitaux, en joignant ce total aux blessés reçus au Gros-Caillou et au Val-de-Grâce? on aura un effectif de trois mille individus atteints dans les journées du 27, 28 et 29 juillet i83o. Le nombre des morts s'élève à 700- L'autorité administrative seule peut compléter ces résultats. Nous
( ™1 ) garantissons tout ce que nous avons avancé; mais il est impossible que nous n'ayons pas omis des faits particuliers , que le temps et de nouvelles publications feront certainement connaître.