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Avant de terminer cette longue et minutieuse étude, je demande à mes bienveillants leccurs la permission de transcrire ici quelques paroles remarquables de MM. Cosle et de Watteil.lle snr l’utilité des hôpitaux en général, et de leur signaler une institution éminemment lienfaisante et morale, à laquelle me semble réservé un avenir brillant et prospère.
M. Coste considère la question de l’utilité ou des inconvénients des hôpitaux comme l’un des oints les plus importants de l’économie politique u Aucune des causes mises en ques-
tion jusqu’ici n’a pu avoir autant d’influence, sur la création et la multiplication nécessaire des ôpilaux, que l’agrandissement indiscret et l’extension monstrueuse donnés aux villes capitales.
« Dans chacune d’elles, le caractère spécial et primitif des peuples, aux dépens desquels lies reculent chaque année leurs limites, s’efface pour y substituer l’égoïsme cosmopolite ommun à toutes, d’où il résulte qu’à force d’imitations réciproques, elles ont toutes acquis 1 même physionomie; qu’elles absorbent annuellement le cinquième de la population des hats; que, pour le nombre des fortunes exorbitantes, dont la source n’est pas toujours pure, a misère de la majorité des habitants décuple, et que, si un meilleur esprit ne reporte incessamment dans les campagnes le trop plein des villes, l’augmentation de leurs pauvres et de ■ eurs malades demandera bientôt plus d’établissements de bienfaisance, et même de véritables îôpitaux, qu’on n’y compte avec scandale déniaisons de luxe et de ruine. »
« Cest ainsi, ajoute le même écrivain, que les secours offerts d’abord par l’homme géné-
rcux à l’homme dans la détresse, puis accordés à la réunion de plusieurs pauvres, par la réunion de quelques riches, ensuite par la pluralité des uns à la pluralité des autres, ont enfin été étendus peu à peu de la société entière ti toute la classe des infortunés et plus décidément réglés en ce qui concerne les maladies plus communes à ceux-ci. »
Pour M. de Watteville, il ne peut exister de doutes sur l’utilité des hôpitaux, car « rendre h la santé un père de famille dont le travail est le seul soutien de sa femme et de ses enfants, est un mode d’assistance efficace et moral. » Mais il est loin d’admettre l’utilité des hospices :
« Le secours des hospices est souvent accusé de rompre les liens de la famille, de pousser l’ouvrier à l’imprévoyance
« L’homme admis à l’hospice devient un être complètement inutile à la société, tandis que, placé à la campagne chez de bons et honnêtes cultivateurs, il pourrait encore rendre quelques services, et sa dépense serait moins considérable, moins onéreuse à l’État. »
L’organisation du traitement des malades à domicile remonte à une trentaine d’années, mais ce n’est en réalité que depuis le mois d’avril 1853 qu’elle fonctionne d’une manière régulière.
Son but est de secourir et de traiter à demeure tous ceux que de légitimes intérêts rattachent à la famille.
Ce service possède des consultations gratuites, données parles médecins des bureaux de bienfaisance, à la mairie ou dans les maisons de secours.
En 1861, 50,000 personnes ont été traitées de cette manière.
Affirmer l’existence du traitement à domicile ;
Vulgariser la manière d’être de son fonctionnement;
Tels sont les moyens les plus efficaces pour réaliser sur ce point un progrès essentiel et permanent.
J’appelle de tous mes vœux la propagation la plus libérale, la plus intelligente, la plus prompte, du traitement à domicile, parce que j’y vois la mesure la plus naturelle et la plus efficace pour diminuer le personnel des hôpitaux et celui des hospices.
Dans la marche de la civilisation, à chaque siècle sa tâche; le nôtre doit se préoccuper avant tout de cetle importante vérité :
L’hygiène publique et l’hygiène privée dominent toute notre société moderne; en relation intime avec les progrès de la science et de l’industrie, elles forment pour ainsi dire à elles seules l’avenir de la médecine.
— T\ pograpliic Ff.i.ix Malteste et C, rue îles Deux-Portes-Saiiit-SauAeur, 22.
Paris.