XIV PRÉFACE
mandé une seconde édition. A propos du collectionneur de toutes choses, M. Paul Eudel parle des maniaques de la peine de mort. Connait-il la délicieuse correspondance échangée entre M. Roch et un brillant compositeur d’opérettes à qui M. de Paris prodiguait les meilleures places aux exécutions ? Le brillant compositeur, ayant une première aux Bouffes, yconviason ami, « parce que, lui disait-il, vous m'avez obligeamment invité à toutes les vôtres. » M. Roch répondit avec infiniment de dignité: « Pardonnez-moi, cher monsieur, de ne pouvoir accepter votre si aimable invitation ; mais, par goût, je vais peu dans le monde. Je préfère le /é/e-à-téle. » On peut être un bon exécuteur et avoir cependant le mot pour rire, comme vous le voyez. A rapprocher du cri de douleur poussé par un pauvre diable dont la littérature consistait à donner, dans un journal, le récit des exécutions et qui touchait 25 francs pour cela. Le maréchal de Mac-Mahon gracie d’un coup deux coupables dont il attendait impatiemment le châtiment. « Voilà une infamie, s’écria-t-il, que je ne pardonnerai jamais au septennat! » La clémence de M. Grévy devait lui porter des coups bien plus répétés encore.
Mais, que me voilà loin du livre que j'avais mission de présenter au lecteur! Est-ce ma faute, à moi, si, par la fantaisie exquise dont il est plein, il éveille dans mon esprit un monde d'impressions et de souvenirs, et n'est-ce pas en proclamer le charme que de suivre les mille chemins qu'il ouvre devant vous en y faisant l'école buissonnière ? Je vous ai dit que l’auteur était, non pas seulement un curieux, mais un penseur, et la