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Voilà pourquoi, tracassé de tous les côtés, assailli par des obligations de toutes sortes, je suis aussi en retard ce mois-ci avec mes lecteurs pour les ventes dont j'ai entrepris d'écrire l’histoire quotidienne. Il va falloir maintenant faire une revue rapide pour combler cet arriéré.
Eugène Piot, le fondateur du Cabinet de l'amateur, a vendu dernièrement en bloc ses médailles italiennes à un marchand de Francfort, M. Hesse, qui les a fait passer en vente publique à Londres. Elles avaient été sur le point d’entrer au British Museum, ce qui eût été un très grand honneur pour elles et une bonne fortune pour le musée anglais.
La France a perdu là, en tout cas, une belle collec- - tion. Nous en sommes désolés. Les Anglais sont assez riches en objets d'art. Ils n’ont pas besoin de s'enrichir encore.
Les beaux médaillons de Pisano : Francesco Sforza, Alphonsed' Aragon, surnommé /e Magnanime; Jean VIIT, empereur de Constantinople ; le Malatesta de Matteo Pasti;, le XJahomet II de Bertoldo de Florence, dont les belles épreuves sont si rares, quelques petites médailles allemandes, véritables bijoux par la finesse de leur exécution, ont été vendus à de grands prix chez les auctioneers Christie, Manson et Woods.
Les productions des grands médaillistes italiens du xv® siècle sont fort goûtées chez nos voisins. Elles ne sont pas près de repasser le détroit.
Payer, du reste, un beau Vittorio Pisano, le premier en date parmi les peintres de portraits, quatre à cinq mille francs, le même prix que l’Elzevir : le Pätissier françois ou la gravure de la Vache qui pisse de Berghem, premier état, sera toujours, selon nous, une
preuve de goût.
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En somme, le spéculateur prussien n’a pas fait une mauvaise affaire. Il a vendu au détail 205,530 francs ce qui ne lui coûtait que 150,000 francs.
Il luireste le bénéfice qu'il avait recherché dans cette affaire.
2 mai. — Succession Oppigez, en son vivant peintre expert.
Vendus 1,000 francs, par Me Paul Gérard, douze cents dessins de Cham. Toujours fécond et spirituel, le caricaturiste, si bien nommé le Paul de Kock du crayon. — La plupart étaient inédits. Ils roulaient presque tous sur le bourgeois, le militaire et la bonne d'enfant, avec de très curieuses légendes, mordantes, incisives, pleines de sel ou lestement troussées, comme savait les écrire le vicomte Amédée de Noé.
11 mai. — Voici une curieuse tapisserie gothique, large de cinq mètres, haute de près de quatre : les Préparatifs d'un tournoi au x\° siècle. Ces pièces sont rares. Celle-ci mérite certainement une description.
Au premier plan, de grandeur naturelle. onze dames en riches atours ; sans doute le tribunal qui jugera cette école de prouesses. Plusieurs d’entre elles tiennent entre leurs mains les insignes destinés à ceux qui vont combattre : l’une a un casque, l’autre une pièce d'armure, d’autres portent des écussons, des écharpes brodées de leurs mains, des lances où flottent des banderoles' avec des devises amoureuses.
Bientôt le bruit des fanfares retentira, les seigneurs arriveront. Ils recevront les couleurs de leurs belles. Ils entreront en lice. Plus d’un mordra la poussière ! Quel sera l'heureux vainqueur? Le cœur de chacune