‹ L'Hôtel Drouot en (volume 3)Chapitre 72 sur 85 · XXX VI · texte numérisé non relu

XXX VI

Aux arts incohérents. — Jules Lévy et sa nouvelle école. — Un faux nez à l'idéal. — Le cabaret du Chat-Noir. — Un Salon abra cadabrant, rue Antoine-Dubois. — Les envois des Exposants. — Plus fort que Gribouille ! — Les voyelles servant à rire. — Le vol à l'encadreur.— La sorcière Cailhava et le trésor de Saint-Denis. — L'alchimie moderne. — Les dix mille lettres du spirite Delaage. .

Paris, 5 octobre.

M. Jules Lévy est un jeune. — Son nom a souvent retenti dans le quartier latin. Diseur, acteur, conférencier, secrétaire de l'Oÿole, auteur dramatique à ses heures, mais plus souvent courtier en librairie aux heures des autres, il a toutes les audaces, et, il faut bien en convenir, cela lui réussit.

Mùû par une conviction sincère, stimulé par le besoin de faire de l'opposition ou talonné par un vif désir d'originalité, voulant travailler pour les autres ou pour lui, ne cherchons pas les motifs, ne creusons rien, peu importe ; il vient d’esbrouffer tout Paris.

Nous avions les classiques, — disparus depuis longtemps! les romantiques, — presque ignorés aujourd’hui! les naturalistes, — bien vieillis! les impressionnistes, — usés, archi-usés! les indépendants, — des ratés! les refusés, — des têtes à perruque. Vieille rengaine que tout cela. Il faut maintenant une antithèse violente. Place à la nouvelle école extensionniste, col-

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lectiviste, excursionniste ! Arrière le poncif! Foin de la ligne! A bas le dessin ! Mort à ia forme et à la couleur! Ii ne doit plus y avoir que l’idée! Salut à la muse du burlesque! Chapeau bas devant la nouvelle formule ! — Vive à tout jamais l’incohérence !

M. Jules Lévy s’est dit un beau matin tout cela, à son réveil, en sortant d'un affreux cauchemar, et il a conclu par cette pensée qui ne manque pas de profondeur : |

Il faut mettre un faux nez à l'idéal. — L’art sera incohérent,ou il ne sera pas.

Et sans plus tarder, il fonda tout de suite, à lui tout seul, dans son imagination, une société dont le besoin ne se faisait nullement sentir,

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