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ET ARTHUR DLOCHE, EXPERTS

12 mai et jours euivanls.

La tente des diamants de la couronne, qui restera l'éTénemenl le plus important do l'annôe, pour riiistoire de la curiosité, s'esl faite au pavillon de Flore, dans la salle des Êtau qu'on avait, pour la circonstance, décorée d*uno façon particulière. La voûte avait été tendue d'un vélum rayé de blanc et de bleu qui tamisait doucement la lumière. Les Joyaux étaient placés dans une vitrine eo forme de pavillon que surmonult un dais de velours rouge. Les experts et les employés des domaines cbargés d^assister à la vente se tenaient sur une double esirade tendue d*étoire d'où l'on descendait dans la salle par deux escaliers. Deux cont cinquante places numérotées avaient été réservées aux acquéreurs; derrièro eux, les curieux emplissaient l'ospaco resté libre. Une barrière séparait le public du bureau des experts. A leur gauche, quatre receveurs des domaines prenaient note des bijoux vendus et en percevaient le prix.

Près du burosu des exports, trois vitrines contenaient les Joyaux destinés à disque vacation. Le lot appelé présenté par un crleur circulait dans la salie, sur un plateau revêtu de velours bleu. Les personnsges officiels occupaient une galerie située à droite do la salle. Une plate-forme placée derrière les experts et autres employés aux vacations donnait place aux fonctionnaires venus pour assister à la vente. Des deux côtés du kiosque où se voyaient les bijoux, des places avaient été réservées aux représentants de la presse française et étrangère.

De superbes tapisseries du garde-meuble recouvraient les murs environnant la vitrine aux Joyaux. Vingt gardiens de la paix, trois gardes de Paris et un oCflcier de paix se tenaient en faction en cet

endroit. Totiips les précintions possibles avaient été prises. La nuit, la vitrine descendait sous terre et les gardes se couchaient sur la plate- formo rocouvrant l'entrée du dépôt précieux.

De toutes les pièces de Joaillerie appartenant à la couronne, les unes ont été tendues démontées, les autres intactes; mais les principales ont été conservées. Le Louvre a eu pour sa part le Ré* gent, répée militaire dont la valeur est d'environ 2 millions, le liazann rose, estimé 200,000 francs, la montre du dey d'Alger et It broche-reliquaire.

Le catalogue illustré de la vente a été tiré k l'Imprimerie nationale. H est douteux que, si fidèle qu'elle soit, la reproduction d*ttn diamant puisse donner l'idée de sa valeur; aussi certains critiques no se sont-ils pas abstenus de blâmer cette Idée de faire un catalogue illustré.

Lo fonctionnement administratif do la vente avait été ainsi composé : M. Tipliaigne, directeur général des domaines de France, et M. Chaumard, directeur des domaines de la Seine, formaient Tétatmsjor spécial à qui était dévolue la présidence de la vente. Ils avaient pour assesseurs M. Saugcr, inspecteur des domaines et M. Yvan, sous-inspecteur.

Un autre sons-inspecteur dos domaines, M. Thouroude, était chargé de la direction do la vente. Do plus les membres de Tadroinistration dos domaines avaient lo concours de MM. Emile Vanderlieym, expert près la cour d'appel, et Arthur Bloche, tous deux experts à l'Ilétel des ventes. Une commission de 0,?5 p. 100, soit 1/4 p. 100, était allouée aux experts et partagée entre eux. M. Blocho 1 abandonné sa part de commission, moitié k la caisse des musées, moitié à la maison de refuge des vieillards.

G*est M. Chaumard, directeur des domaines de la Seine, qui a ouvert la séance et a rappelé aux bijoutiers les conditions de It vente. Chaque adjudication devait être prononcée, sur l'avis de M» Escribe, commissaire prisour, par un fonctionnaire de Tadministration des domaines. Comme nous Tavons indiqué plus haut, M. Thouroude avait été chargé de cette mission. C*est lui, du reste, qui, depuis six ans, préside à toutes los ventes publiques faites pour lo compte de l'État. Auparavant, c'était M. SaugorquI était chargé de ce soin ; mais, après dix ans de ventes effectives, il a été promu inspecteur et a dû céder la place & M. Thouroude.

Au début de la première séance le président a rappelé aux bijoutiers et Joailliers que la vente devait être faite au comptant. Toutefois, les acquéreurs avaient la faculté do ne se libérer que dans les quarante-huit heures do l'adjudication prononcée à leur profit, en retirant les lots, mais dans ce cas Ils étaient tenus de verser au

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recoTOur des domtiDes, tu moment du prononcé de radJudietUon, un tcompto représenUnt tn moins on diiième da prix. Le lot vendu et non retiré doTtit être mis sous une enveloppe portant le nom de Tacquéreur et scellée de son cachet.

A défaut du payement dudit acompte, l'objet adjugé devait être ritvendu sur Toile enchère aux risques et périls de Tadjudicataire, qui était Torcé de supporter la différence, si le lot n'atteignait pu en second lieu le prix primitif. Si, an contraire, la seconde adjudication donnait un prix supérieur, la diCTérence restait acquise au Trésor.

En outre, faute par les acquérours de payer intégralement, dans 'les quarante-huit heures de l'adjudication, les sommes dues par eux, les objets impayés devaient être revendus purement et simplement aux risques et périls dos adjudicataires, sans aucune mise en demeure préalable.

Enfin, pour donner à l'égard d'une vente qui restera historique, Jusqu'au plus petit détail de physionomie, deux crieurs étaient employés à la vente : l'un, le sieur Soubille, crionr ordinaire de M« Escribe; l'autre, le sieur Peyre, crieur de l'administration des Domaines et de l'ilétel des Ventes.

PREHIÈRB VACATION. .

N* 1. Deux boules, épingle de coiffure. 324 brillants, 150 carats : 40,000 francs, h M. Alfred Doutrelon, de Mons-en-Breuil, près Lille.

N"" â. Deux grands nœuds d'épaule. 1,341 brillants, 283 carats, 5 seizièmes : 84,000 francs, h M. Alfred Dontrelon.

. N* 3. Aiguillettes et culot, style Marie-Antoinette; aiguilleltes : 75 brillants; 125 carats, 15 trentedeuxièmes ; culot : 59 brillants, 15 carats, 9 seizièmes : 25,100 francs, à M. Balling, un anglais.

Un acquéreur qui avait mis enchère sur ce lot refusait de l'accepter, le caulogue portant 22i brillants, au lieu de 7S. Cette erreur avait été rectifiée de vive voix et à plusieurs reprises par M. Thouroude. L'enchère ayant été couverte, toute difficulté a disparu.

N*^ 4. Trois roses de haie : 522 brillants, 129 carats, 11 seizièmes, 133 roses : 44,100 francs, par MM. Rouvcnat et Desprez, joailliers, rue dllauteville.

N® 5. Un nœud, deux glands : 2,438 brillants, I3G carats, 3 quarts; 190 roses : 32,000 francs, par M. Schlesingcr.

N^" 6. Un chaton monté d.'un brillant : 16,100 francs, par H. Alfred Doutrelon.

N* 7. Un croissant : 89 brillants; 40 carats, 13 selzièmes : 21,400 francs, par M. Schlesinger.

N* 8. Un pendant de coiffure : 477 brillants, 65 carats, 11 seizièmes; 100 roses : 17,000 francs, par M. Alfred Doutrelon.

N®9. Sept étoiles, 215brillants, 40 carats, 13seizième8; 25 roses : 32,000 francs, par MM. Léon Pré ville, Ancoc, Lévy, f rmacs et Rouvenat et Desprès, savoir 2 étoiles : 8,300 francs, à M. Prcvillc; 2 étoiles h M. Ancoc t 8,300 francs ; 1 étoile k M. Lévy Irniacs : 5,600 francs; et 2 étoiles : 10,600 francs, à MM. Rouvenat et Desprèt.

N* 10. Un collier composé de quatre rivières : 222 brillants, 363 carats : 183,000 francs, par H. Tiffany, de New-York.

Le produit de la première vacation s'est élevé à 505,000 francs.

DBUXiftMB VACATION.

N* 11. Une guirlande de feuilles de groseillier, de seize parties, broches et pendentifs : 2,314 brillants, 517 curits 3 seizièmes ; 353 roses.

Ce lot a été divisé en seize parties donnant lieu à huit adjudications.

1* M. Dapst et flU : 40,000 fr.;

2* M. Picard : &S,00p fr. ;

8« M. Ktrl Dachruch, Joaillier de S. M. roinporour d'Autricbe, roi do Hongrie, à Buda-PciUi i 21,000 fr.;

4« M. Emile Robert : 33,100 fr.;

S« MM. Garrard and G*, JoaiUiers do la couronne d'Angleterre : 36,800 fr.;

0* et 7« MM. TIffany et Ci*, de NewYork : 33,000 fr. el 16,100 fr.

8» M. Emile Robert : 34,500 fr.

Ce numéro a donc produit la somme de 241,600 fr.

' N<» 12. Fleurette : 58 brillants ; M. E. Yan Clea : 2,100 francs.

N® 13. Un lot de brillants sur papier; ce lot donne lieu à deux adjudications.

10 li brillanU, 81 carats par M^* Gliauvet, bijoutière : 18,600 fr. 9» 80 brillanU, 57 carats par M. Osiris : 18,300 fr.

N*^ 14. Un lot de brillants sur papier; deux adjudications.

!• 40 carat f par M. LôpéoEsmelin : 0.300 r. ;

3» 100 carats, MM. D. et J. Wobby, do Londres : 15,000 r.

Jt? 15, briolleUcs, 18 carats, 1 huitième; deux adjudications.

10 I briollotte, MM. Tiffany and Go:34,&00 fr, 30 5 briollettes, M. le baron de Uorn : 7,700 fr.;

N* 16. Petites roses, 40 carats, par M. Ancoc : 6.800 fr.

N® 17. Petits brillc^nts recoupés el non recoupés ;

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83 carats, 1 Irenle-denxiômc, par MM. Filart et Pelletier : 12,900 francs.

N^ 18. Une opale; spécimen entouré de brillants, par M. le baron de Horn : 23.000 francs.

N° 19. Un saphir et autres pierres de couleur, par «■• Asselin : 4,000 francs.

N* 20. Huit perles rondes, par M"« la princesse de Bourbon : 8,300 francs.

N*" 21. Un lot de brillants, par MM. Bapst et Gis : 20,300 francs.

N* 22. Un lot de brillants, par M. Peczenik. : 30,700 fr.

Le total de cette seconde vacation a été de 416,500 fr.

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