PAULA MONTI
M. (leMorville ne pouvait en croire ses yeux.
Ce n'était pas une illusion... il se trouvait en présence de madame de Hansfeld.
Il faudrait le talent d'un grand artiste pour rendre le caractère énergique , sévère de ce visage impérial, pâle et beau comme un masque de marbre antique ; pour peindre ce regard noir, profond, impénétrable, que les traditions du Nord prêtent aux mauvais esprits.
Qu'on excuse notre ambitieuse comparaison ; mais en évoquant la qualité poétique de Cléopùtre et de lady Macbeth , on se figurerait peut-
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être le mélange de séduction dominatrice et de grandeur sombre empreint sur la physionomie de la Vénitienne Paula Monli , princesse de Hansfeld.
Madame de Hansfeld avait arraché son masque.
Son capuchon abattu projetait une ombre vigoureuse sur son front , tandis que le reste de son visage était vivement éclairé ; ses yeux brillaient d'un nouvel éclat au milieu du clair-obscur où se trouvait la partie supérieure de la figure.
A Texception du rayonnement de ce regard scintillant comme une étoile dans les ténèbres , le reste de la physionomie de madame de Hansfeld était impassible.
La princesse dit à M. de Morville d'une voix mâle et grave :
4 Je confie sans crainte le secret de cette entrevue à votre honneur, monsieur...
— Je serai dio:ne de votre confiance, madame.
— Je le sais , j'ai eu besoin de cette certitude pour risquer une démarche... qu'à votre insu... vous avez provoquée...
— Moi , madame?
— Vos procédés seuls me forcent de venir ici , monsieur.
— Mi.dame , expliquez-vous , de grâce .