L EPINGLE
moiir idéal el romanesque qu il nvail pour vous; cela est triste; que vous importe... Pendant la longue vie qu'il vous reste à passer auprès du jirince que vous n'aimez pas, et qui ne vous aime |)lus... vous pourrez vous répéter glorieusement chaque jour : J'ai fait mon devoir.
— Oh ! maudite sois-tu ! démon vomi par l'enfer, s'écria madame de Hansfeld avec égarement ; laisse-moi... laisse-moi... pourquoi vienstu m'enfermer dans un cercle affreux dont je ne puis sortir sans causer la mort de deux infortunés ou sans me jeter dans l'abîme d'un désespoir sans fin.
— Vous assorabri.ssez bien les couleurs du tableau, marraine ; vous pouvez sortir du cercle afl'reux dont vous parlez... mais pour aller le Iront haut et lier a l'autel avec M. de Morville... I)our passer auprès de lui la vie la plus belle el la plus honorée.
— Oh! tais toi... tais-toi.
— El cela sans lui faire parjurer ses serments, et cela sans le rendre coupable envers sa mère , car elle bénirait ce mariage, que vous pouvez contracter avec joie... sans honte, sans crime, en restant paisible à attendre les événements... ne provoquant rien , ne faisant rien , ne sachant rien.
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— Tais- loi ! oh ! lais -toi !
— N'encourageant pas même par un mol hypocrile la vengeance féroce et intéressée de M. de Brév.nnes, en étant toujours avec lui froidement polie... Tout est prévu... Le livre noir parlera pour vous : le livre noir dira que , pour rendre plus tard votre mariage possible , il ne faut pas qu'on soupçonne M. de Brévannes de vous aimer et d'avoir calculé la vengeance qu'il tirait du prince et de Berlhe... Cela vous épargne encore une assiduité qui , remarquée dans le monde , aurait pu éveiller la jalousie de M. de Morville... Je vous dit que tout était prévu... soigneusement prévu , marraine.
— Mon Dieu!... mon Dieu, délivrez-moi de l'obsession de cette créature !...
— De sorte qu'après le tragique événement, reprit imperturbablement Iris, M. de Brévannes n'a aucun reproche à vous faire, et vous lui fernïez votre porte sans un mot d'explication. Brévaimes éclatera, que pourra-l-il faire ou dire? Le livre noir est entre mes mains, il ji'a pas une lettre de vous; d'ailleurs, pour se plaindre, il lui faudrait avouer l'infâme calcul qui lui a presque fait provoquer son déshonneur pour avoir le droit de tuer sa fennue et votre rnari... Mais il n'ose-
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rail, car il inspirerait autant de mépris que d'horreur; qu'en diles-vous? marraine.
— Laisse-moi... tetlis-je... va-t'en... va-l'en... lu m'épouvantes.
— Mon Dieu ! que fais-je autre chose que de vous exposer le bien et le mal... IMaintenanl vous êtes libre... choisissez...
— Monslre... tu sais bien la portée de tes paroles... et des criminelles espérances que tu évoques à ma pensée.
— Suis-je un monslre... pour vous dire de choisir entre le bien et le mal ? La vertu est donc une terrible chose à pratiquer, qu'elle coûte autant de larmes que le crime...
— Seigneur, ayez pitié de moi...
— Un dernier mot , marraine. J'ai pu mettre en jeu certaines passions, préparer certains événements... mais il ne dépend plus de moi de modérer leur marche ; car... ils semblent se précipiter... demain, peut-être, il serait trop tard... Si vous êtes décidée au bien... c'est-à-dire à prévenir votre mari du danger qu'il va courir, et M. de Brévannes de la mystification dont il est dupe... agissez, sans délai, aujourd'hui même, à l'instant... Une heure de relard peut tout perdre... c'est-àdire tout gagner dans rinlérêl de voire amour... »