‹ L'Hôtel royale des invalides, 1670-1789Chapitre 1 sur 48 · X AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

X AVERTISSEMENT

circonstances à connaître tous les détours de la maison, nous a^'Oîis eu naturellement l'idée d'en évoquer le passé. Aucun travail de ce genre n'a encore été fait, du moins d'une façon satisfaisante. Au dix-huitième siècle, les deux ouvrages de Granet et de Pérau (') sojit de simples descriptions assez sommaires de l'Hôtel, et se recommandent surtout par le nombre et l'excellence de leurs planches. Parmi les ouvrai^es modernes, celui de Solard. paru en iS4J, est sans valeur et il nv a pas lieu d'en faire état. Outre qu'il est encombré d'une continuelh^ phraséologie, les erreurs de chronologie y sont innombrables. L'auteur, quoiqu'il fat bie/i placé pour consulter les documents, n'a utilise que les deux volumes publiés en lySi et qui contiennent les principaux édits et règlements concernant F Hôtel. Le travail de Chaniberet est plus soigné, mais trop restreint. Le sujet restait donc à traiter d'une façon un peu approfondie.

Les documents pour un semblable travail se groupent en un très petit nombre de « familles » ; archives de V Hôtel même, recueils de règlements, quelques pièces éparses dans divers dépots ou bibliothèques, ouvrages descriptifs du temps: nous les énumérerons plus longuement ci-dessous. Mais toute une catégorie de sources nous fait presque complètement défaut : la tradition populaire et les sources littéraires. Il semble en effet qii'e, avant i/8g, la foule se soit peu préoccupée des invalides: la popularité des vieux soldats a été immense par la suite, l'invalide est devenu un des types les plus caractéristiques du peuple parisien, et l'on jtourrait faire un intéressant travail sur le rôle qu'il joue dans l'imagination populaire, au théâtre, dans les chansons, dans l'imagerie, en un mot. sur la (( légende » de l'invalide. Cette sympathie pour les « stropiats >< date du premier Empire. Les invalides sont restés longtemps comme les derniers témoins des guerres napoléoniennes : le transfert des cendres de VEmpereur sous le dame, le musée de reliques impériales qu'on a formé à l'Hôtel, ont jdit passer au second plan les grands souvenirs de la monarchie. Ce sentiment de sympathie envers les vétérans est donc de date récente. Nous n'en trouvons pas trace au dix-septième ou au dix-huitième

(i) Voir ci-dessoiis Bibliographie.

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