‹ L'Hôtel royale des invalides, 1670-1789Chapitre 30 sur 48 · A) LES OBLATS · texte numérisé non relu

A) LES OBLATS

Louis XIII avait fixé la pension des oblats à loo liv. par les déclarations de mars i624 et de mai 1630, par l'ordonnance de janvier 1629: il avait fait en même temps dresser un rôle des abbayes et communautés religieuses susceptibles de payer ces pensions. Cette somme, destinée à remplacer l'entretien réel d'un invalide par une abbaye ou un prieuré, fut estimée tout à fait insuffisante pour permettre à un soldat estropié de vivre ; celui-ci en était réduit à une existence misérable « à la honte et confusion de l'art militaire et au dégoût même de ceux qui auraient dessein d'embrasser cette carrière » .

Louis XIV, en conséquence, porta cette pension à i5o liv. par sa déclaration de janvier 1670 (^\ En même temps le Roi. inc^uiet des abus c^u'on lui signalait de toutes parts, du nombre des places de religieux lais occupées par des pensionnaires fort valides, qui souvent même n'avaient jamais servi, ordonnait à tous les titulaires de ces places de présenter clans un délai de six mois, au secrétaire d'Etat de la Guerre, les titres et certificats justifiant de leurs droits à la pension. La somme de i5o liv. ne devait, sous aucun prétexte, être remise directement aux mains des soldats, mais au sieur Penautier. receveur général du clergé, qui devait réunir tous les fonds "^^^^ Le mois suivant, le Roi. dans une nouvelle ordonnance '^3\ exposait son projet de faire bâtir l'Hôtel des Invalides, et d'y consacrer, entre autres fonds, ceux résultant des pensions d'oblats. Les sommes devaient être réparties en- deux : la moitié destinée à l'entretien de l'Hôtel, dont la mise en train était annoncée, l'autre moitié réservée pour les pensions aux troupes d'infanterie, pensions fixées à 200 liv. pour charnue capitaine, i5o liv. pour chacune officier subalterne et 5o liv. pour chaque

(1) Donnée à Saint- Germain -en -Laye, enregistrée le 27 février 1670. Recueil des Édits, etc., I, p. 1 et suiv.

(2) Arrêt du Conseil, 24 janvier 1G70. Ibid., I, p. 5.

(3) Arrêt du Conseil, 24 février 1670. Ibid., I, p. 7.

Page 1