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l’année précédente (1). Mais dans quelle mesure ces évaluations sont-elles exactes.et jusqu’à quel point, dans un travail sérieux, pourrait-on les retenir ? On a vu combien fragiles sont les données que nous possédons et nous nous excusons d’ailleurs de les présenter aux hommes d’étude et aux professionnels intéressés qui nous liront. Pourtant, la question revêt une grande importance, comme nous le verrons encore et il faudra bien qu’un jour ou l’autre, les services chargés de ce soin arrivent à nous renseigner d’une façon quelque peu plus précise. L'étude du phénomène touristique intéresse aujourd’hui non seulement les pouvoirs publics, mais encore des hommes d’affaires, des économistes qui ne peuvent utiliser des données imparfaites ou périmées. Dans plusieurs pays, comme nous le verrons, on l’a déjà compris.
ETUDE DE LA VALEUR ECONOMIQUE Du TOURISME
S'il apparaît déjà très difficile de dresser une statistique suffisamment précise des entrées des visiteurs étrangers sur le sol français, il est impossible, dans l’état actuel des choses, de dire ce que représente en valeur le mouvement touristique en France. Il faudrait, en effet, considérer, non seulement les dépenses effectuées par les voyageurs venus de l’étranger, mais encore celles des Français eux-mêmes qui se déplacent pour visiter leur propre pays. Depuis la vulgarisation de l’automobile, depuis l’allongement et la démocratisation des vacances, même le « Français moyen » a prodigieusement acquis le goût des déplacements touristiques. IIs sont la cause de dépenses multiples, impossibles à chiffrer, mais dont l’économie nationale profite largement. (1) Il sera possible, dans l’avenir de dresser le bilan des industries touristiques, en procédant, par exemple, par régions. ;
On peut considérer le tourisme sous trois aspects (2) :
1° Sa valeur foncière.
2° Sa valeur commerciale.
3° Sa valeur morale.
(1)Voir dans la Revue Politique et Parlementaire du 10 avril 1928 : « La Place du tourisme dans l’économie Nationale » par M. F. Sauvaire- Jourdan, professeur à la Faculté de Droit d’Aix-Marseille. fc) Extrait du rapport présenté au Conseil Supérieur du Tourisme, session 1930, par le docteur Cany.
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1° Valeur foncière
Prenant pour exemple la station thermale de La Bourboule, un auteur estime que sa valeur foncière a progressé en 50 ans, de 2 à 50 millions-or, ou 250 millions de francspapier. Or, cette station représente le tiers des cinq stations thermales du Puy-de-Dôme (La Bourboule, Châtel- Guyon, Le Mont-Dore, Royat, St-Nectaire) soit, pour ces cinq stations, une valeur foncière de 750 millions. Et, généralisant, l’auteur estime que les 50 stations thermales françaises représentaient en 1875, 200 millions-or et en 1925, 1 milliard-or ou 7 milliards 1/2 de francs-papier.
En se basant sur le rendement de la taxe de séjour, considéré comme l'indice unitaire de la valeur de chaque station, et partant toujours de la valeur foncière de La Bourboule, le tableau suivant a été établi :
Estimation de la valeur foncière du thermalisme, du climatisme et du tourisme français, exprimé en millions de francs, valeur 1926 (1).
Valeur fonciè- É Estimation Estimation re de l’usine Valeur foncière de l’usine thermale auvergnate foncière du foncière du thermale eli-
(La Bourboule, Châtel-Guyon, thermalisme elimatismeet matiqueet Le Mont-Dore, Royat, Saint-Nectaire) français dutourisme touristique français française Etablissements et sources .. 40 220 220 Hôtels ons sis RME LCRR AE TS 450 2.600 5.200 7.800 CaSiNOSMS ETS NATALIE 25 150 300 450 Immeubles privés (agglomérations tnermales) ...... 150 1.000 2.000 3.000 Communaux non bâtis .... 15 100 200 300 Divers, d'utilité publique sta- TONER SR CRE SN 70 500 1.000 1.500
(1) Ce travail a été effectué sur la base de l’année 1926, année de grande intensité touristique. Il est probable que les résultats pour les années de crise actuelle seraient sensiblement inférieurs. M. Michel, dans le journal Société de Statistiques (mai 1930, p.133), évalue le total de la propriété immobilière en France en 1929, à 560 milliards. De son côté, le Dr Cany, estime qu’en 1929, l’usine thermale française seule, représentait une valeur foncière de près de 10 milliards.
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2° Valeur commerciale :
En 1926, les 5 stations thermales d'Auvergne ont reçu 82.000 visiteurs et 29.700 curistes. On évalue une moyenne de recettes par curiste de 2.500 francs et par visiteur de 2.000 francs. Soit, au total, pour les 5 stations environ :
180 millions.
plus un quart pour achats de souvenirs, excursions, dépenses diverses, etc. (sauf le jeu) : 40 millions
Total : 220 millions
Partant de ces chiffres, l’auteur détermine ensuite la valeur commerciale de l’ensemble des stations françaises, en leur appliquant l’indice qu’elles représentent dans le rendement de la taxe de séjour total, par rapport à celui des cinq stations qu’il a étudiées particulièrement et il nous donne le tableau suivant
Estimation en valeur commerciale
du thermalisme, du climatisme et du tourisme français
Valeur 1926
Valeur commer-
Valeur Valeur commer- ciale des 90 sta-
commerciale ciale des 44 sta- tionsclimatiques des 5 stations tions thermales et touristiques
auvergnates 1926 françaises françaises Nombre de visiteurs total. 82.000 500.000 1.000.000 dont 29.700 curistes.
Recette annuelle ........ 180.000.000 1.100.000.000 2.200.000.000
z en sus pour achats, souvenirs, excursions, produits de jeux en sus (1) 40.000.000 \250.000.000 500.000.000
220 millions 1 milliards 4 3 milliards
(1) Produits des Jeux dans les stations :
1921%rôcettes DIRES NE M sine ie AE le bee Melanie 204.771.425 » LOEB ÉrécetLesT DES MIE APR ERL EUR, 252.000.000 »s 1926 recettes MDEUTES EE RER TR CREME 380.000.000 >»
Rapport de l’O. N. T., J. O. 17-12-1927.
io AE 8° Sa valeur morale :
Une pareille industrie, un commerce de cette importance, qui occupe et fait vivre plus de 500.000 individus, qui figure pour plus de 500 millions de francs dans les recettes de transports, qui apporte enfin dans les caisses de l’Etat, sous forme d'impôts directs ou indirects, de droits, de taxes de toute nature, plus de un milliard par an, sans compter le produit des jeux et différents autres postes non prévus dans ce total (1), cette industrie ne mérite-t-elle pas de la part de tous une sollicitude particulière ? (2)
Quelle que soit la précision recherchée par l’auteur de cette étude, on ne peut prendre les chiffres présentés comme définitifs, puisque, nous l’avons vu, il a été procédé par comparaison avec l’estimation faite dans une station : La Bourboule; en outre, n’entrent pas en ligne de compte les renseignements, parce que non recueillis, relatifs à Paris, le grand centre touristique de France, où n'existe pas une taxe de séjour telle que celle des autres stations. On doit, cependant, savoir gré au seul auteur qui se soit préoccupé en France de l’établissement d’une statistique sur le tourisme. Il suffirait que, dans toutes les grandes régions touristiques françaises, le même effort soit accompli, pour que, peu à peu, un travail d'ensemble puisse être mis sur pied, ayant une certaine valeur.
Il convient de dire que l’on a essayé de rechercher le volume des capitaux importés par les seuls touristes étrangers dans notre pays. M. Raïberti, sénateur des Alpes-Maritimes,
(1) Sur le produit des jeux dans les stations, a été perçu : en 1924 : 67.827.889 frs au profit des œuvres de bienfaisance ; 23.388.526 frs pour l'Etat au titre de l’imnpôt de 12% ; en 1925 : 86.000.000 frs au profit des œuvres de bienfaisance ; 30.250.000 frs pour l'Etat ; en 1926 : 134.796.000 frs pour les œuvres de bienfaisance et 45.010.000 au profit de l'Etat ; en 1926, la délivrance des cartes d'identité pour les étrangers a produit 33.722.000 frs.
Le rendement de la taxe sur les eaux minérales a été : en 1923 de 18.716.000 frs ; en 1924, 24.254.000 frs ; en 1925, 28.300.000 frs 1926, de 38.244.000 frs. J. O., 17-12-1927.
(2) Lire le rapport présenté au Conseil National économique (session de juillet 1927) par M. L. Auscher, Vice-Président du T. C, F. sur « L’importance économique du tourisme ». Imprimerie Nationale 1928. Entre autres, p. 6 : « la beauté de la France est inexportable; elle a de ,plus l’avantage d’être éternelle....».
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au cours la séance du Sénat du 18 mars 1926, a déclaré que les estimations les plus sûres (?) donnent 10 milliards par an, soit le quart du chiffre de notre commerce extérieur. Déjà, en 1924, Sir Robert Horne, ex-chancelier de l'Echiquier, prenant la parole au cours d’un banquet de l’Association France-Grande-Bretagne, annonçait qu’il avait cherché à évaluer les sommes d’argent apportées en France par les touristes venant des Etats-Unis et d'Angleterre pendant les trois mois d’été, sans tenir compte de la saison d’hiver sur la Côte-d’Azur. Il aboutissait à la dépense approximative de 1 million de livres sterling par jour, soit en 100 jours, de 100 millions de livres sterling ou 9 milliards 400 millions de francs au cours de 1924. Depuis quelque temps, on s’efforce de déterminer avec plus de précision le volume des capitaux qui, comme les dépenses des touristes étrangers, échappent à tout contrôle douanier (1). Mais en ce qui concerne les sommes importées de ce fait dans notre pays, les estimations données sont très différentes les unes des autres car elles reposent toutes sur des bases incertaines, le dénombrement des visiteurs étrangers en France n'ayant pu être fait exactement, ni la durée de leur séjour: chez nous déterminée.
Récemment, l'Office National du tourisme, estimant que. 2.050.000 touristes ont visité notre pays au cours de l’année 1930, a évalué à 13 milliards de francs environ, à raison de 6.000 francs en moyenne par touriste, l’apport du tourisme de source étrangère pendant cette année, ce qui constituerait un résultat très appréciable.
Il n’entre pas dans nos vues de contrôler ce calcul assez. simpliste, mais il appartiendrait à ce service de le refaire sur des bases plus scientifiques.
En attendant que nous possédions des statistiques indiscutables, devrons-nous considérer l’apport des capitaux étrangers par les touristes comme un gain net pour notre
(1) Voir à ce sujet le très bel ouvrage : « Gréances et dettes internationales, par M. Meynial, Dalloz, 1928, et l’article du même auteur dans la Revue d’économie politique (février 1925). I donne, pour 1926, le chiffre de 4 milliards, au .cours ‘du change ‘de cette époque, comme valeur nette des sommes .que le tourisme étranger avait laissé sur notre sol. Cette évaluation a été estimée par l’O..N. T. comme inférieure.à ,la réalité, mais ce dernier ‘est très mal ;placé pour critiquer l'effort de notre condisciple.