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balance des comptes et comme un facteur favorable pour notre économie ? <

Un éminent professeur a entrepris de démontrer, dans une bien sommaire étude (1), qu’on attribue une importance exagérée au rôle économique du tourisme. En effet, nous dit-il, notre créance sur l’étranger, à ce titre, est en partie annulée par différentes dettes de même nature et contrebalancée par des considérations non négligeables. Ainsi, il

y aurait lieu de tenir compte :

1° Des dépenses des voyageurs français à l’étranger ; (2)

2° Des envois d’argent que font les travailleurs étrangers sur notre sol à leur famille restée au pays natal (3). À ces envois, il faut ajouter les sommes qui sortiront de France lorsqu'ils retourneront vivre chez eux, grâce aux économies amassées.

83° Du facteur défavorable qu’est la hausse des prix, par suite de la concurrence faite par les touristes étrangers à nos propres consommateurs sur le marché national des produits.

4° Du fait que les dépenses effectuées par les visiteurs étrangers ne représentent qu’une valeur brute, de laquelle il faut déduire le prix de revient (intérêt et amortissement des capitaux investis dans les hôtels, casinos, chemins de fer, autocars, etc). En outre, le matériel ou les denrées à l’usage des étrangers ne sont pas tous issus de la production nationale; ils donnent lieu, dans bien des cas, à importation.

Il nous semble que les critiques que nous venons de résumer ne sont pas sérieusement fondées et nous ne pouvons les approuver. (4)

Nous plaçant d'emblée à un point de vue plus général, nous envisageons le tourisme, non seulement comme une

(1) M. Ch. Gide, Professeur au Collège de France a publié deux articles sur l’importance économique du tourisme que la France Hôtelière a reproduit dans ses N°° des 18 et 25 août 1928.

(2) Evaluées à 500 millions pour l’année 1923. Ce chiffre est considéré comme trop bas par M. Gide.

(3)Le tableau statistique remis par le gouvernement français à la Société des Nations indique le chiffre de 1.170 millions, que M. Ch. Gide estime également inférieur à la réalité.

(4) La Chambre Nationale de l’Hôtellerie dans La France Hôtelière, N° du 1er septembre 1928 a réfuté très consciencieusement, sous la signature E. V. T., les arguments de M. Ch. Gide en ce qui concerne l’hôtellerie. Nous empruntons quelques arguments à cet article.

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industrie se bornant à la réception d’étrangers, mais encore comme devant pourvoir aux besoins des voyageurs nationaux. Il est incontestable que le tourisme, dans son ensemble, a pour effet de vivifier notre commerce et nos industries d’une façon intense. Les sommes dépensées sur tout le territoire, à l’occasion des voyages, accompliront leur circuit bienfaisant dans l’économie du pays, qui en retirera le plus grand profit. (1)

Un pays n’a jamais pu se suffire à lui-même et il a dû, toujours, s’adresser à d’autres nations pour obtenir ce que son sol ou son industrie ne produisent pas. Ceci est vrai du tourisme, mais, pour qui est sorti de France, la constatation peut être faite, que notre pays à ce point de vue, fait appel à l’extérieur moins que tout autre. On sait, en effet, que la majeure partie de nos « touristes », sont des industriels, des commerçants, des agents, qui vont au delà des. frontières à la recherche de débouchés. Leurs dépenses à l’étranger, dont l’estimation est, d’ailleurs, incertaine — et d'autant moins élevées qu'ils ne voyagent pas pour leur seul plaisir — sont, en définitive, créatrices de rentrées ultérieures de capitaux.

Quant aux envois d’argent des travailleurs étrangers, il n’est pas douteux qu'ils existent et même, pour certaines. catégories (ouvriers italiens) sont très importants. Mais ces ouvriers ont vécu sur notre sol et y ont effectué des. dépenses pour leur subsistance, leur entretien et même leurs plaisirs. Par ailleurs, ils ont contribué à l’accroissement d’une production qui, par carence ou insuffisance de maind'œuvre, eut été déficitaire. Il serait, par conséquent, rigoureusement logique de diminuer, du montant des capitaux sortis, l’accroissement de productivité qui est résulté de leur présence sur le territoire français.

Aussi bien, nous pensons que le savant économiste a mêlé des questions d’ordre très différent en opposant les bénéfices du tourisme aux sommes dépensées par les voyageurs français à l’étranger et à celles exportées par les travailleurs qui vivent momentanément chez nous. Même si les rentrées dûes au tourisme étaient inexistantes, les sorties

(1) Voir le rapport déjà cité de M. Auscher « L'importance économiqué du tourisme ». Imprimerie Nationale, 1928. Voir aussi l’intéressant numéro de l’Animateur des Temps nouveaux du 15 mai 1931, dédié à la « Gloire du tourisme Français ».

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de capitaux auxquelles il est fait allusion se produiraient néanmoins. Le tourisme doit donc faire l’objet d’une étude spéciale, de façon à bien discerner les sources de profits qu'il engendre.

On nous dit aussi que le consommateur français souffre par privation des objets achetés par ses hôtes et que la concurrence qui tend à s’établir ainsi fait hausser les prix. Qu'il y ait eu, à ce point de vue, des exagérations, dont certains journalistes, en mal de copie, ont tiré parti, que la loi de l'offre et de la demande ait entraîné des augmentations, auxquelles personne n'échappe, lorsqu'il y a déséquilibre, pourquoi le nier ? Il y a des hausses inéluctables, qu'on peut appeler normales; elles se produisent même avec une certaine fréquence. Les autres, inopportunes, sont exceptionnelles, localisées, individualisées et l'éducation commerciale tend, de plus en plus, en montrant leurs conséquences mauvaises, à les faire disparaître. D'ailleurs, si l’on prenait les arguments de M. Gide à la lettre, autant dire que si nos maraîchers bretons ne pouvaient pas vendre leurs primeurs en Angleterre, nous pourrions, nous, les consommer à bon compte ! Il suffit de réfléchir qu’une interdiction d’exporter ruinerait les maraîchers bretons et ne garnirait pas nos marchés. Il en est de même pour le tourisme en France. Ce que le touriste étranger consomme a été produit et acheté à son intention. Supprimons, en théorie, l’afflux des étrangers chez nous, nous diminuerons en même temps l’activité et le chiffre d’affaires des multiples industries et commerces qui, directement et indirectement, profitent du tourisme. Le consommateur français n’y aura rien gagné, mais, en revanche, il y aura sûrement perdu, par suite du ralentissement de l’activité générale. On ne peut donc prétendre que la hausse légère des prix, consécutive à l’arrivée des touristes, soit un facteur qui vaille la peine d’être retenu, quand par ailleurs l’intérêt général du pays est largement favorisé.

Remarquons enfin, que les étrangers qui voyagent, possèdent une grosse puissance d’achat, en général. Ils achètent des produits finis, provenant principalement de nos industries de luxe renommées dans le monde entier, qui ne trouveraient pas d'écoulement suffisant parmi la clientèle française. ‘Sa

Quant au quatrième point envisagé : nul n’a jamais prétendu que les dépenses des étrangers étaient un bénéfice net ! Nous savons bien que les services rendus comportent

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