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CONCLUSION

Arrivé au terme de notre travail, nous en voyons maintenant, mieux que jamais, les insuffisances. Que ce soit dans le domaine touristique que nous avons traité au début ou dans le domaine de l’hôtellerie, nous avons été maintes fois arrêté par l’absence de sources sérieuses de documentation. Nous avons dû procéder par tàtonnements, selon des méthodes souvent plus empiriques que nous l’aurions aimé. Mais nous croyons avoir, avec tout l’enthousiasme pour notre travail, qui nous a soutenu malgré tout jusqu’au bout, montré que le tourisme est une industrie, source de richesses incalculables, mais encore trop mal connue, dans son essence même et dans son mécanisme complexe, pour en tirer un rendement suffisant, au double point de vue des forces morales et des forces matérielles qu’elle recèle. Ce sera l’œuvre de ceux qui viendront après nous d’exalter le dynanisme de ces énergies encore insoupçonnées. Mais ce qui fut, pour nous la tâche la plus ingrate, — encore que nous ayions été amené à l’étendre au delà du plan que nous nous étions tracé au début — est contenu dans les chapitres consacrés à l’hôtellerie. Cette industrie que l’on a qualifiée de « la plus belle des industries >» reste encore pour nous, qui avons atteint l’âge mûr, l’une des plus intéressantes qu'il soit. Au cours d’une carrière professionnelle déjà longue, nous n’avons jamais perdu la foi en la destinée morale et matérielle de cette industrie mère, si l’on peut dire, puisque de sa prospérité ou de son marasme dépend, en définitive, le sort d’une foule d’industries connexes.

Et nous conservons, malgré les allusions ironiques ou

malveillantes, les critiques, dont nous avons, il nous semble, fait justice, un certain orgueil de notre profession. D’ail-

leurs « tant vaut l’ouvrier, tant vaut l’outil » et nous ne pourrons jamais admettre, qu’à l’heure où l’on choisit une carrière, on adopte la nôtre comme un pis-aller, simplement parce que l’on doit gagner sa vie. L'’hôtellerie réclame des dispositions certaines, elle exige aussi de sérieux sacrifices de temps. Pour admettre volontairement l’abandon des loisirs que permettent, mieux que la nôtre, d’autres industries, pour se priver souvent des joies les plus pures, qui sont celles de la famille, il faut être soutenu par un grand amour de sa profession.

Cette pensée sera, d’ailleurs, la conclusion que nous tirerons des nombreux chapitres devant lesquels le lecteur aura l’occasion de se lasser. Souhaitons que seuls les hommes de bonne foi et de bonne volonté, connaissant bien la question, se consacrent à l’étude des problèmes que posent chez nous le tourisme et l'hôtellerie.

Tout au long de notre exposé, nous avons regretté les incompréhensions qui naissent entre nos milieux et ceux qui sont appelés à réglementer l’industrie hôtelière en l’intégrant parmi les autres forces économiques nationales. Le tourisme n’est vu, généralement, que sous son angle politique d’abord, économique ensuite, alors que la logique voudait que ce soit l’inverse. L’hôtellerie ne représente, pour beaucoup, sciemment ou non, qu’un luxe répréhensible ou bien qu’une industrie mineure ne méritant qu’une considération très relative. Pourquoi ?

Responsable pleinement du jugement que nous émettons ici, dans un travail qui est notre œuvre bien personnelle, nous n’hésiterons pas à répondre.

Le législateur et les administrations publiques ont trop souvent méconnu le caractère de complexité de l’industrie hôtelière. L'exploitation d’un hôtel, même dans les moments de crise, absorbe le personnel qu’il emploie et le tient, pour ainsi dire, en haleïne de jour et de nuit. Le client est toujours présent et la satisfaction de ses désirs ne souffre, le plus souvent aucun délai. Comment dès lors, supporter la lenteur et le formalisme excessif des procédés administratifs? Est-il besoin d’ajouter que, trop souvent, on a admis comme un axiome que l’exploitation d’un hôtel était d’une facilité extrême et en toutes circonstances, largement rémunératrice. Nous avons montré qu’il n’en est pas toujours ainsi. Les évènements actuels en sont la preuve péremptoire.

Mais aussi, il faut bien le dire, certains hôteliers ont été

les auteurs du mal qui les atteint tous. Indifférents aux efforts de leurs syndicats, enclins à fournir des arguments moraux, plutôt que des chiffres et des faits, ils sont restés impuissants devant les actes d’administrations qui sous la poussée de revendications, parfois légitimes, abusaient de leur faiblesse et de leur isolement,

La force est dans la cohésion. Il est à souhaiter que, dans l’avenir, tous les hôteliers groupés étroitement autour de leurs mandataires et écartant de leur milieu ceux qui en compromettent le renom, tassent front aux attaques et aux vexations, d’où qu’elles viennent. Par la conquête d’un statut juridique, fiscal et social, issu d’une organisation à créer ou à compléter, ils marqueront définitivement la place qu’ils devraient occuper dans la nation économique : une des premières.

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