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INTRODUCTION

Appelé à participer aux travaux du Congrès de l'Alliance Internationale de l’Hôtellerie, tenu à New-York en 1923, nous avons été frappé par l’importance du rôle que jouent et pourraient jouer le tourisme et l'hôtellerie dans la vie moderne. Or, par suite de causes que nous examinerons plus loin, nous assistons, depuis quelques années, à un prodigieux développement du tourisme qui, moyen de rapprockhement entre les peuples et facteur très appréciable de richesse nationale mérite, à ces titres, d’être libéralement soutenu et encouragé. Il est certain que l’idée qu’on se faisait naguère des relations internationales a fait son temps. Hommes d'Etat, sociologues, économistes ont dû élargir leurs conceptions à la mesure du monde nouveau et orienter leurs efforts vers la suppression d'obstacles de tous genres, élevés encore entres les nations, à une époque où celles-ci sont destinées à s’interpénétrer davantage.

Devant l'essor pris par le tourisme, l'hôtellerie a eu brusquement à faire face aux exigences d'hôtes à la fois plus nombreux et plus avides de confort. Mais cette industrie complexe est, elle aussi, soumise à des lois économiques impérieuses et son adaptation exige de grands sacrifices financiers et matériels. Ces sacrifices, la clientèle paraît souvent les ignorer et, ne voyant pas se réaliser aussi vite et à aussi bon compte qu’elle eût désiré l’évolution rêvée, elle ne ménage pas ses critiques à l’égard d’une industrie dont l'exploitation est délicate, le rendement aléatoire et les charges d'autant plus lourdes qu’elle est de celles que le fisc, partout aveugle et tracassier, atteint le plus aisément.

C’est en suivant les travaux de l'Alliance et ceux de la Chambre Nationale de l'Hôtellerie Française, en écoutant les doléances formulées dans nos milieux, en enregistrant, parfois avec peine, les injustes appréciations d’une presse mal

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informée et d’un public ou jugement hâtif et superficiel, que nous est venue l’idée d’entreprendre l’étude que nous présentons aujourd’hui.

Nous ne nous dissimulons pas que ce travail, basé sur une documentation strictement personnelle, exécuté au cours d'heures normalement consacrées au repos, pourra présenter un certain nombre de défectuosités et de lacunes. Pour qu’il fût complet, il aurait dà être l'œuvre de tout un groupement. Aussi nous n'avons guère d'autre prétention que de soumettre une esquisse des études nombreuses auxquelles l'hôtellerie a droit par son importance. Si parfois on peut y constater une certaine âpreté, on voudra bien admettre que la thèse du voyageur, présentée si souvent sans mesure, appelait un plaidoyer vigoureux en faveur de l’hôtellerie, sorti de la plume d’un hôtelier.

Aussi bien, nous avons l’espoir que notre exposé, quelque limité qu’il soit, aura le résultat de provoquer une appréciation plus bienveillante de la profession d’hôtelier pour laquelle existe encore trop souvent une sorte de dédain ou même de mépris.

C’est l'unique récompense que nous attendons d'un travail entrepris à la fois pour servir notre pays, qui pourrait posséder dans l'hôtellerie un sérieux élément de prospérité, et pour défendre la cause d’une profession dans laquelle nous sommes né, pour ainsi dire, et que nous aimons passionnément.

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