‹ L'humanité divine, poèmesChapitre 10 sur 124 · L'EXISTENCE ANTÉRIEURE · texte numérisé non relu

L'EXISTENCE ANTÉRIEURE

A Villiers de l'Isle Adam.

Je viens d'un pays blanc habité par des Reines ; Le jour n'a pas de nuit; c'est Téternel été. Jamais un vêtement n'amortit la beauté; Et toutes ont £^ardé leurs srâces souveraines.

Nul défaut ne révèle une fragilité Dans ces corps immortels aux souplesses sereines, Et leurs chants sont plus doux que les chants des sirènes, Et le Remords ne llétrit point leur volupté !

Là j'ai vécu longtemps, sans rancœurs, sans querell Mais le Destin voulut que mon bonheur finît; Et je traîne ici-bas le fardeau d'un banni,

Car, pour chasser Tintrus des fêtes éternelles, Se rua dans le char des soleils radieux Une avalanche énorme et jalouse de dieux,

Et je tombai du Ciel, m'étant rompu les ailes!

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