‹ L'humanité divine, poèmesChapitre 112 sur 124 · LE FLIRT SUR LA TAMISE · texte numérisé non relu

LE FLIRT SUR LA TAMISE

A M. Paul Bourgei.

La Tamise, et son calme ilôt, et les cieux pâles, Et le soleil qui nous étreint de sa clarté, Et notre esquif où s'alanguit votre beauté, Et le bond régulier de nos rames égales,

Tout nous convie à ces repos sans lendemain, Semblables à ces Heurs que votre fleuve entraîne; La cité s'est enfuie avec son âpre peine , J'ai comme bouclier Tombrelle en votre main.

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Ce Londres qui trépide, et dont l'ellort se lutte, Londres, ses souterrains, ses ponts, son chant de fer, Et sa poussière, et sa fumée, et son enfer Ont disparu dans l'atmosphère déhcate.

Vos doigts, tout dévêtus de bagues par bonté, — Tandis que notre barque amarrée est flottante Près de l'ile où Tessaim des corbeaux tourne et chante, Nous partagent les fruits, les gâteaux et le thé.

Le chêne et le sapin profonds, près des nuages, Les maisons aux rideaux de feuilles et de fleurs. Le silence, et vos blonds cheveux, et les odeurs De la brise et des frais jardins et des rivages

Composent une paix subtile, une hqueur Aérienne, dont l'arôme nous pénètre.

Le destin nous bénit; je sens l'espoir renaître. Une fée échafaude un palais dans mon cœur.

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Je vis dans ce palais les minutes parfaites ; Tout est harmonieux ; un rythme est dans les airs, Il passe dans mon sang, il coule dans mes nerfs, Avant-goût passager des éternelles fêtes.

Les cloches ont vibré dans le lointain tremblant, C'est l'adieu du soleil qu'inaugure leur âme, L'univers tout entier est doux comme une femme, L'univers m'a souri sous votre chapeau blanc.

Vous avez incarné la minute divine, C'est vous qui devenez le centre du soir clair ; Les lilas du couchant se balancent dans l'air Comme un bouquet qui veut orner votre poitrine !

Mais déjà nous rentrons ; une brume sur l'eau S'enroule comme un vêtement de jeune ondine ; Dans chaque house-boat l'on devise et l'on dîne, Et c'est déjà le home et son calme tableau.

VOYAGi:S -{01

Le bateau tVémissant fuit l'écluse dcclose, L'église de Henley se dresse vers le ciel ; Le soleil s'est llétri comme une énorme rose ; Et derrière la vitre un astre artificiel

Se lève ; c'est la lampe et sa clarté peureuse. Vous quittez les coussins, que votre taille creuse ; Et vous marchez déjà sur la rive, sans bruit, Ainsi qu'une effigie exquise de la nuit...

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