COMPLAINTE DU PAUVRE POÈTE TROP CHARNEL
A M. Fernand Ilauser.
Chair de gala, chair de misère,
Chair éphémère, Hélas sur toi ! pour toi merci...
Car je t'aime ainsi.
Moi qui choisis, cœur trop étrange, Le sacrifice et les sanglots; Dans le silencieux enclos Moi qui cueille le vœu d'un ange,
r. IMPAin'AITE IDYLr.E
Quand je vois la fille qui passe Avec sa robe déchirée, Un coin de la chair adorée Suffit pour que le ciel s'efface..
Alors, les cantiques mystiques S'éteignent dans ma gorge ardente ; Il se fait nuit, il se fait tard.
Et près d'une banale amante J'alanguis mes nerfs héroïques En fredonnant les vers amoureux de Ronsard.
0 chair d'anathème, 0 chair de gala, ]N'es-tu pas la même Ici comme là?
7(1 L IIUMANITb; DIVINE
La belle, la laide, Chacune me tente, La laide m'obsède, La belle me hante.
Volupté qui ploie.
Cette chair parfaite, Ainsi qu'une fête.
Scintille et flamboie.
Mais je m'apitoie Loin des persifleurs Pour les corps sans joie Lésâmes en pleurs...
Ah ! l'infortunée !
Ah ! l'abandonnée !
Celle-là traînée
Par la main méchante,
Comme elle m'enchante !
L IMPARTAITE IDYLLE
A celle que j'aide Pour subir l'affront Et le triste soir, J'otfre le remède Dont les sots riront,
Et j'étreins la laide Pour son désespoir !
Chair de gala, chair de misère,
Chair éphémère, Hélas sur toi ! Pour toi merci...
Car je t'aime ainsi.