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COMPLAINTE DU PAUVRE SOLDAT SUR LES ROUTES

A M. Maurice Boiikay.

Tout le long, le long des si longues roules, Toi qui sous tous lescieux, peines et te débats,

Pauvre soldat, tu les écoutes.

Les voix du Souvenir qui te parlent tout bas.

Lorsqu'avec le soleil planaient sur la colonne

Les naïves cbansons d'un amour partagé,

« Elle » , c'était bientoi ; « l'Amour » , l'amour quej'ai.

Le choc de nos fusils cadençait Tair qui tonne.

Nous avancions au pas sous le cbant monotone...

«Elle», c'était bien Toi; « l'Amour », l'Amour que j'ai!

L HUMANITK DIVINE

Hélas! le poids du sac et la peur des déroutes! . j Nous allons le regard trouble, le dos courbé... Afin de m'alléger dos fatigues, des doutes, Qu'ils pleuvent, tes baisers d'autrefois, sur les routes ! Mais on entend parfois le bruit d^m corps tombé..

Ta chair, dans les décors sublimes de l'aurore, Ta chair rose et meurtrie, hélas ! ta chair d'azur M'est apparue avec Téclat d'un météore.

La neige des sommets mentait ton flanc impur. Que ne puis-je abreuver la soif qui me dévore

A ta chair liquide d'aurore

A ta chair fluide d'azur !

Tu te glisses aux crépuscules, 0 fantôme de désespoir :

Quelles angoisses ridicules M'étreignent aux bruits minuscules ?

Serais-tu, dans les crépuscules, L'Ennemi glissant à pas noirs ?

A TRAVEUS L AMOLli 8!)

Dans le camp nocturne Prêt pour les combats , Je voyais tes yeux Qui ne voyaient pas, Tes yeux taciturnes Dans nos feux joyeux, Dans nos feux nocturnes.

Et je te révais, vague ainsi que la Patrie, L'étape qui s'approche au doux déclin du jour. L'ombrage où Ion s'étend, et cette hôtellerie Où luit enfin lespoir d'un Gîte et de l'Amour...

Hélas ! l'atteindrons-nous jamais, notre Patrie?

Tout le long, le long des si longues routes Toi qui sous tous les ciels pantèles et combats.

Pauvre soldat, tu les écoutes, Les voix du souvenir qui te parlent tout bas.

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