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LA MORT DU CYGNE

An Baron Roberlo Ricciardi.

Sur le miroir du lac, le cygne glisse, Pur fantôme d'amour et de blandice.

Avec le lys d'entre les Bien-Aimées Celle qui fut la royale innocence.

Devant le cygne et près du lac, je pense A ses vertus de grâce parfumées...

« Oh ! dis-je, de ton sein la douce ligne, « Ton bras presque nu, l'astre de tes yeux « Qui prie, et, comme se courbe le cygne, « Cette souplesse de tes flancs pieux 1 »

A THAVERS L AMOIH 93

11 vient de plongorle cygne candide,

Puis il émerge, puis, contre la berge.

Dort la tête sous l'aile... « Oli ! ton corps vierge,

S'il se révélait, total et splendide ? »

11 reste immobile Toiseau-poète;

Le ciel et la nature tout se tait ;

Est-ce une victoire de chasteté ?

« Oh ! sois ce cygne et que le temps s'arrête ! »

Mais le destin ironique nous raille.

Au ciel la foudre a grondé tout à coup ;

Elle a brisé les ailes et le cou

Du beau chanteur qui moribond tressaille.

Et tout notre rêve s'est écroulé...

La chair et le sang auront la victoire ; Je me penche à sa lèvre pour y boire L'élixir dont l'homme est ensorcelé.

« Vois, suppliai-je, vois entre les branches, « Pareil à mon désir, l'éclair insigne ! « Ta robe s'entr'oiivre... Voici tes hanches.. « Pleure ta pudeur, il est mort le Cygne... »

Alors dans mes bras, elle a sangloté D'un bonheur qui fait nouvelle la femme, Tandis qu'en un chant où se perd son âme Le Cygne embellit notre volupté...

Au miroir du lac nul Cygne ne glisse, Mais sur nos fronts plane un cruel délice.

A TKAVKRS L AMOUN

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