‹ L'humanité divine, poèmesChapitre 42 sur 124 · LES CŒURS PARALLÈLES · texte numérisé non relu

LES CŒURS PARALLÈLES

A M. Louis Ganderax.

Gomme un écho de lèvres baisées Persiste en le languide boudoir, Dont la fenêtre accueille le soir Parisien des Champs-Elysées.

Lente, elle embrase une cigarette...

Sur le point d'or du tabac qui luit Tous deux laissent descendre la nuit, Telle sur des yeux une voilette.

96 L HUMANITi; DIVlNi:

Ils se confessent au crépuscule; Et dans leur dialogue blafard, Comme sur un visage sans fard, Se reflète leur âme incrédule.

ELLE

Nos deux rêves vont loin l'un de l'autre, En se recherchant éperdument; Et tous deux fuient parallèlement, Svmboles de tout amour, — du nôtre.

LUI

Oh ! c'est d'une tristesse ineffable :

Mêler en vain mon sang à ta chair.

ELLE

Je le hais, ton au-delà trop fier; Ton rêve s'en va, Taile implacable.

A TRAVERS L AMOL'U <)7

LUI ET ELI,E

Nous nous avons dans nos seuls langages Nous sommes bien loin, étant bien près.

ELLE

Je crois t'avoir, mais tu disparais.

LUI

Je crois t'avoir, mais tu te dégages.

LUI ET ELLE

Tant d'êtres, de choses entre nous; L'Amour, mon Dieu ! quelle horrible joie !

ELLE

L'Homme insensé croit tenir sa proie.

LUI

Folle, la Femme dit : « C'est l'Époux, Voici le Maître, je suis à lui. »

LUI ET ELLE

Mais tous nous ne sommes à personne, Nous restons seuls.

ELLE

Tiens, l'heure qui sonne.

LUI

Sans amour, Theure d'amour a fui.

LUI ET ELLE

Nos deux rêves vont, l'un loin de l'autre. En se recherchant éperduinent ; Et tous deux fuient parallèlement, Symboles de tout amour, — du nôtre.

Gomme un écho de lèvres baisées Persiste en le languide boudoir, Dont la fenêtre accueille le soir Parisien des Champs-Elysées.

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