LE RETOUR A LA BIEN-AIMANTE
A M. Auguste Dorchain.
Tes bras me sont encore ouverts, ô bien-aimante ; Et tu veux croire encor, malgré ma trahison, Les serments que redit sur ta lèvre brûlante Ma lèvre qui réveille un fidèle frisson...
Je reviens à tes pieds, voyageur qui soupire; J'ai froid; mais je m'embrase à ton embrassement. Je retrouve la joie après un long martyre Et la route certaine après régarement.
lOfi L HUMANITE DIVINK
INous sommes enlacés tous les deux; le silence A réuni nos mains tremblantes de plaisir. Plains-nous !... Il s'est brisé mon rêve qui s'élance ; J'avais tenté de vivre et j'ai manqué mourir...
Ah ! qui saura combien se prépare de larmes L'insouciant qui court dans le sentier perdu, Comme s'ouvre le piège où souriaient les charmes, Et par quel désespoir l'espoir nous est rendu !
Oui, ma douce adorée, une femme méchante Et moins belle que toi sut t'éclipser longtemps; Elle désenchanta ma jeune âme qui chante, Car son été cruel a flétri mon printemps.
Mais dans tes bras cléments, ô Sainte, je pardonne. Mon cœur comprend l'amourpuisquetu l'as gardé; Tout ce que l'on reprend ne vaut pas qu'on le donne: Le miroir obscurci ne fut pas regardé.
L EMBARQUEMENT POUft I.E ItONllKUR lOT
Je bénis maintenant les heures envolées, Les mépris, la colère et les sanglots d'hier, Puisque à mes yeux tu bois mes larmes consolées; Et je suis plus heureux d'avoir enfin souffert !
108 h nUMANITK DIVINr: