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LES AMBITIEUX

A M. Auguste Rondei.

Ambitieux, ô Vous qui marchez solitaires, Écrasant les vaincus sous vos pieds volontaires, Vous dont l'œil est féroce et le front triomphant, Votre orgueil est courbé sous un faix étouffant. Vous portez, en un pli qui marque votre bouche, Le dégoût anxieux ou le remords farouche De vos abaissements et de vos lâchetés; Car vous avez permis, pour des complicités, Des trahisons et des ruses dans la bataille. Que votre honneur croulât ainsi qu'une muraille ! L'Opprobre, en fredonnant l'alIeluia moqueur, Plus d'une fois sur vous mit son genou vainqueur;

L UUMANITb; DIVINE

Le Devoir à vos yeux se dérobe et se voile,

Et vous avez perdu le rayon de l'Étoile,

Le rayon conducteur pendant les mauvais jours.

Vons vous sentez déçus, mais vous marchez toujours !

Vous n'avez plus la Foi, plus même l'Espérance;

Mais la Fatalité, réglant votre démence,

De son inexorable main au contact froid

Vous pousse; et vous allez, sous lejoug de l'effroi,

Front altier, cœur mordu de bizarre névrose,

Vers quelque formidable et creuse Apothéose !

LKS CONOUERVNTS 181

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