CANTIQUE A LA VOLUPTÉ
0 Sainte Volupté qui coule dans mes veines, Toi qui calmes mes nerfs et réchauftes mon sang, Toi qui m'as délivré de mes sublimes chaînes, Je suis ton tils et ton disciple obéissant.
Tu m'apprends que la Vie est semblable à la Femme, Qu'il faut, pour en cueillir l'ivresse, la dompter : Que la Douleur, en nous tordant comme une flamme, >'ous caresse, et que les Sanglots peuvent chanter !
La science inutile et froide, je l'oublie; Je ne connaîtrai plus que les travaux joyeux; Mets des roses au front de ma mélancolie Et la force qui persuade dans mes yeux.
Fais que je sois aimé, fais que j'aime, ô Déesse ! J'ai trop longtemps souffert du vain mal de penser, Je suis las du grimoire où pâlit ma jeunesse, Et mon trésor de joie est tout à dépenser !
LES CONOUERANTS 187