INTRODUCTION XXV
à la catégorie des phénomènes électriques qu'à celle des phénomènes de la lumière et de la chaleur.
Nous verrons plus loin que les rayons chimiques, partie intégrante de la radiation solaire, permettent .aux parties vertes des végétaux de réduire des composés à affinités satisfaites, sinon en leurs éléments du moins en des corps imparfaitement comburés, et leur fournissent ainsi le moyen d'emmagasiner dans leurs molécules un potentiel capable, dans nos foyers, de se métamorphoser en chaleur, en lumière et en mouvement mécanique.
La combustion, et d'une manière générale les combinaisons chimiques, engendrent donc à la fois la chaleur, la lumière et la radiation chimique, qui peuvent à leur tour être ramenées à leur état primitif de potentialité. Cette origine commune, je dirai même cette transformation d'une espèce de mouvement dans l'autre, porte à l'état de certitude la probabilité que nous avions tirée de l'identité des propriétés. Elle démontre péremptoirement que lumière, chaleur, rayonnement chimique, sont des phénomènes de même nature.
Il n'y a donc plus là ni trois, ni deux causes distinctes; il n'y en a qu'une. Des deux entités admises par les savants de i'avant-dernier siècle, calorique et lumière, il ne reste plus que le mouvement ondulatoire de la matière pondérable ou impondérable.
Le calorique transmis par conductibilité ne fait naître lui-même aucune difficulté, grâce à notre conception actuelle de la constitution de la matière.
Il nlest rien autre que du calorique soumis aux mêmes lois que la chaleur rayonnante, à cela près nu'il rayonne à l'intérieur des corps, dans les espaces intermoléculaires, d'une molécule sur l'autre.
Cette notion apparaîtrait, il est vrai, moins nettement si la théorie de madame Clémence Royer était acceptée, et si, considérant la matière comme formée d'atomes élastiques et contigus, on était amené à ne plus admettre l'existence des espaces intermoléculaires.
Mais l'hypothèse de madame Royer est loin de faire encore loi. Elle ne deviendrait tout-à-fait scientifique
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que si elle résolvait tous les problèmes aussi bien au moins que nos hypothèses actuelles. Or, l'identité de la chaleur et de la lumière ne pouvant plus faire doute, ce m n'est point à cette identité de s'incliner devant une hypothèse nouvelle, mais à l'hypothèse nouvelle à rendre compte de cette identité.
Il est regrettable à ce point de vue que madame Clémence Royer n'ait pas cherché à expliquer la conductibilité du calorique comme elle s'est efforcée d'expliquer tous les autres phénomènes de l'univers.
Quoi qu'il en soit, le terrain se trouve dès à présent déblayé non seulement de l'une des entités dont on avait cru pouvoir établir l'existence mais encore des deux
Il y a toujours des phénomènes calorifiques et des phénomènes lumineux; mais il n'y a plus ni entité chaleur, ni entité lumière. Il n'y a plus que le mouvement, ou en adoptant un vocable encore plus positif, l'ÉNERGiE, qui se manifeste aussi bien comme rayon chimique, que comme lumière et comme chaleur.
Identité de V électricité et du magnétisme. — Vers 1830 CErsted fit la curieuse expérience suivante : ayant fait passer un courant électrique fixe au-dessus d'une aiguille aimantée mobile, il constata que l'aiguille était déviée et tendait à se mettre en croix avec le courant. Le sens de la déviation variait suivant la place qu'occupait le courant par rapport à elle. Ampère qui systématisa la découverte d'OErsted parvint bientôt à formuler la loi générale de l'action des courants sur les aimants. Lorsqu'un courant fixe est placé dans le voisinage d'un aimant mobile, et en supposant au fil conducteur la forme d'un homme qui regarderait l'aiguille et dans lequel le courant entrerait par les pieds pour en ressortir par la tête, l'aiguille se met en croix avec lui, le pôle austral étant dévié à gauche du courant personnifié.
Dès qu'on connut l'action que les courants fixes exercent sur les aimants mobiles, on fut naturellement porté à rechercher si les aimants fixes n'exerceraient pas sur les courants mobiles une influence réciproque. L'expérience vint bientôt légitimer cette prévision : lorsqu'on fait agir un aimant fixe sur un courant mobile, ce dernier est mis en mouvement et prend, relativement à l'aimant, une position identique à celle qu'il aurait eue vis-à-vis de l'aiguille aimantée après la déviation de celle-ci, si c'eût été lui qui eût été fixe tandis qu'elle aurait été mobile.