INTRODUCTION XXXI
Si ces vues étaient exactes, il devait être facile de produire des aimants réels au moyen des courants ; et, réciproquement, on devait pouvoir donner naissance à des courants au moyen des aimants.
L'expérience a justifié de tous points cette induction.
Lorsque, dans l'intérieur d'une bobine formée par Tenroulement d'un fil de cuivre, on introduit un morceau de fer doux, et que, les choses étant ainsi disposées, on place la bobine dans un circuit électrique alternativement ouvert et fermé, on observe que le fer doux acquiert les propriétés magnétiques pendant le passage du courant et les perd par son interruption. C'est sur cette propriété que reposent les principales applications industrielles de l'électricité.
Si, au lieu d'un morceau de fer doux, c'est un barreau d'acier trempé que l'on place dans le centre de la bobine, le métal s'aimante encore; mais, à l'inverse de ce qui se passait avec le fer doux, l'acier conserve son aimantation, même après que le circuit a été fermé.
Réciproquement, lorsqu'on fait communiquer avec un galvanomètre les deux extrémités du fil d'une bobine et qu'on introduit, dans le centre de celle-ci, un barreau aimanté pour l'en retirer aussitôt, on remarque que l'aiguille du galvanomètre accuse le passage d'un courant chaque fois qu'on introduit l'aimant et chaque fois qu'on le retire. Les courants produits dans les deux cas sont de sens contraire.
Au lieu de ces introductions et de ces retraits successifs de l'aimant, on peut se borner à enrouler le fil de cuivre autour d'une barre de fer doux et à faire passer rapidement l'un des pôles d'un barreau aimanté c'evant l'une des extrémités de ce dernier. Le fer doux s'aimante et se désaimante successivement, et. des courants alternatifs sont accusés par le galvanomètre tout comme dans l'expérience précédente.
On obtient donc du magnétisme au moyen de l'électricité et de l'électricité au moyen du magnétisme.
Electricité et magnétisme, dès lors, sont des phénomènes du même ordre appartenant à une seule et même catégorie scientifique. Il ne saurait planer le moindre