‹ L'humanité et la patrieChapitre 35 sur 61 · L INTRODUCTION · texte numérisé non relu

L INTRODUCTION

un vocable qui ne disait rien à rinlelligence et représentait une véritable tautologie.

L'objection repose d'ailleurs sur une inexactitude.

L'hypothèse moléculaire, il est vrai, est un pur artifice de l'esprit. Elle nous permet de nous représenter les faits et elle peut être assimilée àun langage. Elle présente à ce point de vue des avantages réels ; mais elle ne saurait être prise pour une vérité objective. Seulement il faut distinguer l'idée de la langue qui l'exprime : la langue dut-elle être abandonnée, l'idée lui survivrait.

N'existât-il ni molécules ni atomes, il se produirait encore un travail lorsqu'un objet augmente de volume Nous ne nous le représenterions plus aussi facilement mais il n'en existerait pas moins car il est indépendant de l'image que nous pouvons nous en faire. Nous le constaterions encore avec une entière certitude, et notre définition subsisterait avec toute sa force et toute sa rigueur. C'est même là ce qui nous autorise à nous servir de l'hypothèse atomique sans sortir de la méthode scientifique la plus scrupuleuse.

Les phénomènes qui accompagnent les changements d'état sont analogues à ceux de la dilatation. Toutefois le travail intérieur est ici beaucoup plus important. II en est de même du travail extérieur au cas de volatilisation. L'accroissement énorme de volume de la substance volatilisée entraîne, en effet, un déplacement considérable de la matière ambiante. Le travail accompli étant plus considérable, l'énergie absorbée l'est aussi, et les chaleurs latentes de fusion et de volatilisation sonl supérieures à la chaleur latente de dilatation.

Dans les gaz parfaits les phénomènes sont plus simples que dans les liquides et les solides : ils comptent un moins grand mombre de perturbations. Les molécules y paraissent indépendantes les unes des autres, et l'on admet, dans la théorie cinétique, qu'elles sont animées d'un mouvement rapide donnant lieu à des chocs sur les parois des vases qui les contiennent, chocs dont la tension de ces fluides ne serait que la résultante.

La théorie cinétique des gaz, il est vrai, est complètement hypothétique. Mais elle exprime des rapports

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