XL VIII IN T HO DICTION
•disparu. Ils préféraient dire qu'il devenait latent, caché. C'était au fond la même chose; mais l'honneur de l'académie restait sauf.
Aujourd'hui nous conservons le mot; mais c est une étiquette placée sur un ensemble de faits, ce n'est plus un palliatif de notre ignorance. Nous sommes en possession de la théorie mécanique de la chaleur, et nous pouvons donner du phénomène une explication rationnelle et positive.
Ce n'est pas seulement dans les changements d'état qu'une certaine quantité de chaleur disparaît sans être appréciable au thermomètre ; la môme disparition de calorique se manifeste lorsque les corps se dilatent, c'est-à-dire augmentent de volume consécutivement à une élévation de la température.
Arrêtons-nous d'abord sur le phénomène de la dilatation et voyons d'une manière générale ce qui se passe dans l'intérieur d'un corps quelconque quand il s'échauffe.
D'abord sa température s'élève, ce qu'on explique dans nos théories actuelles par l'augmentation d'amplitude des vibrations dont ses molécules sont animées. De même, en effet, que l'intensité du son s'accroît lorsqu'augmente l'amplitude des vibrations sonores, de même, on admet aujourd'hui que la tempéi^ature dépend de l'amplitude des oscillations calorifiques, el s'élève dans la proportion où celle-ci se développe,
JEn même temps que la température du corps s'élève, son volume augmente, ce qui revient à dire ; soit, dans le système généralement adopté, que les molécules dont il se compose s'éloignent les unes des autres, soit, dans l'hypothèse de madame Clémence Royer, que les molécules élastiques dont, selon elle, toutes les substances seraient formées, prennent des dimensions plus considérables. Gomme les deux théories aboutissent fioalenient au même résultat, il est préférable de suivre dans cette étude la première qui est plus courante.
Les molécules étant unies les unes aux autres dans les solides et dans les liquides par des attractions
réciproques, leui" séparation, leur éloignement est un véritable travail et doit, comine tout travail quel ({ii'il soit, absorber une certaine quantité de ca.ïolique. De même, en effet, qu'il faudrait dépenser de la chaleur pour élever de teri^e un poids retenu au sol par la pesanteur, de même il faut consommer de l'énergie pour séparer l'une de l'autre deux molécules dont la tendance est de se rapprocher.
Enfin, le corps qui se dilate, déplace, par le fait même de sa dilatation, les solides, les liquides, les ga? qui l'entourent; et ce déplacement, lui aussi, e.st un tj^avail qui nécessite la consommation d'une certaine quantité de force.
Ces deux dernières causes d'absorption d'énergie soys la forme de calorique disparaîtraient si, par une pres^ sion extérieure suflîsan te, on s'opposait, pe«4a.njL qu'pjî le chauffe, à l'augmentation de volume du corps, La chaleur serait alors exclusivement employée à en élever la température.
De fait, si l'on désigne par les mots chaleur spécifique la quantité de chaleur qui élève de 1 degré la température d'une substance sous l'unité de poids, on observe une différence entre la chaleur spécifique d'un corps à pression constante et à volume variable et celle de ce même corps à pression variable et à volume constant. Cette différence donne la mesure du travail qui s'opère lorsqu'on laisse la dilatation s'effectuer librement.
La quantité de chaleur qui est absorbée pour produire le travail tant intérieur qu'extérieur qui résulte de la dilatation, et qui se régénère quand le corps dilaté revient à son volume primitif, est ce que les anciens physiciens avaient appelé cluileur latente, Cette appellation peut être conservée aujourd'hui : elle ne présente plus aucun inconvénient puisqu'elle est maintenant définie avec précision.
Et il importe de répondre ici à ceux qui accuseraient la physique moderne de n'avoir rien précisé du tout et de ne fonder ses explications que sur des hypothèses.
Gela fut-il exact, il ne semit déjà pas indifférent d'avoir substitué une explication même hypothétique à