‹ L'humanité, ses droits et ses devoirs, ses joies et ses douleurs, avec une carte morale de la vie depuis le berceau jusqu'à la tombeChapitre 28 sur 55 · L'ESCLAVAGE · texte numérisé non relu

L'ESCLAVAGE

RÉFUTÉ PAR LANATOMIE ET L'OSTÉOLOGIE MISES A LA PORTÉE DE TOUT LE MONDE.

La Scène se passe, non en Russie, comme on pourrait le croire, mais sur la terre de la liberté qu'on appelle Amérique, et où il y a encore, en la présente année de grâce 1861, quatre millions d'esclaves*.

Seëne pressaièpe*

FORLING, YACK, ensuite YOUSÈPHE.

FORLING.

Allons! Yack, debout! on travaille depuis deux heures dans les caféiers, et te voilà encore étendu sur ces nattes comme un damné paresseux à qui j ai bien envie de faire donner la bastonnade.

* Le Tzar de Russie, Alexandre II, marche avec la civilisation de son temps , et , tandis qu'il ordonne l'affranchissement de vingt millions de Serfs qui sont encore dans ses Etats , il rencontre de l'opposition à cette mesure généreuse et évangélique parmi de vieux Moscovites hébétés , certains grands seigneurs cupides et nombre de serfs eux-mêmes qui , de père en fils , sont esclaves et ne savent pas ce que c'est que la Liberté.

Espérons que la malheureuse et vaillante Pologne se ressentira bientôt également de la bonté, de la justice et de la sagesse de Y Empereur 9

YACK

Maître, je suis malade, la fièvre me brûle, et il m'est impossible de me soutenir sur mes jambes ; Yousèphe le sait bien, car il m'a permis de rester à la case toute la journée.

FORLING.

Yousèphe t'a permis de rester toute la journée sans rien faire I Eh! de quoi se mêle-t-il, ce nouveau Contre- Maître de raccroc avec ses permissions? croit-il donc que j'ai des esclaves pour les voir jouer et dormir, des journées entières*, à l'ombre des bananiers?

YACK

C'est qu'il est bon, lui, aux malheureux qu'il voit souffrir, car il a lui-même souffert beaucoup autrefois.

FORLING.

Eh bien! moi, je ne veux pas qu'il soit bon à mes dépens» Je veux, au contraire, qu'il soit méchant, trèsméchant, et qu'il vous mène tous comme des chiens. — Je l'ai pris dernièrement à mon service parce qu'il avait été lui-même autrefois esclave, et que je sais qu'il n'y a rien de tel qu'un vieux nègre affranchi pour tourmenter les autres; mais, s'il ne remplit passa besogne à mon gré, je le chasse, et qu'il aille au diable avec sa sensiblerie et toutes ses sentences ridicules! Allons! vas-tu te lever? (Il le foule rudement sous ses pieds.)

YACK

Mais, vous me faites du mail

— Vbâ —

FORLING.

Vas-tu te lever I

YACK

Je n'en ai pas la force, je vous l'ai dit.

FORLING.

Tu as bien la force de manger mon pain , maudit paresseux 1

YACK

Depuis deux jours, je n'ai pris qu'un peu de lait de coco.

FORLING.

Et tu t'imagines que je t'ai acheté, il y a trois ans, au marché public avec ton Garçon et ta Garcette pour ne rien faire. Une bonne correction, drôle! t'apprendra ce soir devant tes camarades que c'est tout le contraire.

YACK

Alors, tremblez que mes deux enfants n'aient ma mort à vous reprocher demain.

FORLING.

Moi, trembler! et des menaces de mes esclaves encore!... Insolent! pour qui me prends-tu donc? si tu crèves, d'ailleurs, j'aurai soin de tes enfants, et, plus tard, si ta fille me plaît... tu m'entends l...

YACK

Que tropl après avoir tué le corps du père, vous tuerez 1 ame de l'enfant. Et pourtant vous êtes dévot,

vous allez le Dimanche au temple adorer le bon Dieu. On y lit, devant vous, ce livre saint qui dit que tous les hommes doivent s'aimer entre eux comme des frères, qu'ils sont égaux à ses yeux, qu'ils...

FORLING.

Misérable! oses-tu bien ainsi interpréter l'Evangiie? Toi, mon frère, mon égall avec ta peau noire et tes cheveux crépus comme la laine d'une vieille brebis galeuse. Un bâton! un nerf de bœuf! Yousèphe! Yousèphe! ah ! coquin, tu ne veux pas travailler et tu raisonnes... Yousèphe! et les mille dollars que tu me coûtes, gredin, crois-tu donc que je sois décidé à les perdre? Non, non, non, ne te mets pas ça dans ta noire cervelle. Yousèphe!

yousèphe, entrant.

Me voici ! je faisais ranger au magasin les balles de coton d'hier soir.

FORLING.

Bien! bien! vieux Yousèphe, écoute-moi! Je t'ai pris dernièrement à mon service parce que tu as été autrefois esclave et que, connaissant la paresse, les ruses et la volerie du métier, tu me serais très-utile dans la direction de ma maison. Nous n'avons pas le temps, nous autres Maîtres, de surveiller ces noires canailles, et, quand on les abandonne à elles-mêmes, elles ne nous gagnent pas seulement le pain qu'elles mangent.

YOUSÈPHE.

Où voulez-vous en venir?

FORLING.

Tu feras donner, ce soir, vingt coups de rotin à ce drôle qui n'a pas été ce matin, avec les autres, travailler aux caféiers.

YOUSÈPHE.

Il est malade.

FORLING.

Malade! lui! il se porte mieux que moi.

YOUSÈPHE.

Vous vous trompez! et je ne ferai pas exécuter vos ordres cruels. Un homme malade, souffrant, fil ce se rait affreux.

FORLING.

Il pousse l'insolence jusqu'à me menacer de l'enfer et jusqu'à comparer son horrible face noire à la mienne.

YOUSÈPHE.

La différence n'est déjà pas si grande que vous le pensez. Moi aussi je suis nègre.

FORLING.

Son sang, à cette brebis galeuse, de quelle couleur est-il?

YOUSÈPHE.

Mais il est rouge comme le vôtre, comme le miea, comme l'a été celui du Christ, quand un soldat farouche lui a percé le côté dç sa lance impie.

FORLING.

Mensonge et vanité! alors, toi aussi, tu te compares kDieu?

YOUSÈPHE.

J'ai dit que le sang qui coule dans mes veines est rouge comme Ta été le sien. En doutez-vous? prêtezmoi un coustel, un canif, et une légère blessure à mon bras va vous en convaincre beaucoup mieux encore que mes paroles.

FORLING.

Tes paroles! tes paroles! on voit que tu as écouté aux portes de tes anciens maîtres.

YOUSÈPHE.

Oh! je n'ai pas eu besoin d'écouter à la porte du bon Français qui a été mon dernier maître et mon bienfaisant instituteur. Son souvenir vit dans mon âme, et il y restera toujours.

FORLING.

Eh bien 1 qu'il y reste! je ne m'y oppose pas. En voilà une singulière manie d'acheter des négrillons pour en faire ses amis! On voit bien que ce monsieur n'avait pas d'habitation à exploiter.

YOUSÈPHE.

C'est vrai!

FORLING.

N'était-il pas médecin?

- 267 - , YOUSÈPHE.

Oui, et médecin très-savant. Quatre mois après m'avoir mis en liberté, il est tombé de cheval en revenant de visiter des malades à Burkelow et il est mort sur le coup. On a mis de suite les scellés chez lui, en cas d'héritiers inconnus et à venir ; on a voulu me rendre à l'esclavage, mais notre illustre président Washington a dit : — J'ai connu et aimé le docteur Maresbille; il avait adopté ce jeune homme, qu'on lui donne la liberté et vingt dollars sur la succession , pour ses premiers besoins. On m'a donné l'argent, j'ai fait un petit commerce, j'ai travaillé, j'ai surveillé des travailleurs, et c'est pour ne pas m'ennuyer seulement que je travaille encore, à mon âgel

FORLING.

Quoi I ton maître était lié avec Washington ?

YOUSÈPHE.

Certainement! je voyais même souvent aussi chez lui le digne monsieur Francklin, legénéral Wilson, et surtout beaucoup de messieurs français, parmi lesquels il y avait un beau jeune homme, grand, avec des cheveux blonds, des yeux bleus, un doux sourire (il me semble le voir encore), et qu'on appelait le général Fayette.

FORLING.

La Fayette !

YOUSÈPHE.

Oui, La Fayette, c'est cela! J'aimais beaucoup mieux messieurs les Français que les autres, car ils riaient

toujours avec moi, et ils me disaient souvent, en me tirant les cheveux : — Yousèphe , remercie Dieu de nous avoir envoyés ici, car désormais il n'y aura plus d'esclaves dans la sainte république américaine, et malheur à l'homme qui voudra en exploiter un autre I

FORLING.

Chut! chut! mes Coquins pourraient t'en tendre, viens dans mon cabinet me finir ton histoire.

Seène II.

FORLING, YOUSÈPHE. FORLING.

Maintenant, tu peux parler! personne ne nous écoute; recommence ce que tu m'as dit, car j'étais si troublé. ..

YOUSÈPHE.

Vous saurez donc que, dans mon enfance, j'étais avec mes pauvres parents, esclave d'un planteur bien riche, bien avare et bien dur, qui mourut presque subitement et à l'aide, on la dit du moins, du suc de quelques herbes fort douteuses, mêlé à ses boissons. C'était au commencement delaguerreque Ton a appelée de l'Indépendance, et je ne sais pas trop pourquoi, puisqu'il y a encore des millions d'esclaves chez nous. Si je ne le suis plus, moi, c'est grâce à ma bonne étoile qui m'a fait tomber entre les mains du généreux Français qui m'a acheté à Philadelphie et qui ma dit ;

« Yousèphe, nous sommes venus de France avec de l'or et des armes délivrer l'Amérique du joug des Anglais, Il n'y aura plus d'esclaves ici, désormais, je te le jure. Sois mon serviteur libre, et si tu te conduis honnêtement, tu es jeune, tu as de l'intelligence, je t'instruirai, et tu deviendras mon ami. »

FORLING.

Son ami !

YOUSÈPHE.

Que cette bonne parole me faisait du bien au cœurt car je me rappelais sans cesse, et en pleurant, tout ce que mes pauvres parents et moi nous avions souffert autrefois. Mon cher Maître avait apporté de France avec lui un homme mort qui n'avait plus une once de chair sur les os et qu'il appelait un squelette. Un matin, après avoir fait sa prière, car il était trèspieux, ce cher monsieur, il détacha avec précaution le voile qui couvrait le squelette et m'attira près de lui. Je tremblais... il me rassura et me dit :

« Viens prendre ta première leçon d'anatomie et d'ostéologie (1)!

« Ecoute-moi bien! d'ailleurs, ïécrirai pour toi et généralement pour tous les jeunes Américains pieux et honnêtes, dont la soif de l'or n'a pas encore gangrené le cœur, ce que je vais te dire, et notre cher Francklin l'imprimera (c'est imprimé en effet, et je lis et relis si souvent ce petit livre, que je le sais par cœur). Yousèphe, il y a dans ce monrc une infinité d'hommes orgueilleux de leur naissance (-2), de tour forcç, de leur beauté, de leur fortune, ue leur esprit,

de leur talent, de leur adresse et d'une foule d'autres avantages que le sort jette à la volée, attrape qui peut !

« Il y en a d'autres qui, pour faire les esprits forts, nient jusqu'à l'existence de Dieu, l'immortalité de l'âme et la voix de la conscience :

« Ces hommes-là se donnent ridiculement entre eux le nom de philosophes, mais, hélas! que sont-ils, après leur mort, tous ces pédants si vains, si fiers, si audacieux et si impies?

« Et que serait la vie sans la douce pensée qu'au terme du voyage nous reverrons dans un monde éternel nos pères, nos tendres mères, nos chers enfants et tous ceux que nous avons aimés sur la terre ?

* Autrement serait-ce la peine de naître pour mourir quelques jours après, comme les éphémères (3)?

« Non, certes! et tout ce qui est en nous annonce un avenir autre que celui de ne laisser, au terme de notre vie terrestre, qu'un cadavre fétide d'abord, puis un squelette, un peu de poussière, puis rien..,

« Quant à 1 égalité des hommes entre eux, à celui qui oserait la nier, je dirais ce que je te vais te dire : — Regarde ce squelette I je ne sais à qui il a appartenu; si c'était le corps d'un maître ou celui d'un esclave, d'un homme remarquable par sa beauté ou sa laideur repoussante, d'un savant ou d'un imbécile, d'un sage ou d'un fou, d'un voleur ou d'un homme de bien; j'ignore si la peau qui le couvrait était blanche comme celle des hommes d'Europe, noire comme en Afrique, jaune comme en Asie et rouge enfin comme en Amérique, mais je vais te dire ce qu'il y a de positif :

« Il était d'une taille plus qu'ordinaire, ce que je

vois à cette forte charpente osseuse* Ce crâne était-il couvert de cheveux noirs, châtains, blonds, rouges ou laineux comme les tiens? je l'ignore, mais voilà ce que je sais :

« Dans ce crâne se trouvait une masse blanchâtre, molle et pulpeuse, du poids ordinaire d'une livre un quart, d'une livre et demie et, dans quelques cas fort rares, chez les hommes prédestinés, de deux livres. On l'appelle le cerveau et le cervelet; c'est la bonne ou mauvaise organisation de ces organes qui rend les animaux plus ou moins intelligents (4).

« Tu as vu des cervelles de veau, de mouton, de porc, ainsi tu sais ce que c'est.

t Dans ces deux trous profonds (orbites), il y avait les yeux,- étaient-ils noirs, bleus, gris, jaunes, verts, rouges? je l'ignore, et personne ne pourrait le dire aujourd'hui.

c Tu vois, ici, la place du nez avec ses nombreux cartilages et ses deux conduits olfactifs (narines), qui constituent chez nous l'odorat (5).

« Voici la place des oreilles et du cornet acoustique destiné à recevoir le son (la membrane s'appelle tympan).

t Dans cette bouche il y avait 32 dents : \ 6 mollaires, 8 incisives et 8 canines, qui toutes servent d'ornement au visage et à broyer et à triturer nos aliments (6); il y avait en outre, la langue pour les goûter, les savourer, et le larynx pour parler chez les hommes et chanter chez les oiseaux. Il y avait le pharynx 9 petite planchette osseuse qui sépare la bouche des fosses nasales (le nez).

c De la tête, passons au Corps!

t Notre Corps, mon ami, est une montre dont tous les rouages fonctionnent avec une précision admirable pendant notre vie, et que la mort démonte sans qu'aucun horloger puisse jamais la rétablir, car tous les horlogers, les mécaniciens, les ingénieurs, les architectes et les artistes du monde, réunis ensemble, ne pourraient pas créer même une fourmi, et lui donner le mouvement, la vue, la mastication, le goût, l'odorat, l'instinct de prévoyance, d'alimentation, de conservation et de régénération qui sont dans cet infime animal. Quand une des pièces de notre machine est seulement endommagée ou, comme on dit, malade, un Médecin peut la guérir, et encore. . . mais voilà tout !

« Regarde ces trois grands os qui supportent toute notre machine! celui de la cuisse, car il est unique, s'appelle fémur, ces deux de la jambe sont le tibia et le péroné; ils s'articulent exactement avec cette petite noix osseuse (rotule), que tu vois entre eux, et c'est grâce à cette articulation exacte et précise que nous pouvons, à volonté, nous lever, nous baisser, nous asseoir, nous mettre à genoux, marcher plus ou moins vite, courir ou sauter en l'air.

« Tous ces os et osselets sont assujettis par des ligaments, des muscles, des nerfs, des tendons et des fibres, comme les piliers les plus solides.

« Voici ce qu'on appelle Y épine dorsale; elle est composée de 24 petits os non creux, mais spongieux : 7 cervicales, 4 2 dorsales et 5 lombaires qu'on appelle vertèbres ; ces petits bourrelets, juxta-superposés ensemble, s'articulent parfaitement avec les deux os larges et plats (surtout dans la partie supérieure) des jambes qui forment h bassin [sacrum). Ce qui nous

donne la facilité de courber le dos ou de nous dresser à volonté.

« Quand cette colonne fléchit d'un côté ou d'un autre, soit à notre naissance, soit plus tard par accident, nous devenons gibeux (bossus).

a Compte ces côtes! tu en trouveras 4 2 (7 vraies ou sternales, 5 fausses ou vertébrales). Elles forment par leur courbe une grande voûte (le ventre), recouverte par des muscles, par le tissu cellulaire et la peau (7) qui contient, en les préservant de tout contact dangereux ou destructif, ce que je te décrirai quand nous en aurons fini avec Vostéologie.

« Voici l'os du bras [humérus), et les deux de Tavant-bras (le radius et le cubitus). V humérus s'articule avec Y omoplate de manière à nous permettre de lever, de baisser, de tendre ou de courber le bras à volonté.

« Regarde maintenant tous ces petits osselets qui forment le pied , les doigts et les phalanges 1 Si le pied, au lieu d'être disposé avec cette admirable précision, avait été simplement plat et tout d'une pièce, l'homme n'aurait pu faire un pas sur la terre sans être exposé à tomber au moindre choc comme un arbre sans racines ou une maison sans fondements. Ce sont ces doubles phalanges, ces harpons, pour ainsi dire, qui le tiennent en équilibre et, par le jeu des muscles, l'attachent au sol ferme et droit.

« Les quadrupèdes marchent sur quatre pattes et n'ont pas besoin de tous ces mille détails pour agir; les oiseaux n'ont bien que deux pattes, mais ils ont des ailes qui les soutiennent dans leur vol ou dans leur course rapide.

« Vois les doigts de cette main ! les phalanges sont doubles comme celle du pied, et par là nous avons la faculté de la ployer, de l'étendre, de l'ouvrir, de la fermer, de faire mouvoir un seul doigt seulement ou les cinq en même temps, selon notre bon plaisir et sans aucun effort. (Les doigts s'appellent pouce, index, médius, annulaire et auriculaire; les doigts dupied $* appellent orteils).

« Maintenant, passons à Yanatomie :

« Ici, comme je te l'ai déjà dit, sous cette voûte formée par les côtes, dans la poitrine [thorax), était à gauche , le cœur avec ses deux oreillettes et ses deux ventricules continuellement agitées, et ses nombreux vaisseaux (entre autres l'aorte), par lesquels tout le sang de l'homme passe en trois ou quatre minutes pour se distribuer ensuite chez lui successivement de la tête aux pieds (8).

« Là étaient poumons les qui, par leur insufflation continuelle, nous donnent l'air que nous respirons.

« Quand ils ne sont pas suffisamment développés de naissance ou quand ils s'engorgent accidentellement, à la suite de gros rhumes trop négligés, ils deviennent malades, se couvrent d'excroissances tuber* culeuses, se creusent dans certaines parties où ils forment, comme on dit, des cavernes, se boursoufflent dans d'autres et se décomposent peu à peu. Alors, pour respirer, on crache incessamment ces tubercules pulvérulents; on dépérit de jour en jour, et l'on arrive enfin à la tombe, mais par un chemin bien triste 9 bien pénible et bien douloureux.

» Là, était une cloison charnue [le diaphragme) qui sépare la poitrine [thorax) du ventre [abdomen).

« Dans cette dernière cavité sont renfermés : les reins, Y estomac , les intestins qui se replient sur eux-mêmes , et ont six à huit fois la longueur de l'homme (appareil digestif admirable destiné à faire subir aux aliments les transformations nécessaires pour les rendre aptes à nourrir le corps , car l'enfant qui vient de naître pèse environ six livres, et il en pèse cent au moins à 25 ans).

a Un peu plus bas, sur la droite, était le foie où se secrète la bile qui sert à faciliter la digestion; à gauche, la rate par laquelle une grande partie du sang s'épure en se gonflant en globules.

« Dans le bassin se trouve la vessie bien moins volumineuse chez l'homme que dans certains animaux (notamment le porc), car elle ne peut contenir que deux litres tout au plus de liquide (9).

« Là, était Y aorte, dont je t'ai déjà parlé, grosse artère du cœur qui remonte d'abord vers la base du cou, puis se recourbe en bas, passe derrière le cœur et descend verticalement devant Y épine dorsale jusqu'au bas du ventre.

t Ici, se trouvaient les deux artères carotides qui remontent sur les côtés du cou et distribuent le sang à la tête; l'un d'eux, le larynx, nous sert à respirer, à parler, à chanter, etc.; l'autre, le pharynx, reçoit nos aliments tant solides que liquides, et les conduit dans l'estomac, où ils se décomposent et deviennent excréments.

« Là étaient les quatre artères crurales et brachiales qui font circuler le sang dans les bras et les jambes et qu'il faut attaquer avec un instrument aigu ( une lancette par exemple), quand on veut pratiquer une

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