IRRÉDUCTIBLE HISTOIRE D’UN DÉTECTIVE
Pendu par un Cheveu ou
Un Assassinat mystérieux réduit au minimum
Le mystère avait atteint son apogée. D'abord l'homme avait, sans aucun doute, été assassiné. Deuxièmement, il était absolument certain qu'aucune personne concevable ne l'avait fait.
Il était temps, par conséquent, d'appeler le grand détective.
Il jeta un coup d'œil inquisiteur sur le corps. L'instant d'après, il sortait un microscope.
— Ha! Ha! s'écria-t-il, en ramassant un cheveu sur le revers du veston du mort. Le mystère est maintenant résolu.
Il montra le cheveu.
— Ecoutez, dit-il, nous n'avons qu'à trouver l'homme qui perdit ce cheveu et le criminel est entre nos mains.
L'inexorable chaîne de logique était complète.
Le détective se mit lui-même à la recherche.
Pendant quatre jours et quatre nuits ils parcourut, sans être remarqué, les rues de New-York, scrutant de près tous les visages qu'il rencontrait; il cherchait un homme qui avait perdu un cheveu.
Le cinquième jour, il découvrit un homme déguisé en touriste, la tête enveloppée dans une casquette de voyage qui lui couvrait les oreilles. L'homme allait s' embarquer sur le Gloritania.
Le détective le suivit à bord.
— Arrêtez-le! s'écria-t-il, puis se haussant de toute sa grandeur, il brandit le cheveu.
— C’est à lui, poursuivit le grand détective. C’est la preuve de son crime.
— Retirez son chapeau, commanda sévèrement le capitaine du vaisseau.
Il fut obéi.
L’homme était complètement chauve.
— Ha! dit le grand détective sans un moment d’hésitation. Ce n’est pas un crime qu’il a commis, mais un million!
WEEJEE, LE CHÉRI
tidplle d'Éti)
Nous étions assis sous la véranda de la maison d’été des Sopleys.
— Comme il fait bon ici, dis-je à mon hôte et à mon hôtesse, et comme il fait calmej
C’est à ce moment que Weejee (1), le chien chéri, essaya ses crocs sur mon pantalon de tennis.
— Weejee! s’écria sa maîtresse avec grande emphase, vilain chien! Comment oses-tu...? Vilain chien!
— J’espère qu’il ne vous a pas mordu? me demanda mon hôte,
— Oh! ce n’est rien, répondis-je d’uii ton jovial. Il m’a à peine égratigné.
— Vous savez, je ne crois pas que ce soit par mauvaise intention, ajouta Mme Sopley.
— Oh! certainement que non, répondis-je.
Weejee s’était rapproché de moi tandis que je parlais.
— Weejee! s’écria mon hôtesse, vilain chien, vilain!
— C’est drôle, dit Sopley, comme ce chien connaît Zes gens. C’est une sorte d’instinct. Il voit tout de suite que vous êtes un étranger. Tenez, hier, lorsque le boucher est venu — c’était un nouveau garçon, et Weejee Va vu tout de suite. Il avait saisi l’homme par la jambe et il ne voulait pas le laisser partir. J’ai dû dire à l’homme qu’il n’y avait pas de mal, sans quoi il se fût fâché contre Weejee.
. 1 . Se prononce Widji.
DIJUX CONTIiS DH STEPIIHX LHACOCK
A ce moment Weejee fit un second accroc à Vautre jambe de mon pantalon. Il y eut un bruit sinistre.
— Weejee! Weejee! appela Mme Sopley. Quelle audace! Vous n'êtes qu’un vilain chien! Allez coucher, sale chien! Exciisez-nous. Vous le devinez sans doiile, c’est votre pantalon blanc. Je ne sais pour quelle raison, Weejee ne peut souffrir un pantalon blanc. J’espère qu’il ne l’a pas déchiré?
— Oh! si peu, dis- je; ce n’est rien.
— Ici, Weejee, Weejee, dit Sopley, anxieux de causer une diversion et ramassant un bout de bois. Va chercher! Va chercher!
— Ne le jetez pas trop loin, lui recommanda sa femme. Il ne nage pas très bien, continua-t-elle en se tournant vers moi, et j’ai toujours peur qu’il ne perde pied. La semaine dernière il a manqué de se noyer. Mr. Van Toy se baignait, il avait un costume bleu foncé — le bleu foncé semble tout simplement mettre Weejee en fureur. Weejee s’est précipité sur lui. Il ne veut pas fodre de mal, vous savez; c’était simplement le costume qui le mettait en colère. Même il aime beaucoup Mr. Van Toy, mais pendant une minute nous eûmes vraiment peur. Si Mr. Van Toy n’avait pas ramené Weejee sous son hras, je crois qu’il se serait noyé.
— By Jove! m’écriai-je d’un ton qui indiquait combien j’étais navré.
— Laissez-moi jeter le bâton, Charles, continua Mme Sopley. Weejee, regarde! Là, tu es un beau chien, regarde! Regarde! Il y a des moments où Weejee ne veut rien faire, de ce qu’on lui demande. Là, Weejee; tu es un beau chien!
Weejee balançait sa queue entre ses jambes et se dirigeait à nouveau vers moi.
— Attendez, dit Sopley, d’un ton sévère, je vais jeter Weejee moi-même à l’eau.
— Faites bien attention, Charles, pria sa femme.
Sopley prit Weejee par le collier et le traîna jusqu’au bord du lac — il avait bien six pouces de profondeur — et il l’y jeta avec la même force, peut-on dire, qu’on jette une plume dans l’encre ou un pinceau dans un pot de couleur.
— C’est assez; c’est très suffisant Charles, s’écria Mme Sopley. Je crois qu’il vaut mieux qu’il ne nage pas.
L’eau, le soir, est toujours un peu fraîche. Un bon chien, un bon petit chien, ce beau Weejee!
Ce pendant que ce « beau Weejee » était sorti de Veau et se dirigeait encore vers moi.
Il va droit à vous, me dit mon hôtesse. Je suis sûre
que vous lui plaisez.
Sans aucun doute.
Pour le prouver, Weejee se mit à se secouer avec le même résultat que s’il eût été une éponge pleine d’eau.
— Oh! que c’est ennuyeux, dit Mme Sopley. Il vous a tout mouillé. Weejee, allez coucher; allez coucher, bon chien, vilain chien, allez coucher!
— Ça n’a pas d’importance, affirmai-je. J’ai un autre complet blanc dans ma valise.
— Mais vous devez être trempé, s’enquit Mme Sopley. Nous allons mieux faire de rentrer. Il se fait tard, d’ailleurs, n’ est-ce pas?
Puis elle ajouta, se tournant vers son mari :
— Je ne crois pas que Weejee doive rester dehors maintenant qu’il est tout mouillé.
Il rentra donc avec nous.
— Je pense que vous trouverez tout ce dont vous aurez besoin, dit Sopley en me conduisant à ma chambre. Et, à propos, ne vous inquiétez pas si Weefee entre dans votre chambre la nuit. Nous le laissons aller et venir dans la maison et il dort souvent sur ce lit.
— Entendu, répondis-je du ton le plus aimable, je m’occuperai de lui.
Cette nuit-là Weejee vint.
Et lorsque la nuit fut très avancée, à ce point que même le lac et les arbres dormaient dans le silence, je pris Weejee sous le bras et... mais il n’est point besoin de vous donner des détails.
Et les Sopleys se demandent encore où Weejee a bien pu aller. Ils attendent son retour, car il sait si bien retrouver son chemin.
Mais d’où est Weejee, personne ne peut retrouver son chemin.
EEdileur-Propriétaire Gérant : Georges-Bazile.
25462-2-18. — lmp. Lang, Blanchong et Cie, 7, r. Rochechouart, Paris, (IX’’-),
que la reine Marie compte parmi les meilleurs écrivains de la langue anglaise.
Cet ouvrage sera publié au profit des œuvres roumaines de charité et de secours aux blessés de la reine.
— Une autre élection bien faite pour plaire aux amis de l’entente franco-américaine, c’est celle de M. Walter Berry à la présidence de la Chambre de commerce américaine à Paris, poste d’honneur qu’il occupe déjà avec tant de dévouement et d’autorité de|>uis plusieurs années. M. Walter Berry est un intellectuel doublé d’un bibliophile érudit qui a sii s’attirer la plus vive sympathie dans tous les millieux — tant commerciaux que littéraires — franco-anglo-américains. Les Cahiers Britanniques et Américains, qui savent compter en M. Walter Berry, un ami dévoué, sont heureux de cette réé^-. lection.
— Ye Gods! à Paris.
Ce fut le plus gros succès de la saison londonnienne cette bouffonnerie américaine que notre ami Max Dearly vient de présenter au public du théâtre des Variétés sous le titre guilleret de : Ohé, Capidon ! Max Dearly a fait somptueusement les choses etafin d’ajouter un intérêt nouveau à cette œuvre, déjà d’une toile gaîté, il a demandé au compositeur Marcel Pollet de l’agrémenter d’une sémillante partition. L’adaptation en ayant été confiée à M. Maurice Hennequin, ce n’est qu’un long éclat de rire durant ces trois actes où le burlesque s’allie au sentiment et <»ù se succèdent les plus charmants tableaux qu’on puisse rêver puisquMIs sont composés par cet essaim de jolies femmes, miss Campton, Lucy Mareil, Lucette Darbelle, Mariette Lelièvre, Kitty llott, Lily Pons, Solange Derson et combien d’autres, groupées avec un goût exquis et qui tourbillonnent, comme de gracieux papillons, autour de Max Dearly, un Jimmy d’une fougue et d’un brio déconcertants.
— Une conférence de Mlle Hélène Vacaresco...
A l’Université des Annales, la grande poétesse Hélène Vacaresco a fait, devant un public nombreux et charmé, une conférence sur la Femme orientale, sujet qu’elle connaît particulièrement et qu’elle traita avec ce beau talent qui lui est personnel.
— Théâtre des Alliés.
Après Les Epis Ronges^ le poème dramatique de Sicard et Aube, nos amis Jean Billaud et Henri Mathessein vont monter très prochainement une opérette d’actualité The Courting Eagles (Un as d’Amérique), trois actes de MM. G. Pierrefeux et Jean Néry, musique de Guy Marylis. Ensuite, ils préparent La Résurrection de Lazare, pièce en 4 actes du poète serbe Yvan de Voynovie, prisonnier en Autriche; /mroü/èai's, pièce en 3 parties, tirée de la littérature arabe de MM. Nozière et Doutté; Comme va le Ruisseau, drame lyrique en 3 actes de Camille Lemonnier, musique de Louis Delune, le prix de Rome belge très connu et la reprise de U Ecole de la Médisance, de Richard Sheridan, traduction française de notre directeur Cecil Georges-Bazile en collaboration avec “Henri Oudine, sans préjudice d’un spectacle consacré à l’Amérique et d’une manifestation en l’honneur de la littérature japonaise.
— Nos félicitations à M. le sénateur Astier, notre éminent confrère de la France de Bordeaux, qui vient d’être nommé commissaire général de rééducation professionnelle des mutilés de guerre, emploi où il ne manquera pas de rendre de très grands services.
S.tteîques Opinions sur les Cahiers
« I am interesled io hear of your scheme and wish it ail succéss ». Edmund Gosse.
« Je crois que vous faites une œuvre très utile. L’occasion qui nous est donnée d’entrer en commerce avec les étrangers nous montre à quel point les peuples s’ignorent... »
Gabriel Séailles.
« I am gladthat your « Cahiers » are starting. I am speaking of them here (in U. S. A.) » Théodore Stanton.
« I am glad to support your venture and wishing you well...) James Mark Baldwin.
« Je reçois les Cahiers et viens d'^en parcourir avec le plus vif plaisir deux livraisons. Laissez-moi vous dire combien j’approuve et loue votre entreprise charmante et efficace en tous points ». Hélène Vacaresco.
Le 4® “Cahier” publiera le 15 mars 1918