‹ L'hybridite dans la natureChapitre 17 sur 21 · ER VE · texte numérisé non relu

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ferina. C'est en effet de cette espèce, le canard milouin, et de la FF. nyroca que l’on fait descendre ces hybrides, qui paraissent avoir été rencontrés en assez grand nombre. Un couple fut vu, au mois d'avril 1851, dans les environs de Rotterdam, et recueilli par M. de Berg; un autre exemplaire, trouvé sur le marché de Montpellier, est conservé dans le musée de Genève (1). M. Boulenger nous a fait savoir que le British Museum en possède. Ces oiseaux sont encore connus sous les noms de Fuligula intermedia et de Fuligqula ferinoides.

L’Anas purpureo-viridis, produit supposé de la Carina moschata et de l'Anas boschas, mérite aussi une mention spéciale; car cet ‘oiseau a été décrit comme race énigmatique par M. Schinz, dans sa Faune européenne, et mis provisoirement au rang d'espèce par M. de Selys, dans sa Faune belge (2). Plusieurs individus de ce genre ont été rencontrés à l’état sauvage. Les deux premiers, tirés sur le lac de Genève en avril 1815 et en mars 1824, figurent au musée de Lausanne ; deux autres furent tués sur le lac de Constance ; un autre a été recueilli à Abbeville, le 20 novembre 1818; puis en décembre 1835 (3) M. de Selys-Longchamps a été assez heureux pour abattre une femelle à Longchamps-sur-Geer; enfin, M. Van Beneden a eu entre les mains un mâle, provenant des environs de cette localité. D’autres oiseaux semblables ont été vus également sur les lacs de Lombardie (4).

Comme ils présentent les mêmes caractères, on serait disposé à les prendre pour une véritable espèce ; cependant beaucoup de ceux qui les ont examinés les ont rap-

(1) Communication qui nous a été faite par M. Godefroy Lunel, conservateur du musée de cette ville. |

(2) Liège 18492. 1r° partie. M. de Selys-Longchamps en donne une description.

(3) Voy. pour ces renseign. Schinz, Europ. Fauna.

(4) Bulletin de l'Académie royale de Belgique, t. XII. Nous mentionnerons un 7° exemplaire dans la collection Gurati, de Milan, probablement tué sur ces lacs. l

portés à des productions hybrides : ils sont en effet presque tous mâles; Degland et Gerbe (1) tiennent à les considérer comme venant du croisement de VA. boschas et de la C. moschata. L'Anas bicolor (Donavan), d'après M. Jenyus (2), aurait la même origine.

Enfin, d’après M. de Selys et M. Berkeley (3) /Field, 16 mars 1861), l'Anas glocitans (de Gmel.) et l’Anas bimaculata (de Keyserling) ne seraient qu'une production hybride de l'A. boschas et de la Dafila Penelope. M. Alfred Newton (4), tout en s'inclinant devant de semblables autorités, pense plutôt que cet oiseau descend du Canard sauvage et de la Sarcelle /Querquedula crecca), comme la déjà suggéré, ajoute-t-il, M. Tomes et aussi M. Bartlett, dans le Zoologist. Il est arrivé à cette conclusion, non seulement à la suite d'observations répétées sur des spécimens décrits par Vigors (Linn. Trans. XIV, p. 559), mails aussi pour avoir vu plusieurs oiseaux de cette sorte dans différentes collections.

M. Wiepken, directeur du musée d'Oldenbourg, nous a informé qu'il possédait un hybride d’Anas strepera et d'Anas clypeata, pris vivant à Mecklembourg. Il associa à des Canards, et observa souvent des accouplements ; mais les œufs demeurèrent toujours clairs. L'expérience fut faite pendant trois années.

Dans le genre Anas, nous avons encore à citer l’accouplement de lAnas boschas avec l'Anas obscura mentionné par Morton (5). Cette dernière espèce produit avec l'A. acuta. Un sujet auquel on attribue cette origine se voit dans le musée de M. Reïd à Doncaster (6). Un autre,

(1) Op. cit., p. 41. ,

(2) Cité par Degland, p. 471.

(3) Ces deux auteurs cités par Alfred Newton, Proceedings of the Zoological Society, p. 392. 1861.

(4) Proceedings, p. 392. 1861.

(5) Cité par Selys-Longchamps. Nous ignorons toutefois s’il s'agit ici d’un hybride produit en captivité.

(6) Magazine of natural history, vol. IX, p. 107. 1836.

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tué près de Newcastle-sur-Tyne en février 1835, se trouve chez M. W.-C. Trevelyan à Wellington (1). M.de Selys-Longchamps (2) en possède un troisième, dont il donne la description. Nous en savons un quatrième, dans la collection de M. Lacroix. Cet exemplaire a été tué dans la banlieue de Toulouse, près Blagnac-sur-Garonne, sur les bords du fleuve, en 1853, d'après la communication qui nous a été faite. La collection Curati de Milan, le musée des Vertébrés de Florence et le British Museum en possèdent ; cet hybride figure, du reste, dans presque toutes les collections; on le rencontre même sur les marchés. D’après Degland, il n’y a pas d'espèce qui, à l'état sauvage, se croise plus facilement que le Pillet acuticaude avec le Canard sauvage. En 1859 M. G. Elliot avait exposé à la Société zoologique de Londres un specimen tué sur la côte sud de Long Island et qui a été consi- déré comme ayant cette origine.

Nous mentionnerons encore, l’hybride de l'A. crecca et de l'A. boschas, et un autre qui se voit au musée de Paris (3), que l’on pense provenir du Canard souchet et du Canard de Barbarie ; ce dernier hybride, tué par M. Dybowski, à la fin de l’année 1886. M. Oustalet, qui a bien voulu nous signaler ce spécimen, nous dit que peutêtre il était échappé de quelque basse-cour. M. le C"° Pegli Odi possède dans sa collection un hyboide naturel de Dafila acuta et de Querquedula crecca, et un autre produit de cette dernière espèce avec Marecca penelope.

Enfin, M. de Selys-Longchamps cite dans sa récap. des hybrides des Anatidés un individu tué en Allemagne comme produit douteux de $. clypeata et de D. acuta.

La famille des Fuliguliens contracterait des alliances

(1) Dans le Northumberland, Mag. of natur. history, vol. VIII, p. 509.

(2) Mém. del Académie de Belgique, t. XXIIT; cite exemplaire mâle adulte, qui aurait été pris, dit-on, à l'état sauvage. |

(3) Dit M. de Selys, t. XXIII. Nous ignorons toutefois si cet oiseau a été tué à l'état sauvage.

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dans le genre Querquedula. Morton, d’après Pritchard (1), cite l’accouplement de la Fuligula cristata plongeur huppé) avec l'Anas querquedula (canard sarcelle).

Plusieurs autres espèces de Fuligules se marieraient aussi entre elles : la Fuligula ferina, Linn. et la Fulix cristata, Ray, d'après M. le comte Ettore Arrigoni degli Odi, qui en a donné le premier une description dans l Afeneo Veneto (2), et la F. spectabilis (plongeur élégant), avec la F, mollissima (plongeur eider); toutefois aucune certitude n’est donnée au sujet de ce dernier croisement (3). M. de Selys possède dans sa collection un hybride de fuligula nyroca et de f. cristata, tué à l'état sauvage, et un produit tout à fait extraordinaire qu'on pourrait peut-êlre attribuer au croisement de F. clangula ? avec F. marila ? M. le D Marmottan nous fait savoir qu'il en possède un autre produit probable de F. cristata avec F. marila. M. Newton avait donné dans les Proceedings de 1860 la figure d'une fuligule produite probablement par le croisement de F, collaris et F. americana.

Nous aurions encore à parler de plusieurs autres hybrides appartenant à divers genres de la famille des Anatidés, mais l’espace nous manque.

Dans la famille des Ansériens nous ne trouvons à signaler qu'une oïe bernicla, qui produisit avec une oïe du Canada dans une île de la propriété de M. Waterton en Angleterre. — Encore est-il que ces deux oiseaux, redevenus à moitié sauvages, paraissent avoir tout d'abord vécu ensemble à l’état de domesticité dans la propriété où ils se reproduisaient (4). Ajoutons que l’Anser Bruchi Brehm,

(1) Cité par Selys-Longchamps, 1859, mais nous HAMPDDS si cet hybride a été tué à l’état sauvage.

(2) Note ed osservazioni sopra un ibrido non ancora descritto. Venezia, 1887.

(3) Voy. Selys, t. XXIIT, et Degland, t. 11, p. 587.

(4) Nous donnons ce fait avec beaucoup de réserves, n'ayant pu retrouver dans nos notes qu'une partie du récit de M. Waterton, paru dans Essay of natural history, 5° édit. London, 1844,

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d'après M. de Selys, serait un hybride ou un jeune âge d'Albifrons où d'A. arvensis (1).

Dans l’ordre des Palmipèdes longipennes nous devons mentionner l’accouplement probable de la Sterne hirundo avec la Sterne paradis; M. Hardy (2) croit avoir acquis la certitude que ces deux espèces, qui ont été confondues Jusqu'en 1819, produisent des hybrides,

Échassiers.

Enfin l’hybridité se manifesterait dans l’ordre des Échassiers coureurs. Le Courlis à bec grêle, dit Degland (3), doit s’accoupler quelquefois soit avec le Courlis cendré, soit avec le Courlis corlieu, et de ces alliances accidentelles résultent des métis, qui ont été décrits comme espèces. — « Tels sont le Numen sungenicos (Van der Mühle, Beitr. zur Ornith. Griechenlands) et Numen hostatus (Contarini, Venezia e le sue laqune). Le premier, selon toute probabilité, n’est qu'un hybride du Courlis à bec grêle et du corlieu ; le second serait également un hybride de ce même Courlis à bec grêle et du Courlis cendré ». M. Lacroix, de Toulouse, nous a fait savoir qu'il a dans sa collection un hybride de Héron cendré et de Héron pourpré. Cet individu a été tué dans les ramiers de Braguesselle à 8 kilomètres au sud de Toulouse, en février 1854. Ce sont les deux seuls exemples que nous connaissions chez les Échassiers.

Gallinacés.

Les anciens ont constaté l’ardeur immodérée de ces oiseaux à l’époque des amours. En parlant des perdrix, Aristote va jusqu’à dire que les mâles se cochent entre eux

(1) Voy. Rev. et Mag. de zoologie, n° 3, 1857. (2) Cité par Degland, Op. cit., t. II, p. 459. (3) Op. cit., t. II, pp. 161 et 162.

On —

et satisfont même leurs désirs sur les petits. Buffon, qui rapporte ces faits en les admettant, cherche à les confirmer, et1l ajoute que les mâles des perdrix rouges, lorsqu'ils sont bien animés, ne peuvent entendre le cri de leurs femelles sans répandre leur liqueur séminale. Si la nourriture abondante de nos champs cultivés est capable de porter les volatiles qui les habitent à de tels excès, ce dont nous doutons, du moins ceux-ci cherchent bien rarement à contracter des alliances avec des individus spécifiquement distincts, et c’est à peine si, chez les perdrix, on rencontre quelques hybrides douteux. Voici, du reste, les exemples que nous avons pu recueillir dans cette famille.

L'exemple le plus connu est celui que cite Dureau de la Malle, dans les Comptes rendus de l Académie des sciences (1).

Dans la partie du Perche où se trouvait son domaine, la Perdrix rouge, surtout la grosse Bartavelle ou Perdrix grecque, formait le tiers de ce genre; mais en 1854 la Bartavelle rouge avait presque entièrement disparu ; néanmoins, depuis plus de dix ans, le garde rapportait qu'on avait aperçu des Perdrix rouges avec des ailes de Perdrix grises. Il parvint un jour, sur les indications que Jui donna Dureau de la Malle, à découvrir dans le territoire de Colonard, situé entre deux grands taillis, le produit à l'état sauvage de la Bartavelle grecque femelle, avec un mâle de Perdrix grise nommée la Roquette, étrangère aussi et originaire des Pyrénées-Orientales. Dureau de la Malle pensa que la Bartavelle, pressée sans doute par la violence de ses désirs, «et ne trouvant plus dans le canton qu'elle habitait de mâle de sa race, avait contracté cette union avec le mâle de la Roquette. « Cette circonstance explique à la fois, dit-il, la rareté des métis, et la persistance (plus de 15 ans) du produit à l’état sauvage et toujours fécond de deux étrangers. »

(1) T. XLIII, pp. 783-784, ann. 1865.

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