‹ L'hybridite dans la natureChapitre 5 sur 21 · AE CR · texte numérisé non relu

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vait sur des feuilles de pêcher, dans les premiers jours de juin, elle était donc, dit Rossi, en avance d’un mois sur les autres de son espèce, que, de fait, on ne voyait pas encore. Le manque de femelles de son espèce l’aura forcée à rechercher l’Ælater, union difficile à contracter à cause de la dissemblance des parties génitales. Marsham observe de son côté un croisement entre une Coccinelle et une Chrysomèle (1); M. Hope en mentionne un autre entre un Buprestis et un Elater (2) et, d’après Müller, Westwood (3) aurait observé un accouplement entre Donacia simplex et Apoderus coryli. On en a encore cité entre Élater et Telephorus (4), et entre des Dorcadions et des Heteromeres (5). Aucun de ces accouplements, sauf chez les Coccinelles, ne parait avoir été déclaré fécond. Cependant M. Carpentier, d'Amiens, nous a fait savoir qu'un de ses amis qui à étudié spécialement les Gyrins a remarqué des formes de passage entre espèces de ce genre, vivant ensemble, et il est convaincu de leur croisement; toutefois son opinion est toute hypothétique. M. Bedel nous informe aussi qu'il à signalé dans sa Fau. d. Coléop. un Amara présumé hybride. Le Dict. de Vorepierre, que nous n'avons pû consulter, mentionnerait quelques autres hybrides.

L'ordre des Lépidoptères nous fournit aussi plusieurs exemples d’accouplements entre espèces distinctes, mais peu dissemblables, au moins appartenant à un même genre ou à une même famille ; encore y a-t-il des genres considérables, où rien de semblable n'a été signalé.

Nous nommerons d'abord les Zygènes. M. Treitschke a souvent eu la preuve que la Z. filipendulæ s’accouple avec Z. ephialtes jaune; il en prit cinq paires en 1817, et suppose que la Z. ephialles rouge doit sa naissance à cet

(1) Observations communiquées à Westwood par le D' Haworth. (Trans of the entomolog. Society. 1841-1843.)

(2) Proceedings, p.83. Vol. I, cité. par Westwood.

(3) Transact. 1841-1843.

(4) Voy. Catalogue de M. des Gozis.

(5) Comm. faite par M. de la Brüûlerie à M. de Verrin.

TD

accouplement. M. Lefebvre, lors de son passage à Vienne, en vit dans sa collection deux couples se tenant encore ensemble (1), mais on regarde aujourd’hui ces deux types comme des variétés d’une même espèce. Stein dit que lon rencontre souvent Z. minos accouplée avec Z. peucedani (2). Boisduval trouva plusieurs fois la filipendulæ unie à la peucedani et la trifolii avec l'hippocrepidis. Il fit pondre des femelles pour savoir si leurs œufs avaient été fécondés ; il ne fut jamais assez heureux pour les voir éclore (3). M. Gossens obtint un meilleur résultat avec Mippocrepidis qu'il trouva à Paris en croisement avec peucedani; les œufs éclorent, mais les produits moururent bientôt sans cause apparente. Hippocrepidis et fausta, rencontrés ensemble à Lardy, donnèrent aussi de petites chenilles qui paraissent ne pas avoir vécu. Au même endroit M. Gossens captura une hippocrepidis avec un anneau abdominal comme en possède fausta.

On peut encore mentionner des accouplements de Z. filipendulæ avec Z. loniceræ et minos, d'après Ochsenheimer(4).

MM. Ch. et R. Oberthür, de Rennes, possèdent une Zygæna minos ou achilleæ qui tient autant de minos que d'achilleæ, et une Zygæna scabiosæ-loniceræ paraissant bien résulter d’un accouplement hybride. Ils ont encore une Zygæna filipendulæ et une Zygæna achilleæ prises en accouplement. Enfin ces messieurs ont signalé dans leurs travaux entomologiques la rencontre faite par eux-mêmes d’une Zygæna accouplée avec une Procris. C'est le seul cas, nous disent-ils, où ils ont constaté l’alliance entre deux espèces éloignées. Le D’ Staudinger nous fait savoir que, pendant un récent voyage en Algérie, un de ses amis a trouvé en accouplement, près de Lambèse, une Zygæna avec un Îno.

Chez les Eryciniens, M. Klopsch a décrit une variété

(1) Annal. de la Société entomologique de France, t.I. Paris, 1832. (2) Isis, von Oken, p. 343. Leipzig, 1835.

(3) Essais sur une monographie des Zygènes, p. 5. Paris, 1829. (4) Die Schmetterlinge von Europa, Band II, p. vin. Leipzig, 1808.

remarquable, probablement, dit Hagen (1), un hybride de Lycæna adonis et L. alexis.

Dans la famille des Papilloniens nous citerons un papillon considéré comme hybride par M. Stein, qui l'a capturé, il serait le produit de laccouplement de Maniola pamphilis avec M. iphis. Tous les collectionneurs qui l'ont vu sont, paraît-il, d'accord sur ce point.

Les. papillons du chou, Pieris brassicæ, de la rave, P. rapæ, et de la moutarde, P. sinapis, se mêlent ensemble (2). Des croisements fréquents ont lieu entre les grands papillons bleus et rouges de l’Amazone, dont les produits présentent, plus ou moins accentuées, les nuances des deux espèces, et forment le passage de lune à l'autre (3).

M. Semper a voulu voir dans le Pammon à queue une forme hybride. Il fait remarquer que, dans les îles des Indes-Occidentales, existent de nombreuses espèces de papillons, parmi lesquelles lespèce appelée Pammon, remarquable en ce que le mâle prend deux formes bien distinctes. La différence consiste en ce que l’une porteaux ailes une queue pareille aux hirondelles, tandis que l’autre n'en à point. Is sont encore différents par la couleur. Les analogies, d’après l’auteur allemand, proviennent de lhybridation d'espèces différentes ; mais il à soin d'ajouter que c’est une hypothèse (Sammlung gemeinverständlicher…etc., série XIV. Ueber die Aufqabe der modernen Thiergeographie. Berlin 1879). Nous ferons remarquer à ce propos que Wallace passe sous silence la diversité des mâles, et parle au contraire de celle de femelles,’ dont l’une ressemble beaucoup au mâle et l’autre en diffère complètement. (La sélection naturelle, trad. de V. de Candolle, p. 149. Paris 1872.)

Doit-on, chez les Nymphaliens, dans le genre Satyrus,

(1) Eut. Zeitung. p. 232. 1858.

(2) Nouv. dict. d'hist. naturelle, t. XX, p. 489. Paris, 1818.

(3) Bull. Soc. d'acclim., 1882, p. 118; communication de M. Pichot.

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