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titude de ce principe relativement à la prétendue Brême de Leuckart (Abr. Leuckartii Heckel, Abr. Heckelii Selys). Il a introduit un certain nombre de Brêmes ordinaires dans un étang à Longchamps-sur-Geer, où L. rutilus existait déjà, et après trois ou quatre années il y trouvait quelques Brêmes de Leuckart, produits du croisement de Abr. brama et de Leuciscus rutilus. De même, depuis lintroduction de l'A. brama dans son étang de Longchamps, où se trouvaient des erythrophthalmus, 11 a observé quelques exemplaires hybrides, produits par le croisement de ces deux espèces. Nous ajouterons à ces faits qu’un propriétaire de l'Yonne, ayant mis dans un petit étang des carpes et des poissons rouges (Cyprinus auratus), trouva, au bout de quelques années, des poissons paraissant hybrides de ces deux espèces.
Dans son savant travail, M. de Selys-Longchamps a dressé une liste des hybrides connus chez les Cyprinidés ; il les croit stériles.
Chez les Clupes qui appartiennent au même ordre, c’està-dire à l’ordre des Malacopterigiens abdominaux on cite les produits de Clupea harangqus et C, pilchardus, et de cette dernière espèce avec Alosa, communication qui nous est faite par M. Day.
Le docteur Fatio doit indiquer dans le 2° volume de ses Poissons, qui paraîtra à la fin de l’année, d’autres hybrides chez les Salmonidés, groupe des Corégones. Il aurait observé plusieurs faits de croisement chez ces derniers. Déjà Siebold (1), à l'article Trutta fario, après avoir examinéles variations de couleur chez les Truites,avait émis la pensée que ces diverses variétés pouvaient provenir du croisement des Truites de mer avec celles de rivière. Mais il ne citait aucun fait spécial. En attendant l'apparition du 2° volume des Poissons de la Suisse, qu'on nous permette de dire quelques mots sur ces espèces.
On sait que depuis plusieurs années les fécondations artificielles parmi les Salmonides ont pris une grande
(1) Op. cit., p. 321,
extension ; elles sont pratiquées sur une vaste échelle à peu près dans tous les pays de l’Europe, en Amérique, au Canada et aux États-Unis, et même en Océanie; elles ont pour but de repeupler les cours d’eau et d'introduire des races étrangères (1). — De nouvelles espèces se trouvent ainsi en contact avec les anciennes ; il serait très intéressant de savoir si des mélanges se sont opérés. Nous avons pris et nous prenons encore des renseignements ; l'enquête que nous avons faite ne nous a donné Jusqu'ici que peu de résultats, parce que beaucoup d’alevins périssent ou sont dévorés dans les eaux. Dans les rivières où ils ont prospéré, nous n'avons pu recueillir aucun exemple de croisement. Nous avons appris cependant (2) que dans les lacs de la Suisse, où on avait introduit des hybrides de Saumon et de Truite, on avait pris de fort beaux sujets ; mais ces produits, excellents pour la table, sont peu féconds. Cette communication de M. le D’ Delachaux nous est confirmée par celle de M. le D° Vouga qui nous écrit que de l'introduction d'espèces étrangères il est résulté une vaste confusion dans les espèces anciennes, à tel point qu'on ne peut plus différencier ces dernières des nouvelles; la confusion se serait spécialement produite chez les Corégones. Cependant nous devons faire observer que le D’ Fatio, qui s’est occupé tout particulièrement de ces questions et a signalé un assez grand nombre dhybrides de Cyprins dans le 1° vol. de sa Faune suisse, n'a encore aucune observation sur ces prétendus mélanges, entre Salmonides et Corégones, nous écrit-il dans une lettre reçue le 25 mars dernier. On nous permettra donc de faire quelques réserves en attendant de nouveaux renseignements, quoique dans le lac de Berhtesgaden et dans quelques lacs de la Haute-Autriche on
(1) Veut-on ramener cette prospérité qui existait au moyen âge, alors que les poissons étaient si abondants que l’on mangeait des truites salées ou séchées ? Voy: Traité de pisciculture pratique, par Bouchon-Brandely, p. 468, cité dans Bull. Société d’accl., 1876, p. 809.
(2) Par M. Delachaux, président de la Société oberlandaise de pisciculture,
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rencontre des produits de Salmo Salvelinus et Trutta fario lacustris, hybrides recounus inféconds (1). On sait du reste que chez les Saumons la validité de plusieurs espèces est très contestable. |
Il nous reste maintenant à parler de plusieurs hybrides appartenant à des genres tout à fait distincts de ceux que nous avons nommés, faisant partie de l’ordre des Mala- Coptérygiens Subrachiens En 1885, dans les Proceedings of the zoological Society of London, M. F. Day décrivait un hybride supposé entre Pleuronectes limanda et P. flesus. Ce poisson venait de Brixham ; il fut acheté par M. Day dans la boutique d’un marchand de poisson à Cheltenham. Certains des caractères qu'il présente sont ceux de la Limande et du Carrelet. M. le professeur Braun, de Rostock, nous fait aussi savoir que le D’ Krause a décrit, dans Archiv des Vereins der Freunde der Naturgeschichte, XX XV, 1881, « un poisson dont la forme du corps peut laisser croire à une hybridation de Platessa vulgaris par Platessa flesus ou de Platessa vulgaris par Rhombus maximus; mais, au sentiment du professeur Braun, cet exemplaire doit être considéré comme variété de Pleuronectes platessa. — Des hybrides auraient encore été observés entre Rhombus maximus et R. lævis. On pourra consulter Les Poissons de la Baltique, Berlin 1883, où M. Mœbius parle d'hybrides ou de variétés chez des Pleuronectes, ainsi que l’{ntroduction to the Study of fisches, du D’ Gunther (2). On conserve au British Museum le produit de deux espèces de Pleuronectes. Enfin dans l’ordre des Acanthoptérigiens, M. Jordan nous signale un hybride entre le Scomber scombus et S. colias ; il a vu aussi quelques hybrides dans le genre Lutjanus.
(1) Voy. Zoologishe Garten. Frankfurt 1875. p. 156. (2) Edimbourg, 1880,
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