CONCLUSIONS
I. — Les ophtalmologistes ont constaté la présence fréquente du symptôme hydarthrose chez les malades atteints de kératite interstitielle hérédo-syphilitique. L'hydarthrose chez ces malades a été beaucoup plus souvent rencontrée que le symptôme surdité. Aussi a-t-1] paru nécessaire de transformer la triade classique d'Hutchinson en tétrade (CANTONNET), en y incorporant le symptôme hydarthrose.
Il. — La présence de cette hydarthrose qui ne diminue pas sensiblement l’activité du malade, est rarement signalée au médecin qui examine la kératite. Aussi comprend-on que cette hydarthrose, lorsqu'elle constitue le premier et l’unique symptôme apparent de la maladie hérédo-syphilitique du sujet, soit souvent méconnue : le malade ignore sa lésion, ou bien il ne consulte pas. S'il consulte, le médecin ne pense pas toujours à la possibilité d’une étiologie hérédo-syphilitique.
IT. — Cette étiologie hérédo-syphilitique sera fortement soupçonnée toutes les fois que l’on se trouvera en présence d’une hydarthrose à début insidieux, aphlegmasique dans son développement, indolore, bilatérale et symétrique, chronique dans son évolution.
La ponction exploratrice, qui permettra de constater parfois la polynucléose paradoxale fréquente du liquide et la positivité maäxima dans ce liquide du Wassermann, sera fréquemment pratiquée
IV. — L'hydarthrose hérédo-syphilitique tardive est souvent confondue avec une hydarthrose tuberculeuse, ou avec une hydarthrose post-traumatique.
Le diagnostic différentiel, en raison de la diversité des conséquences thérapeutiques, est très important.
Toute hydarthrose tuberculeuse qui ne fait pas sa preuve, toute hydarthrose post-traumatique dont l’évolution est traînante devra être considérée comme suspecte. Un examen clinique approfondi, la ponction exploratrice suivie de l’analyse du liquide préciseront le diagnostic.
V. — La thérapeutique de l’hydarthrose hérédosyphilitique tardive, si elle ne vise que la disparition rapide de cette hydarthrose, est insuffisante. On ne doit pas oublier, en traitant ce symptôme et après sa disparition, qu'il faut avant tout considérer la maladie hérédo-syphilitique du sujet, dont l’hydarthrose n'a été que le symptôme révélateur.
Le traitement d'attaque par le bismuth sera le plus possible évité ; ce médicament est mal supporté en cas de lésions osseuses.
Or, si cliniquement et radiologiquement la fréquence de l’hydarthrose hérédo-syphilitique tardive type Clutton, dans laquelle le processus est uniquement localisé à la synoviale, nous paraît grande, nous ne pouvons pas affirmer, anatomiquement. l'intégrité osseuse Juxta-articulaire ou à distance. Nous nous abstiendrons donc d'attaquer au bismuth dans ces cas et, à plus forte raison, s'il s’agit d'une hydarthrose hérédo-svphilitique tardive type Alfred Fournier, dans laquelle les lésions osseuses juxta-articulaires sont décelables, cliniquement et radiologiquement.
Vu : vu:
Le Doyen, Le PRÉSIDENT, ROUSSY GOUGEROT
Vu et permis d'imprimer Le RECTEUR DE L'AGADÉMIE,
CHARLÉTY.