‹ L'hydarthrose périodiqueChapitre 13 sur 18 · EME TES · texte numérisé non relu

EME TES

avec des hydarthroses bacillaires évoluant par poussées, mais dont le liquide tuberculise le cobaye.

Quant aux épanchements syphilitiques, les réactions sérologiques les identifieront.

Un traumatisme, entorse du genou, ou un corps étranger articulaire, reliquat d’une affection traumatique, peuvent déterminer des poussées répétées d’hydarthrose ; l’interrogatoire et l’examen permettront de déceler l’origine de ces épanchements.

Cependant nous reviendrons sur le rôle possible de ces diverses affections traumatiques ou infectieuses dans l’étiologie de l’hydarthrose périodique.

ÉTIOLOGIE ET PATHOGÉNIE

Tous les auteurs sont d'accord sur la description clinique de l’hydarthrose périodique.

Plusieurs théories ont été émises pour en expliquer les causes.

Nous exposerons successivement Îles antécédents que nous avons relevés dans soixante-trois observations et les considérations qui peuvent étayer où infirmer telle ou telle théorie traumatique, infectieuse, toxique ou endocrinienne.

Enfin nous discuterons la théorie sympathique.Disons de suite que ces théories ne s’excluent pas les unes les autres. Traumatismes, infections, intoxications retentissent sans doute sur l'équilibre vago-sympathique, régulateur de la vaso-motricité et dont le trouble peut seul rendre compte des poussées hydarthrodiales.

Traumatisme

ILen est fait mention dans huit observations :

GRANDIDIER (1881) : Entorse du genou survenue deux ans avant les manifestations d'hydarthrose périodique.

ByLickt (1874) : Traumatisme du genou ayant précédé

immédiatement les premières poussées périodiques.

Kozse (1881) : Faux pas suivi de douleur intense du genou gauche.

Le MÊmE (1896) : Chute sur le genou trois ans avant l’hydarthrose périodique.

BRACKET et Corron (1901) : Première attaque après léger traumatisme.

LiNBERGER (1901) : Trauma du genou un an auparavant.

MicaeLowskyY (1912) : Luxation de la rotule gauche en dehors suivie d’hydarthrose considérable d’une durée de trois mois.

Récidive cinq ans après.

Ce n’est qu'après plusieurs poussées d’hydarthrose intermittente gauche et droite qu'apparait le syndrome périodique.

Observation II. — Trauma du genou ayant précédé l’hydarthrose.

En somme, on trouve notion de traumatisme dans un peu plus d’un dixième des cas ; encore ne faut-il tenir compte que de ceux qui sont assez nets et qui ont été suivis assez précocement de manifestations articulaires. La fréquence en est donc singulièrement diminuée.

Infections

1) Paludisme.

L’allure cyclique, si mystérieuse, de l’hydarthrose.

périodique a orienté la recherche dans les antécédents /

des malades d’autres affections également cycliques :

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il en est d’ailleurs assez peu ; tel est pourtant le paludisme dont la périodicité est fonction du cycle du parasite. |

Dans certains cas, on trouve des antécédents paludéens nets : Moore (1867), Seliegmuller (1880), Marsh (1906).

Dans d’autres, il y a eu amélioration des signes locaux par la quinine : Moore (1867), Grandidier (1871), Bruns (1872), Healy (1908) ; mais ces améliorations n’impliquent pas la certitude de l’origine parasitaire.

Dans l'immense majorité des cas, ou bien la quinine a élé sans effet, ou bien les antécédents paludéens manquent totalement.

Dans l’observation IT, nous voyons que le malade a contracté le paludisme neuf années avant ces premières atteintes d’hydarthrose périodique.

L’ancienneté des manifestations cliniques n’a que peu de valeur lorsqu'il s’agit d’une affection de longue durée comme le paludisme ; néanmoins, pendant plus de huit années représentant son séjour en France, le malade a été absolument indemne de toute manifestation fébrile ou autre ; l'examen au moment des poussées articulaires n’a révélé ni gros foie, ni grosse rate ; on n'a pas trouvé d'hématozoaires dans le sang.

2) Rhumatisme articulaire aigu.

Il est très rare. Nous ne le trouvons que dans deux observations : Goix (1886) et Blanc (1897).

3) Gonococcie.

Il en existe des antécédents nets chez trois malades : Veiss (1898) présente l'observation d’un malade qui, après une blennorragie, fut atteint trois mois plus tard de polyarthrite des genoux et des articulations du pied ; dans la suite apparut une hydarthrose du genou, d’ailleurs plus intermittente que périodique. Ces hydarthroses intermittentes ne sont pas rares au cours de la gonococcie.

Un malade de Benda (1900) eut six ans après une blennorragie des douleurs rhumatismales intermittentes des articulations scapulo-humérales et tibio tarsiennes ; ensuite apparut unehydarthrose périodique des genoux.

Dans l'observation III, nous voyons que le malade eut une urétrite gonococcique compliquée trois mois après d’orchi épididymite ; la première poussée d’hydarthrose avait débuté quelques jours avant l’orchite ; cet épanchement périodique dure depuis deux ans. Le malade ressent de temps à autre quelques douleurs intermittentes au niveau de l’articulation du poignet droit ; mais l'examen génital est négatif ; il n’y a pas de gonocoque à l'examen direct ni après culture du liquide articulaire.

Syphilis.

Il en est fait mention par Chauvet (1884) : son malade aurait eu une « syphilis grave » sept années avant l'apparition de l’hydarthrose périodique.

M. le D' Gandy a bien voulu nous communiquer

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l'observation d’une malade atteinte de poussées, d’ailleurs assez espacées d’hydarthrose périodique accompagnées d'aménorrhée après quelques années ; le seul symptôme surajouté fut une albuminurie rebelle à la diététique habitueile ; les épanchements cessèrent ; enfin apparurent deux manifestations inattendues : une périostite tibiale et une kératite interstitielle dont la nature syphilitique fut vérifiée par une réaction de Wassermann.

L'auteur se demande si l’on ne pourrait pas rattacher toutes ces lésions à une même cause : la spécificité.

Tuberculose.

L'existence de manifestations tuberculeuses chez plusieurs malades atteints d’hydarthrose périodique ou chez leurs ascendants a permis à certains auteurs d'orienter dans ce sens la pathogénie de ces épanchements articulaires.

On a noté l'existence d’anénopathies cervicales anciénnes ou récentes dans plusieurs observations : Jousset (1877), Eschricht (1888), Coloma (1892), Senator (1896), Schuller (1908) ; des antécédents héréditaires ou collatéraux chez trois malades d’Eschricht (1888), Brinken (1889) et Colonna (1892).

Mme Michelowsky (Thèse de Paris, 1912), dans l'observation personnelle qu'elle présente, a vu apparaître une tuberculose pulmonaire au cours de l’évolution de l’hydarthrose périodique.

L'injection de corps immunisants Ge Spengler provo-

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quait des manifestations douloureuses au niveau des genoux, siège des épanchements.

Se basant sur ces faits, l’auteur pense qu’il y a fixation de bacilles de Koch sur les zones épiphysaires et décharges toxiques produisant la fluxion articulaire ; une sensibilisation anaphylactique préalable multiplierait les effets de cette tuberculisation locale. Il s’agirait, en d’autres termes,d’un phénomène deKocharticulaire.

Dans les observations qui nous ont été communiquées, il n'existe aucun antécédent bacillaire ; chez trois malades les radiographies des genoux et des poumons ont été pratiquées : elles n’ont révélé aucune altération pathologique. Dans deux cas, le liquide articulaire a été examiné ; à l'examen direct, il ne contenait pas de bacilles de Koch ; des inoculations sous-cutanées ont été faites à plusieurs cobayes ; les uns ont été sacrifiés : ils élaient indemnes de toute lésion tuberculeuse ; les autres ont été systématiquement surveillés en vue de déce:er l'existence possible d’une tuberculose atypique (Bezançon, Paisseau et- Oumansky) ; on a surveillé, dans ce but,les ganglions correspondant au point d’inoculation ; on a pratiqué, chez les cobayes inoculés, des intra dermo-réactions à la tuberculine. Toutes ces recherches ont été négatives.

Glandes endocrines Les troubles thyroïdiens et ovariens, les rapports

existant entre les poussées d’hydarthrose et la grossesse, ont été observés depuis très longtemps.

Dès 1871, Lôwenthal communique l'observation d'une malade atteinte d’un syndrome basedowien assez nel : globes oculaires saillants, pouls à 116 avec température à 37°, palpitations. Les mêmes symptômes sont signalés par Goix et Pletzer (1886) : dans l'observation de ce dernier, il existait une maladie de Basedow {ypique.

Ces troubles alternaient en général avec les poussées d'hydarthrose périodique.

Ribierre, en février 1910, communique l'observation d’une malade dont l’hydarthrose s’accompagnait, au contraire, de signes d'insuffisance thyroïdienne : boulfissure de la face. infiltralion gélatiniforme des mains ne prenant pas le godet, embonpoint excessif, modifications de l’état psychique de la malade qui devint indifférente, apathique, inapte au moindre effort, incapable de fixer son attention : les poussées auriculaires diminuërent d'intensité après opothérapie thyroïdienne.

Son élève Marquet (Thèse de Paris, 1910), note les rapports du syndrome d’'hydarthrose périodique avec un certain degré de dysthyroïdie et l’action favorable de la médication thyroïdienne ; mais il considère qu'il ne faut pas étendre cette étiologie à toutes les hydarthroses périodiques.

Signalons que dans l'observation 1, le métabolisme basal était normal.

Les troubles ovariens ne sont pas moins fréquents chez les malades atteints de cette affection : puberté tardive (Bruns, 1872 : Kolbe, 1881); dysménorrhée (Rejou, Thèse de Paris, 1877; Fiedler, 1881). Gandy présente en 1910 l'observation d’une malade dont l’hy-

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darthrose périodique a été précédée d'aménorrhée passagère avec anémie.

L'action suspensive de la grossesse est indiscutable : nous la voyons notée à plusieurs reprises : Moore (1867), Rejou (1877), Panas (1878), Pletzer (1886), Friedenberg (1888), Marsh (1906), Gandy (1910), enfin tout récemment Hermann Schlesinger (1929).

Cet auteur considère que l’hydarthrose périodique est due à un hypofonctionnement ovarien; il admet, qu'après l'accouchement, il existe un état d’hypoovarie qui, en devenant. permanent, détermine l'apparition de l'hydropisie articulaire. L'apparition à la puberté serait due à l'insuffisance ovarienne qui se manifeste très souvent-à cette période de la vie génitale. L'action suspensive de la grossesse sur l’hydarthrose périodique s’expliquerait par la suppléance d’une partie de la fonction ovarienne par l'hormone placentaire; cette hormone dont l’action est, suivant l’expression de l’auteur, - « supérieure » à l'hormone ovarienne, empêcherait l’apparition de la tuméfaction ; celle-ci réapparaît après l’accouchement lorsque l’ovaire insuffisant est abandonné à lui-même. |

L’extrait ovarien a influencé favorablement la malade de Schlesinger; des résultats thérapeutiques ont été peut-être observés ; mais, au point de vue pathogénique, les interprétations de Schlesinger sont des plus discutables.

Elles ne peuvent en effet s’appliquer qu’à un nombre restreint de cas ; de plus, l’hydarthrose périodique n’est pas spécialement rare chez l’homme; nous en avons

"80 La deux cas dans nos observations ; Schlesinger, en cette occurence, admet, par analogie, un hypofonctionnement

des organes génitaux de l’homme; c’est une explication purement hypothétique.

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