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Observation I due à l’obligeance de M. le D’ M.-P. WEIL.
M. H.., éditeur, âgé de quarante-deux ans éprouve tous les ans, depuis vingt-deux années, le phénomène suivant: sans aucun prodrome, le genou droit augmente de volume ; rapidement, on constate des signes évidents d’épanchement liquidien.
Cette phase d’augment dure deux jours.
Pendant la période d’acmé qui n’est d’ailleurs que de vingt-quatre heures, il y a douleur légère et gène de la marche.
Puis l'articulation diminue de volume et revient à la normale en quatre jours.
La durée totale de la poussée esi donc de sept jours.
Elle ne s'accompagne d'aucun trouble général; l'immobilisation n’est que de deux jours pendant lesquels le malade suspend ses occupations.
La périodicité qui est de vingt-huit jours est remarquablement fixe ; à tel point que le malade bifte sur un calendrier les deux jours pendant lesquels l'immobili- | tion est prévue.
Depuis dix ans, les poussées surviennent alternativementau niveau du genou droit et au niveau du genou gauche à vingt-huit jours d'intervalle.
Ces poussées, répétées sans rémission depuis si longtemps, n'ont pas diminué la valeur fonctionnelle des membres inférieurs; dans l'intervalle des crises, on n'observe ni limitation, ni gêne des mouvements, ni craquements articulaires, ni atrophie du quadriceps.
Rien dans les antécédents ne mérite d’être signalé.
L'examen complet du malade ne révèle, en dehors de l'affection signalée, aucune anomalie.
Au niveau des genoux, on ne remarque aucune altération radiographique.
Le réflexe oculo cardiaque est normal.
L’affection s’est montrée absolument rebelle à l’opothérapie thyroïdienne ; il n’a pas encore été fait de tartrate d’ergotamine.
Observation Ill due à l’obligeance de M. le D' WeISMANN-
NETTER.
M. Z..., vingt-deux ans, étudiant, présente depuis deux ans des poussées d’hydarthrose du genou droil. La poussée dure trois semaines pendant lesquelles la gène fonctionnelle est minime; le malade marche en effet comme d'ordinaire.
La phase d’augment dure six jours et se divise en deux stades :
Pendant les cinq premiers jours, le volume de l’épanchement croit régulièrement, mais lentement ; puis brusquement, du jour au lendemain, Penflure devient considérable; ces derniers phénomènes s’accompagnent de frissons.
La poussée se maintient à son acmé pendant quatorze jours. À ce moment, il n’y a aucune gêne fonctionnelle ; le malade n’a plus de frissons, pas de température.
Le genou est volumineux, globuleux ; les méplats sont effacés ; la face postérieure de l'articulation et sur-
cr Ce
tout les culs-de-sacs quadricipitaux sont très distendus. Le choc rotulien existe.
La période de décroit commence le vingtième jour ; jusqu’au vingt-quatrième, elle est progressive; le dernier jour, l’épanchement qui était encore assez abondant disparaît brusquement.
Les intervalles varient de durée ; ils sont de un mois et demi à deux mois; ils sont plus long pendant les vacances, malgré la marche.
Dans l'intervalle des crises, il n’y a aucune gêne fonctionnelle, ni hydarthrose ni ganglions ; mais il existe des craquements articulaires et une légère atrophie du quadriceps.
On ne voit rien d’anormal sur les radiographies du genou et des poumons. Il n’y a pas de stigmates de syphilis. Wassermann négatif. La compression des globes oculaires fait passer le pouls de quatre-vingts à soixantebuit pulsations. Il existe du démographisme.
Une ponction du genou pratiquée lors d’une poussée a permis de retirer un liquide légèrement citrin.
Ce liquide, à réaction de Rivalla positive, contient en nombre égal polynucléaires et mononucléaires intacts. Il contient 80 % d’albumine.
Les ensemencements sur gélose ascite et gélose au sang ont été négatifs.
Les deux cobayes inoculés sous les téguments de la cuisse n'ont eu aucune réaction ganglionnaire ; l’un d'eux, sacrifié, n'avait aucune lésion tuberculeuse ; l’autre en semble indemne après plusieurs mois.
Sete
L'étude des antécédents personnels du malade est intéressante.
Avant la première poussée, en septembre 1927, le malade à eu une blennorragie ; l'écoulement a cessé rapidement ; mais, en décembre, rechute compliquée d’orchi-épididymite (la première poussée d'hydarthrose commençait quelques jours auparavant).
Actuellement les examens clinique et bactériokogique (ensemencement du liquide prostatique) sont entièrement négatifs à ce point de vue.
Signalons cependant quelques douleurs au niveau de Particulation radio-Carpienne droite, survenant, dit le . malade, à l’occasion de fatigues ; elles n’ont aucun caractère de périodicité.
Autre fait notable dans les antécédents : le malade a contracté le paludisme il y a neuf ans; depuis huit ans, aucun accès fébrile ; d’ailleurs le foie et la rate ne sont pas augmentés de volume.
Signalons enfin un traumatisme du genou quelques temps avant l'apparition de l’hydarthrose.
Le malade n’a jamais eu de migraines, ni d'urlicaire, ni de crises d'asthme.
Il a reçu douze injections sous-cutanées de gynergène au début d’une poussée ; il a constaté que l’épanchement a été nettement moins abondant qu’au cours des poussées précédentes, qu’il s’est accompagné d’une gêne fonctionnelle moindre.
La durée de l’accès a été sensiblement la même.
Le malade a été suivi ; on lui a conseillé une nouvelle série d’injections de gynergène, non plus au Cours
PSE PRE" de l’hydarthrose, mais avant la poussée suivante,
comme il a été procédé vis-à-vis de la malade présentée f dans l'observation [ et précédemment guérie. -
Obs. IV due à l’obligeance de M. le D' Ganpy.
Mlle C..., âgée de 25 ans, vient me consulter en avril 1921 pour une enflure du genou gauche survenant par crises répétées depuis de longues années.
C'est à l’âge de seize ans qu'est apparue la première de ces crises. Soudainement, en moins d’une journée, le genou gauche est devenu le siège d’une forte tuméfaction rendant impossible la marche et même les mouvements du membre au lit ; cette enflure a persisté, très volumineuse, pendant environ trois jours ; puis, elle à disparu assez rapidement, ne laissant après elle, les jours suivants, qu’une légère gène à la marche.
Deux mois après, nouvelle crise analogue, tenant le genou « énorme » pendant trois jours.
Près de huit ans se passent, sans incident de ce genre. Puis, en 1919, surviennent, toujours au genou gauche, deux poussées d’hydarthrose séparées par environ un mois d'intervalle. Deux autres surviennent en 1920, l’une assez longue, en janvier et février, l’autre au début de décembre.
Fin janvier 1921, puis fin février, étaient apparues de nouvelles crises.
Toutes ces poussées articulaires procèdent à peu près de la même façon. Parfois, cinq ou six jours avant, la crise est annoncée par quelque gêne dans l'articulation. -
Mais l’enflure du genou est toujours très rapide, DS que soudaine, parfois en une nuit.
L’arliculation, très tuméfiée, est lourde, chaude, mais non douloureuse ; la marche, la station debout, et même les légers mouvements sont impossibles.
Au bout de trois jours en moyenne, l’enflure décroit assez rapidement, en cinq jours environ, quelquefois un. peu plus lentement ; puis, la disparition en est totale et le genou a repris complètement son aspect normal, sans que subsiste de trouble fonctionnel appréciable.
A cette description, malgré l’espacement des poussées plus grand dans ce cas que d’ordinaire, il était facile de reconnaître le syndrome de l’hydarthrose périodique. Mais rien dans l’examen général de la malade ne permettait de la rattacher à aucune cause.
Mile C.…., d’assez grande taille (1 m. 65), de forte constitution (65 kilogs), ne présente aucun stigmate apparent de maladie locale ni générale, ni de trouble. glandulaire. Elle a été réglée à treize ans ; les règles. sont régulières durant huit jours, non douloureuses. La tension artérielle est de 14-9.
Seul l’examen des urines révèle la présence d’une albuminurie frañche (0,50 par litre), totalement ignorée de la malade, sans aucun signe fonctionnel concomitant (sauf peut-être un œdème passager du visage et des mains remarqué deux ans auparavant). |
Les éliminations urinaires, vérifiées ultérieurement, se sont montrées normales (urée : 27 gr., chlorures : 12 gr. 8).
Le AG UE
La malade est soumise au régime lacté ou lacto-végétarien et à l’opothérapie ovarienne. è
En chacune des années 1922, 23 et 24 surviennent encore une ou deux poussées d’hydarthrose. Enfin, après deux aps et demi de silence, en octobre 1926, le genou gauche est pendant une dizaine de jours le siège d’une nouvelle poussée isolée qui reste jusqu'ici la dernière.
L'albuminurie, vérifiée entre temps à maintes reprises, a toujours persisté, malgré une cure à St-Nectaire et, quel que soit le régime, son taux se maintenant aux environs de 0 gr. 50 par litre.
Entre temps, à partir de septembre 1925, donc à trente ans, sont survenus, assez brusquement, de notables troubles de la menstruation. Les règles, jusqu’alors régulières, ont cessé brusquement pendant plusieurs mois conséculifs et à plusieurs reprises. Elles ont reparu seulement en jauvier, en août, en novembre 1926, puis en avril 1927 ; enfin, pour la dernière fois en janvier 1928 (32 ans), l’aménorrhée étant complète entre temps et depuis ce moment définitive. Seules les bouffées de chaleur habituelles ont accompagné cette disparition des règles, laquelle a résisté aux divers moyens opothérapiques (agomensine, gynocrinol...) ; le poids corporel n’a subi que des modifications légères dans un sens ou dans l’autre.
Ce grave déficit ovarien, malgré son apparition postérieure à l’hydarthrose, paraissait bien justifier l’idée déjà émise d’une relation entre les poussées d’'hydarthrose périodique qu'avait eues auparavant la malade, quand certains accidents ‘imprévus sont venus soule-
0) Ce ver un problème pathogénique du plus haut intérêt.
En juillet 1927, à 32 ans, Mlle C..., bien constituée, je l'ai dit, et ne présentant aucun stigmate dystrophique suspect, est prise d’une poussée de périostite de la partie supéro-moyenne de la face interne du tibia gauche, avec légère tuméfaction, œdème, sensibilité vive sur l’étendue d’une paume de main. Le diagnostic. ne peut prêter à confusion : il s’agit d’une périostite dont la nature hérédo-spécifique ne peut faire de doute. La réaction de Wassermann est franchement positive. Nous apprenons de la malade que son père est mort subitement à 52 ans, seule indication que nous possédions, sa mère et ses sœurs n'ayant pas accepté de se soumettre aux investigations conseillées.
Sous linfluence du biiodure d’abord, de la médication arsénicale ensuite, de la pommade mercurielle, la périostite se résoud lentement et il ne reste plus désormais qu’une légère saillie de la face tibiale à peine perceptible.
En avril 1928, le Wassermann est encore fortement positif, l’albuminurie ne s’est pas modifiée.
Au début d'octobre 1928 nouvelle manifestation d’hé: rédo-syphilis tardive sous forme d’une kératite interstitielle intense de l’œil droit, avec légère iritis de l'œil gauche (D' Onfray). La malade est traitée par des séries de piqûres de cyanure ; la kératite s'améliore assez rapidement, ne laissant, après quelques mois, qu’une légère taie excentrique. ;
En mai 1929, après ce traitement prolongé par le cya- . nure, on constate pour la première fois que l’albumi- BEAUGEARD k
nurie a disparu ; elle n’a pas reparu depuis. L'aménorrhée, nous l'avons dit, persiste toujours. Actuellement (27 décembre 1929), la réaction de Wassermann est encore très positive.
En face de cette périostite tibiale et de cette kératite interstitielle dont la nature hérédo-syphilitique ne fait aucun doute, de cette albuminurie datant de loin et qui n’a cédé qu’au cyanure, malgré cette aménorrhée persistante qui est, sans doute, elle aussi, un effet de la même cause, il est difficile de ne point penser que, dans ce cas particulier, la même cause générale, lhérédosyphilis, ait été aussi à l’origine de ces poussées d'hydarthrose périodique qui se sont révélées, assezespacées de seize à trente-et-un ans.
Obs. V, due à l’obligeance de M. le D' WeismaxN-NET- - TER. |
Séraphin H.., 30 ans, coiffeur, est alteint depuis plusieurs années de poussées d’hydarthrose du genou gauche.
Le malade a cru remarquer qu'elles survenaient lorsqu'il était exposé à une atmosphère humide : bain chaud, bord de rivière, douche froide, bain de pied.
On apprend que, pendant la guerre, H.. percevait des craquements au niveau de l'articulation du genou gauche.
Il y à cinq ans, il fait une chute sur ce genou ; rapidement, il y eut gonflement articulaire très marqué, d'une durée de quinze jours pendant lesquels le malade fit des applications d’eau salée très concentrée,
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Il y a trois ans, après un bain chaud, nouveau gonflement du genou. La durée de la poussée articulaire fut, là encore, de quinze jours.
Depuis ce moment, d'année en année, au mois de juin, le même gonflement articulaire a réapparu du-
rant quinze jours, à la suite, dit le malade, d’une «exposition à l'humidité ». On a pu vérifier l’existence d’une volumineuse hydarthrose du genou.
Nous avons revu ce malade il y a quelques jours ; on perçoit au niveau des genoux des craquements articulaires, plus marqués à gauche, c'est-à-dire du côté atteint par les poussées d’hydarthrose. Il n’y aucune gène fonctionnelle.
Le malade ne s’est pas prêté à d’autres investigations.