CHAPITRE PREMIER
Section I. — Le climat
Le Maroc, par sa situation entre le 360 et le 28° degré de latitude Nord, fait partie ecmme toute l’Afrique du Nord de la zone tempérée chaude. Maïs son étendue sur huit degrés de latitude et sa situation en bordure de deux mers ayant des caractères très différents font que l’on y rencontre une très grande variété de climats en allant du nord au sud ou de l’est à l’ouest. Si le nord du Maroc a des phénomènes atmosphériques peu différents de ceux de l’Europe méridionale, le sud du pays, au contraire, prend un caractère de plus en plus désertique, à partir de la barrière montagneuse de l’Atlas. L'action de l’océan, qui donne au Maroc côtier un climat maritime s’affaiblit rapidement vers l’est jusqu’au Maroc oriental à climat nettement continental, où l'influence méditerranéenne se fait peu sentir. ‘A ces facteurs naturels du climat, il faut. joindre l’action du relief qui a une très grosse importance. L'orientation nord-est, sud-ouest des chaînes de l'Atlas, fait que l'altitude croît de l’ouest à l’est, et par conséquent avec elle les précipitations, ce qui compense l’éloignement de l’océan. On comprend donc que le Maroc ait un climat
très varié, selon les régions que l’on envisage puisqu'il y a coexistence des influences méditerranéennes, atlantiques et désertiques. La température a peu d'intérêt au point de vue du régime des eaux, par contre les vents et les pluies en sont des facteurs importants.
$ 1. Les vents.
Le régime dés vents varie avec les saisons. En hiver les vents dominants sont de l’ouest et du sud-ouest, tandis que pendant l'été, ils viennent au contraire du nord-est. La côte atlantique a un régime spécial, dû à l’influence de ce que l’on appelle le courant froid des Canaries. Les eaux froides, au contact de l’atmosphère, produisent par condensation des brouillards et des rosées abondantes. Enfin, un vent saharien, venant du sud-est, le chergui, apporte par brusques bouffées l’atmosphère brûlante et les sables rouges du grand désert. À ces courants de caractère bien déterminé, il faut ajouter des brises locales, créées par l’influence de la mer ou du relief.
$ 2. Les pluies.
L'influence des vents d'ouest qui se sont chargés d’humidité en passant sur l’océan amène des précipitations qui vont en diminuant au fur et à mesure que l’on s'éloigne de la côte dans la direction de l’est. Mais le relief intervient pour modifier cette action en produisant des recrudescences de pluies sur les massifs élevés, en privant au contraire de toute humidité les régions abritées des vents, par une barrière montagneuse. En outre, les vents d’ouest allant en diminuant d'intensité du nord au sud, la côte méridionale a des pluies moins abondantes que la région
nord. Dans le sud, à Mogador, la saison pluvieuse s’étend d'octobre à mars, alors que dans la région de Casablanca, elle dure un mois de plus, d'octobre à avril. De même, la largeur de la bande côtière arrosée varie en diminuant du nord au sud. Alors qu’elle est de 100 kilomètres en Chaouia, elle n’est plus que de 50 à Mogador!.
La zone côtière doublement humide du fait des pluies et des rosées nocturnes reçoit une quantité d’eau variant de 829 millimètres à Tanger, jusqu’à 207 millimètres à Agadir. Cette région côtière bien arrosée se prolonge vers l’ouest, dans la direction de Meknès (555), Fès (537) et Taza (545 mm.) grâce à la dépression de l’Oued Sebou et au détroit sud-riffain, qui permettent à l'influence océanique de se faire sentir profondément dans l’intérieur. Partout ailleurs au contraire, la haute barrière montagneuse de l’Atlas, achève de condenser sur ses pentes est ou sud, l'humidité des vents atlantiques, privant de pluie les steppes du Maroc oriental. Dans la zone montagneuse du Maroc central, les précipitations augmentent avec l’altitude de 400 à 600 millimètres sur les hauts plateaux, elles atteignent 700 millimètres, à partir de 1000 mètres d’altitude. De novembre à mai, elles se font sous forme de neige qui peut subsister jusqu’au printemps au-dessus de 2000 mètres. Enfin, la région du Sud-Atlas présente tous les caractères du climat saharien.
En résumé, le Maroc, à l'exception d’une étroite bande côtière et de massifs élevés, est un pays à pluies rares, se produisant de novembre à mars, avec deux maxima en novembre et en mars, et à précipitations sous forme d’averses courtes, violentes et irrégulières présentant le