‹ L'Hydraulique au MarocChapitre 15 sur 33 · MER TANGER MEDITERRANEE · texte numérisé non relu

MER TANGER MEDITERRANEE

+ « 22 Bou Danib PPLLLETLZ 22 “

,“Colomks Bechar

CONDITIONS GÉOGRAPHIQUES DE L'EAU AU MAROC Al

reste, dirigé par les mouvements du terrain, forme des cours d’eau qui, tous, présentent dans leur cours supérieur un caractère torrentiel.

Le versant atlantique de l'Atlas donne naissance à cinq

grands oueds, qui ont chacun un bassin caractéristique.

19 Le bassin du Sebou.

Le plus important des fleuves marocains, avec l’Oum er Rebia, le Sebou prend sa source dans le Moyen-Atlas, et coule de l’est à l’ouest sous le nom d’Oued Guigou. Cest un cours d’eau à régime torrentiel et débit d’étiage faible il ne devient permanent qu’au moment où il prend son nom véritable en recevant les eaux de l’Aïn-Sebou et son débit d’étiage est alors de 4 à 8 mètres cubes. Il rentre ensuite dans des gorges à la sortie desquelles il rencontre les eaux de l’Oued Ei Youdhi, portant son débit à 10 mètres cubes. Il passe à quelques kilomètres de Fès et reçoit dans son cours moyen des affluents importants : lOued Fès, l'Oued N’ja, et sur la rive droite l'Innaouen et l’Ouergha, tous à régime permanent. Tout son cours se fait jusqu'alors en pays montagneux et a un caractère torrentiel accentué; la largeur de son lit varie de 35 à 70 mètres. Le Sebou entre ensuite dans une plaine d’alluvions, le Gharb, où sa pente extrêmement faible (30 mètres de chute sur 250 kilomètres) lui fait décrire des méandres innombrables et former des marécages particuliers ou merdjas!'. Il y reçoit des affluents qui ont peine à arriver jusqu’à lui, le R’Dom et le Beth. Sa largeur atteint 300 mètres et son débit très variable passe de 300 à 400 mètres cubes, débit moyen, à 2.000 mètres cubes au moment des crues, pendant lesquelles il inonde toute la plaine environnante.

1. Nous reparlerons des merdjas d'une manière plus détaillée à l'occasion des assainissements agricoles.

Le Loukkos, qui se jette dans l’Atlantique à Larache a des caractères analogues à ceux du Sebou, mais une importance beaucoup plus faible.

Le Bou Regreg, qui atteint l'océan entre Rabat et Salé descend du pays Zaïan où son cours supérieur est rapide, dans des gorges profondes, puis s’assagit rapidement dans la plaine comme d’autres fleuves moins importants : les Oueds Yquem, Cherrat, Nefifikh, Mellah.

L’'Oum er Rebia, l’un des plus grands fleuves du Maroc, a environ 700 kilomètres de longueur. Son cours comprend trois parties très différentes : la partie supérieure torrentielle, la partie moyenne où il reçoit des affluents importants, et la partie inférieure où sans force il décrit des méandres. À la différence du Sebou, son cours encaissé lui évite d’inonder le pays environnant au moment des crues.

Les sources de l’'Oum er Rebia se trouvent dans le lit même d’un oued aux eaux très salées, l’Oued Fellat, dans une fissure jurassique située au pied d’une cascade de vingt mètres de chute. Les sources s’étagent sur une cinquantaine de mètres et sur les deux rives, donnant au total un débit que l’on peut évaluer à 18 mètres cubes. L’oued reçoit encore l’apport de sources souterraines et dévale en cascades jusqu’à une plaine d’alluvions où il rencontre l’Oued Ouiouanne. À partir de ce moment de nombreuses dérivations diminuent déjà le débit. L’oued trouve ensuite une vallée étalée sur deux à trois kilomètres jusqu’à un resserrement brusque d’éboulis calcaires après lequel il s’épanouit de nouveau dans une plaine alluvionnaire après avoir reçu l’'Oued Aghbah. Il redevient ensuite tumultueux, encaissé entre des gorges et il reçoit de nombreux affluents asséchés en été. Après Khenifra il suit la vallée du Tadla et c’est à Kasba Tadla un fleuve de 50 mètres de largeur avec crues

violentes. Il coule ensuite dans une vallée évasée puis reprend son travail de creusement par des méandres encaissés. Il reçoit l’Oued El Abid qui suit un couloir rocheux coupé de rapides. Il s’élargit en arrivant dans la plaine et s’épuise en méandres tortueux. Sa largeur de 100 mètres à Mechra ben Abbou est de 150 mètres à Azemmour où il se jette dans l'océan. A Mechra ben Abbou le débit passe de 35 mètres cubes-seconde à l’étiage à 800 mètres cubes pour les crues de décembre.

L’Oued Tensift, alimenté par les torrents venusdu Haut- Atlas et desséchés en été, a un cours extrêmement irrégulier. Son débit torrentiel en hiver avec des crues de courte durée est presque nul en été. Il reçoit de l’Atlas du Sud le Chichaoua et le N’fis qui ont les mêmes caractères que lui.

Le Sous qui se jette dans l’océan au sud d'Agadir vient du Haut-Atlas et a les caractères d’un fleuve intermittent, comme le Tensif, tout au moins dans son cours supérieur. Il est permanent à partir de Taroudant et son débit reste voisin de 30 mètres cubes en juillet.

$S 2. Versant saharien.

Le versant saharien de l’Atlas donne naissance à des oueds d’un caractère désertique très marqué.

Le Draa formé par le confluent du Dadès et de l’Ouarzazat s'écoule par une succession de gorges étroites et de vallées alluvionnaires, avec un débit permanent dans son cours supérieur, mais très intermittent à partir du coude qu’il fait pour prendre la direction de l'océan.

Le Ziz et le Guir se perdent tous deux dans les sables du

Sahara.

$S3. Versant méditerranéen.

Le principal fleuve du bassin méditerranéen est la Moulouya qui a une longueur de plus de 450 kilomètres. Elle prend sa source dans le massif montagneux qui relie le Moyen-Atlas au Grand-Atlas et présente tous les caractères d’un torrent jusqu’à son arrivée dans les plaines du Maroc oriental. Elle traverse ensuite la plaine désertique de Trafata où sa largeur atteint 30 mètres avec une pente forte et un courant rapide!. Sa pente décroit de plus en plus et son cours déroule dans des méandres faiblement encaissés et s’achève par plusieurs bras qui ne se remplissent qu’au moment des crues; le débit d’étiage est de 15 mètres cubes à 20 mètres cubes, mais il dépasse 100 mètres cubes au printemps grâce à la fonte des neiges. Elle reçoit comme affluents le Za sur la rive droite, le M’soun oued salé au débit insignifiant venant du Rif et le Melloulou sur la rive gauche qui ne tarissent jamais mais ont un débit très faible pendant la période des basses eaux.

Section III. — Les eaux souterraines.

D'une extrémité à l’autre du Maroc existent des eaux souterraines souvent à faible profondeur d’un débit assez grand et assez régulier. Une grande partie des eaux de ruissellement tombées sur les pentes de l'Atlas pénètrent dans les fissures des calcaires et forment des nappes souter< raines le plus souvent pourvues d’émissaires également souterrains, de sorte qu’il existe dans le sous-sol tout un réseau de cours d’eau, de lacs, de cascades qui revoit le jour soit

Page 1