‹ L'Hydraulique au MarocChapitre 26 sur 33 · Voir Chabert, op. cii · texte numérisé non relu

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rivières en énergie hydroélectrique. Il serait particulièrement intéressant d'établir des usines électriques dans cette région éloignée des autres centres producteurs, et où l’utilisation du courant trouverait des débouchés certains. Les richesses minières du sous-sol et la possibilité d’étendre les surfaces cultivées en pratiquant l'irrigation par pompage permettent en effet d’espérer une mise en valeur rapide de ces régions que n’a pu permettre de réaliser jusqu’à maintenant leur situation en zone dissidente.

Section II. — L'électrification du Maroc.

$ 1. Les premières installations.

Dès les premiers moments de l'occupation française, on s’occupa de ravitailler en électricité les agglomérations dans lesquelles s’installaient les Européens. Mais il ne s'agissait que d'installations rudimentaires, alimentées le plus souvent par des moteurs à gaz pauvrel.

Au fur et à mesure du développement des groupements urbains, il fut nécessaire d’avoir recours à des moyens plus puissants, et l’on songea évidemment à utiliser partout où cela était possible l’énergie des cours d’eau.

Les Arabes nous avaient devancé dans cette exploitation de la force vive des rivières. À Fès en particulier, si abondamment arrosée par les dérivations de l’oued, nombreux étaient les moulins et les petits métiers indigènes qui empruntaient leur énergie à la course rapide des eaux.

Il était donc possible d'installer de petites usines hydro-

1. Voir Gra-ier, Revue générale d'électricité, sept. 1931, « Les installations

de production et de transmission d'énergie électrique de la Société l'Energie Electrique du Maroc ».

électriques partout où l'on pouvait compter sur un débit annuel permanent. Mais la rareté des cours d’eau marocains présentant ce caractère, était telle que nombreuses furent les installations qui durent se contenter d'utiliser des moteur Diesel.

Au point de vue administratif, les installations du début qui étaient effectuées sous le simple régime de la permission de voirie firent l’objet à partir de 1914 de concessions de travaux publics de la part du gouvernement chérifien.

En juillet 1914, la Compagnie Fasi d'électricité obtient la concession de l’éclairage public de la ville. L'usine productrice est une installation hydroélectrique sur l’Oued Cheracher avec une centrale thermique annexe à moteur Diesel.

En 1915 et 1916, la Société Marocaine de Distribution obtient des permissions de voirie pour la fourniture de l'électricité à Rabat et à Casablanca au moyen d’une centrale thermique. Ces permissions de voirie furent transformées en concessions en 1920. Puis viennent en 1932 les concessions de Safi, Marrakech, Taza, Mazagan et enfin Meknès, cette dernière alimentée par une usine hydraulique sur l’Oued bou Fekrane.

Cette première période de l’électrification du Maroc se caractérise donc par une série de petites installations locales de production et de distribution dans les principaux centres urbains où se sont installés les Européens.

Il ne peut être question alors de réaliser un réseau général relant entre elles les différentes villes du Maroc. En effet, d’une part, les ressources hydrauliques du pays encore peu connues n’ont pas permis l’installation d’une usine de production vraiment puissante. D'autre part la consomm ation de courant, limitée aux besoins urbains, ne justifie pas la

construction de lignes d’interconnexion très longues, très coûteuses, et sans clientèle assurée sur leur trajet.

$ 2. Le réseau général de l'énergie électrique du Maroc.

Plusieurs conditions allaient modifier le mode de production et de distribution de l'électricité au Maroc. Elles se ramènent toutes d’ailleurs à un facteur unique, l’augmentation considérable de la demande. |

Cet accroissement des besoins est dû, principalement, à la construction d’un réseau de chemins de fer à traction électrique et à l’exploitation de mines de phosphates, indépendamment du développement continu des centres urbains.

En 1920 fut créée la Compagnie de chemins de fer du Maroc, par un groupe formé de sociétés puissantes : La Compagnie générale du Maroc, la Compagnie du chemin de fer de P. L. M., la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans et la Compagnie marocaine. Cette compagnie reçut le 21 août 1920 la concession de 1018 kilomètres de lignes. :

Plusieurs raisons conduisirent à l’électrification des chemins de fer : l’absence presque totale de combustibles marocains, une Connaissance plus complète des ressources hydrauliques et les facilités d'équipement d’un réseau qu; était entièrement à créer. D’autre part : l’électrification du Maroc rendue possible, par les renseignements que l’on possédait sur le régime des eaux, nécessitait un débouché immédiat très supérieur aux quelques besoins locaux, aisé ment satisfaits par les petites installations existanstet. La

1. Voir Méchin, L'électrificalion des chemins de fer. du Maroc, thèse de Droit, Paris, 1928.

Duval.

possibilité de créer un débouché important immédiat pour les producteurs de courant semble avoir été l’une des causes de la construction d’un réseau électrique de chemins de fer, que ne justifiait nullement le trafic escompté.

« C’est ainsi que l’électrification s’est imposée non comme

un problème de chemin de fer, mais comme une partie d’un programme plus vastel, »

Ce programme d’électrification générale du Maroc exigeait une mise en valeur rapide des principales ressources hydrauliques afin de permettre l’alimentation immédiate des chemins de fer et la liaison des différents centres de consommation. Il n’était pas question de créer un réseau alimenté par des centrales thermiques, car malgré les découvertes de minerai dans le Maroc oriental, il aurait été nécessaire d'importer la totalité du combustible nécessaire. L’électrification. du Maroc était donc liée à l'exploitation des ressources hydrauliques. L'intérêt des industriels exigeait, comme celui des agriculteurs, une utilisation aussi complète que possible des eaux courantes.

Un syndicat créé pour l’étude des ressources hydrauliques du Maroc fut transformé en société de production et de distribution d'énergie électrique.

Une convention de concession du 9 mai 1923 aboutit au dahir du 18 juillet 1923 sur la concession d’une organisation de production de transport et de distribution d'énergie au Maroc et le 30 janvier 1924 était constituée la Société de l'Energie Electrique du Maroc. Son capital de 10 millions, était souscrit en partie par la Banque de Paris et des Pays Bas et en partie par la Compagnie des chemins de fer du Maroc et le gouvernement chérifien. Les obligations qu’elle a

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