INTRODUCTION
relle (‘), J'avais constaté que l'hydrogénation des méthylhepténols qui en dérivent par condensation magnésienne était très pénible sur le platine qui catalysait surtout le phénomène de dédoublement cétonique.
Je savais, d'autre part, que la méthode Sabatier et Senderens appliquée par Enklaar (?) au diméthyl-2-6 octénol-2-6 :
cu: > C = CH — CH? — CH?— C (OH) — CH? — CH
| CH
à 300°, lui avait donné une quantité notable de diméthyloclane à côté du diméthyloctanol cherché. En appliquant, moimême, celte méthode à l’homologue inférieur, le diméthylhepténol, même en opérant à température beaucoup plus basse, vers 180°, j'avais obtenu uniquement le diméthyl-2-6 heptane, c’est-à-dire que l'alcool s'était complètement déshydraté et que l’hydrogénation avait porté sur le diène correspondant.
J'opérai alors dans le vide, dans l'espoir qu'en abaïssant la concentration à la surface du catalyseur j’éviterais, au moins en partie, la déshydratation de mes alcools. Les résultats dépassèrent mes espérances. C’est ainsi que l'hydrogénation des méthyl, éthyl, et propylméthylhepténols, fut réalisée, comme je l’ai signalé dans ma thèse, sous un vide de 15-20 mm., vers 100°, sans provoquer la moindre déshydratation ni de dédoublement cétonique comme en présence du platine.
Ce nouveau procédé offrait l'avantage de ne pas provoquer de surchauffe, et, par suite, de polymérisations, pour les termes supérieurs bouillant très haut, puisque la réduction
(‘) R. Escourrou, thèse Université de Lyon (1922). Recherches sur la Méthylhepténone naturelle. Alcools, diènes et cyclogéraniolènes dérivés, Lyon, A. Rey, 118 pages.
(2) Rec. Trav. Chim. Pays-Bas (1908), p. 415.
commence déjà à une température légèrement inférieure au point d'ébullition dans le vide de la substance.
En outre, dans le cas particulier de nos alcools, cette méthode était beaucoup plus rapide que celle au noir de platine, même très actif.
C'est là le point de départ de ces recherches sur l’hydrogénation dans le vide (!).
Nous avons montré par quelques exemples combien ce procédé se prêtait aux hydrogénations sélectives.
La constitution des différents composés mis en œuvre à été presque toujours élucidée au moyen de l’ozone, qui s’est révélé particulièrement précieux lorsqu'on se trouvait en présence d’un mélange d'isomères.
Le présent mémoire sera divisé comme suit :
I. Technique de la méthode 1° Appareil. Procédé; — 2° Préparation des catalyseurs. II. Hydrogénation des méthylheplénols :
1° Synthèse de quelques alcools tertiaires éthyléniques dérivés de la méthylhepténone naturelle; — 2° Leur réduction : a) Par les procédés ordinaires : méthode au platine, méthode au nickel; b) Dans le vide : alcools terUaires saturés ; — 3° Sur la coupure des méthylhepténols dans leur réduction par les moyens ordinaires. IT. Hydrogénations sélectives :
19 Du citral; — 2° Du géraniol; — 3° Du limonène. IV. Etude des constitutions par l'ozone :
19 Oxydations qualitatives; — 2° Oxydations quantitatives.
V. Hydrogénation catalytique des nitriles dans le vide ou nouvelle méthode de préparation des aldimines.
() R. Escourrou, Bull. Soc. (him. (1925), p. 368 et Parfums de France, Grasse (avril 1925), p. 86.