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CHAPITRE PREMIER

« Les pleurésies des cardiaques. »

Si l’on met à part les épanchements pleuraux dûs à: la tuberculose, au cancer et aux maladies infectieuses aiguës, 1l est de notion courante que les cardiaques, les brightiques et les artério-scléreux présentent souvent des épanchements pleuraux séro-fibrineux ou séreux d’une toute autre nature. Ces épanchements paraissent être nettement sous la dépendance d’une affection cardiaque chronique, d’un mal de Bright ou de l’artério-sclérose ; et on les désigne communément, suivant les cas, sous les termes de pleurésies ou d’hydrothoraæx.

Sans rappeler ici les longues et nombreuses discussions qui ont partagé autrefois les médecins sur le choix de la meilleure dénomination, l'accord semble aujourd’hui s'être fait. Les principaux auteurs actuels qui se sont occupés de cette question réservent le terme d'hydrothorax aux épanchements bilaréraux passifs des

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asystoliques, constitués par la simple sérosité transsudée, et celui de pleurésies aux épanchements unilatéraux, de nature inflammatoire, c'est-à-dire renfermant de la fibrine et survenant en dehors ou au moment de l'hyposystolie ou de l’asystolie. MM. Landouzy et Labbé (1) admettent toutefois qu'il peut exister des pleurésies aseptiques bilatérales dans les cardiopathies valvulaires chroniques.

Si les travaux ont été peu nombreux ces dernières années concernant les hydrothorax, il n'en est pas de même des épanchements unilatéraux ou pleurésies. Étudiées particulièrement chez les cardiaques, ces « pleurésies des cardiaques » ont été l’objet de recherches des plus intéressantes, surtout de la part de MM. Bucquoy (2), Saint-Philippe (3), Hardy (4), Forgeot (5), Muller (6), Fabre (7), Huchard (8), Robert (9), Merklen (10),

(4) Lanpouzy et LaBBé. Trailé de Médecine de BROUARDEL-GILBERT, t. VIII, p. 135.

(2) Bucouoyx. La pleurésie dans les maladies du cœur. La France médicale, 25 nov. 1882.

(3] Sair-Parzrppe. Des relations de la pleurésie avec les affections orgapiques du cœur. Mém. et Bull. de la Socièlé de Médecine el de Chirurgie de Bordeaux, 30 mars 1883.

(4) Haroy. De la pleurésie dans les affections cardiaques. Paris méd., 1885, p. 385.

(5) ForGso1. Contribution à l’élude des pleurésies au cours des affections ‘cardiaques. Th. Paris, 1885.

(6) Muzrer. De la pleurésie dans l'arlério-sclérose. Th. Paris, 1891.

(7) FaBre. Contribution à l'étude de la pleurésie chez les cardiaques et en particulier de la pleurésie droite. Th. Paris, 1894.

(8) Hucnaro. Soc. méd. des H6p., 20 mai 1892. — Journal des Praliciens, 1897, n° 1%. — Trailé clinique des maladies du cœur et des vaisseaua, 3° éa., passim. k

(9) RossrT. Contribution à l'étude des manifestations pleurales au cours des maladies du cœur et de l'aorte. Th. Paris, G. Steinheil, 1898. (10) Merkzex. Asystolie d’origine pleurétique. Presse médicale, 11 févr. 1899.

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Barié (1}, Rénon (2). Ces auteurs en ont démontré la fréquence, le siège habituel du côté droit, l'atténuation relative des symptômes et ils ont insisté sur l'importance de la thoracentèse comme moyen de traitement. MM. Rénon et Barié notamment, dans déux leçons cliniques récentes, en ont résumé les principaux attributs : nous ne pouvons mieux faire que de les citer, afin de bien fixer la question.

« Les épanchements pleuraux droits des cardiaques, dit M. Rénon, sont bien des pleurésies et non des hydrothorax. L'inflammation de la plèvre y est unilatérale, elle s'accompagne d’exsudat fibrineux et de fausses membranes, elle présente une formule cytologique particulière, toutes choses qui affirment réellement son existence. Le liquide est purulent, hémorrhagique ou sérofibrineux... La pathogénie de la pleurésie droite des cardiaques dépend toute entière d'un infarctus pulmonatre sous-pleural, septique ou non. Souvent l’apoplexie lobulaire est évidente : une douleur plus où moins vive et l'apparition de crachats hémoptoïques précèdent d’un ou de plusieurs jours le développement de l'épanchement. Parfois, les signes sont beaucoup plus estompés, la douleur est insignifiante, mais la dyspnée est vive et c’est à peine si la présence insolite d’une expecloration mucopurulente attire l'attention... Les pleurésies des cardiaques ont un siège variable qui modifie leurs symptômes. Ces pleurésies peuvent occuper la grande

(1) Barté. Les épanchements pleuraux chez les cardiaques. Semaine médicale, 22 janv. 1902.

(2) Révow. La pleurésie droite latente sus-diaphragmatique des cardiaques. Journal des Praliciens, 6 juin 1903, et Arch. gén. de méd., 1903, p. 1508. — La pleurésie droite des cardiaques. Bull. méd., 20 mai 1905.

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