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généralise et l’on arrivera facilement à admettre, par exemple avec M. Rénon, que tout épanchement pleural survenu chez un cardiaque hyposystolique ou asystolique est sous la dépendance d’un infarctus.
Nous ne croyons pas cependant qu'il en soit ainsi car, l'anatomie pathologique mise à part, si la clinique est impuissante à nous donner parfois dans le cas présent la clef du diagnostic pathogénique exact, le laboratoire nous la fournit en nous révélant une formule cytologique toujours identique du liquide pleural. Cette formule, indiquée tout d’abord par MM. Barjon et Cade {1}, confirmée par M. Ravaut (2), nous l’avons trouvée analogue à nos prédécesseurs dans cette voie : les épanchements pleuraux des cardiaques, des brightiques et des artérioscléreux consécutifs à des infarctus pulmonaires souspleuraux sont caractérisés cytologiquement par la présence de nombreux polynucléaires (3).
Nous pensons donc que dans la totalité des épanchements pleuraux des cardiaques, des rénaux et des scléreux, la pleurésie par infarctus se caractérise :
Cliniquement par une riche symptomatologie fonctüonnelle et physique.
Cytologiquement par de la polynucléose.
Si les signes cliniques sont atténués, la polynucléose
(1) Baron et Cane. Formule cytologique spéciale des pleurésies par infarctus chez les cardiaques. La Province médicale, 6 juill..1901.
(2) Ravaur. Th. Paris, 1901.
(3) Les examens cytologiques que nous rapportons ont été pratiqués de la manière suivante : aussitôt le liquide recueilli par ponction, il était centrifugé ; puis, après décantation, le culot était étalé sur lames et séché rapidement ; les préparations étaient fixées par la méthode de Dominici (teinture d'iode et solution saturée de sublimé) et colorées à l’hématéine-éosine.
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du liquide pleural, qui est constante, indique la vraie nature de l’épanchement.
Ces faits nous semblent se déduire manifestement des quelques observalions suivantes :
Observation I
Claire M..., 35 ans, entre, le 26 avril 1904, à la Maison Dubois, service de M. Courtois-Suffit. Elle est atteinte de rétrécissement mitral à la période d’asystolie : œdème, arythmie, gros foie, pouls jugulaire. Après quinze jours de repos, lait, digitaline, son état s’est très notablement amélioré.
Le 14 mai, subitement, douleur violente au niveau du mollet et du creux poplité gauches, puis rapidement, refroidissement de la jambe et du pied gauches, engourdissement ; les battements de la pédieusé ne sont plus perçus : on diagnostique une embolie de l'artère poplitée. Immobilisation.
Les jours suivants, une amélioration se produit et la circulation s’est manifestement rétablie.
25 mai. — Subitement, vers quatre heures du matin, très violent point de côté à droite, dyspnée extrême, battements cardiaques précipités. On soupçonne la production d'une embolie pulmonaire.
27. — Point de côté et dyspnée moins intenses ; quelques crachats hémoptoïques ; à la hauteur de ia pointe de l’omoplate et un peu en dehors, submatité, souffle léger et râles sous-crépitants fins: done infarctus.
29. — Dyspnée très vive ; à l'examen du côté droit, voussure, incompressibilité, vibrations abolies, matité remontant jusqu'à un travers de doigt au-dessus de l’épine de l’omoplate, souffle fort très étalé aux deux temps de la respiration, égophonie dans la région axillaire, foie dépassant de quatre travers de doigt le rebord costal inférieur droit. Thoracentèse d'urgence dans le 10° espace intercostal : 1,900 cent. cubes de liquide foncé, très fibrineux.
Le 1° juin, la dyspnée, qui avait diminué, est réapparue très
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intense, et l'épanchement pleural s’est reproduit. Thoracentèse : 1.800 ce. +
6. — Troisième thoracentèse : 1.850 ce; le liquide est plus clair que les deux fois précédentes.
7. — La malade très nerveuse, qui a peur de mourir, quitte l'hô-
pital, emmenée par sa famille, malgré tous les conseils.
Examens cytologiques :
29 ma. — Les éléments cellulaires blancs, très abondants, ne sont à peu près représentés que par des polynucléaires fortement colorés ; globules rouges nombreux.
1° juin. — Très nombreux polynucléaires sains et très colorés, et globules rouges.
6. — Nombreux polynucléaires, globules rouges en petite quantité, quelques gros mononucléaires et quelques cellules endothéliales isolées.
Observation II
Victor S..., 57 ans, serrurier, entre, le 2 juillet 1905, dans le
service de M. Hirtz, à l'hôpital Necker, salle Chauffard. * Malade en asystolie ; double souffle au niveau de laorte ; albuminurie abondante ; cœur volumineux ; arythmie très prononcée ; stase jugulaire ; foie : 19 cent.; œdèmes ; dyspnée intense ; crachats sanglants.
Au niveau de la base gauche, voussure, vibrations abolies jusqu’à l’angle de l’omoplate, matité au même niveau ; Traube mat ; pas de souffle, pas d’égophonie ; le cœur dépasse le bord droit du sternum de 4 cent. Régime lacté ; eau-de-vie allemande. :
Le 3 juillet, digitaline. Thoracentèse dans le 10° espace intercostal gauche : deux litres de liquide jaune verdâtre légèrement fibrineux.
Examen cytologique : nombreux polynucléaires, quelques monos et lymphos, quelques cellules endothéliales isolées ; rares globules
rouges.
Le 5 : mort du malade.
Autopsie. — Cœur volumineux, plein de caillots cruoriques et
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fibrino-cruoriques ; aorte athéromateuse et très dilatée ; foie muscade : 2 600 gr.; reins gros et congestionnés. — La plèvre gauche contient environ un litre de liquide jaune foncé. Au niveau de la partie postérieure du lobe inférieur du poumon gauche, gros infarctus cônique sous-pleural ; deux autres infarctus intra-pulmonaires dans lermême lobe. La plèvre viscérale gauche présente dans son tiers inférieur un léger épaississement, surtout au niveau de l'infarctus. Quelques fausses membranes de récente formation et quelques dépôts de fibrine ; au niveau de la plèvre diaphragmatique, quelques fausses membranes également. — A droite, petit infarctus truffé en plein lobe moyen du poumon ; plèvre saine.
Voici, d'autre part, rapportées par MM. Barjon et Cade, trois observations de pleurésies par infarctus chez des cardiaques, dans lesquelles la formule cytologique de polynucléose était également très nette.
Observation III
J.-B. Ch..., 69 ans, jardinier.
Arterio-sclérose et athérome. Aortite chronique. Insuffisances aortique et mitrale. Albuminurie. Néphrite interstitielle. Infaretus pulmonaire droit. Pleurésie droite hémorrhagique. Mort.
Autopsie confirmative. Gros infarctus pyramidal dans le lobe inférieur du poumon droit. Congestion de voisinage. Fausses membranes récentes de la plèvre dans le voisinage de l’infarctus.
Examen du liquide pleural. — Hémorrhagique, très riche en éléments cellulaires. Numération par millimètre cube : globules rouges, 18.375 ; globules blancs, 17.100. Prédominance énorme des polynucléaires. Formule : polynucléaires, 94 à 96 0/0 ; monos et lymphocytes, & à 3 0/0 ; cellules endothéliales, 2 à 4 0/0.
Observation IV
A. Th... a fait deux séjours à l'hôpital.
Premier séjour : insuffisances mitrale et aortique ; ictus avec hémiplégie droite ; pas d’albumine.
Deuxième séjour : insuffisancés mitrale et aortique; albuminurie; néphrite ; urémie ; Cheyne-Stokes, coma. Epanchement hémorrhagique de la plèvre droite. Mort.
Autopsie confirmative. On trouve des exsudats de fibrine et des fausses membranes à la surface du poumon droit. Un gros infarctus pyramidal dans le lobe moyen, un petit infarctus triangulaire dans le lobe inférieur. [nfarctus déjà un peu ancien ; aspect gris-noirâtre, résiste à la coupe, tendance à la sclérose.
Examen du liquide pleural : hémorrhagique et très riche en éléments cellulaires.
Très nombreux globules rouges.
Formule : polynucléaires, 330/0 ; monos et lymphocytes, 53 0/0; cellules endothéliales, 14 0/0.
Observation V
Malade encore en traitement atteint de néphrite interstitielle. Albuminurie ; bruit de galop. Souffle systolique de la pointe. Présente tout à coup un point de côté, de la dyspnée, des crachats hémoptoïques, puis un léger épanchement pleural droit. Infarctus probable.
Examen du liquide pleural : liquide clair jaunâtre, très riche en éléments cellulaires, étant donné qu'il n’est pas hémorrhagique.
Numération par millimètre cube : globules rouges, 3.100 ; globules blancs, 625 ; cellules endothéliales, 150.
On trouve une grosse proportion de polynucléaires, comme dans les cas précédents. Formule : polynucléaires, 36 0/0 ; monos et lymphocytes, 58 0/0 ; cellules endothéliales, 6 0/0.