STATISTIQUE
Malades. Guérisons. Décès,
1849 (Burggières) G 4 a
1866 (J. Boulay) ■. 12 7 5
1866 (J. Besnier) 12 12 »
Totaux 30 23 7
Mortalité proportionnelle : 17,3 pour 100.
(1) Burggières, Choléra-morbus observé à Smyrne, Paris, 1849.
DE L'uYDROTnÉRAPIE DANS LES MALADIES AIGUËS. 157
Telles sont, messieurs, les considérations que je voulais vous présenter sur l'hydrothérapie. Dans les conférences préccdenLes, je vous ai montré les avantages thérapeutiques de l'exercice, du massage, de l'eau froide. Il me reste, pour terminer mon sujet, à vous exposer la part que le médecin peut tirer de l'air et du climat pour la cure des maladies. C'est ce que je ferai dans mes dernières leçons.
DE l'aÉROTHÉHAPIE.
Messieurs,
Comme je vous le disais dans mes leçons de Clinique thérapeutique (1), l'homme, attaché au sol, vit dans le bas-fond d'un océan aérien qui a ses courants, ses tempêtes, son flux et son reflux, c'est l'atmosphère. Le médecin peut utiliser cette atmosphère pour la cure des maladies et il le fait surtout sous deux formes particulières : soit en se servant de cet air qu'il raréfie ou comprime artificiellement, c'est l'aérothérapie proprement dite; Soit en utilisant cet ensemble d'éléments météorologiques qui constitue le climat, c'est la climatotliérapie. Je me propose de consacrer mes dernières conférences d'hygiène thérapeutique à cette étude et je commencerai aujourd'hui par l'aérothérapie.
En m'en tenant à la définition que je viens de donner de l'aérothérapie, je laisserai de côté dans cette leçon tout ce qui constitue l'atmosphère, ses pressions et ses courants, et je ne m'occuperai que des moyens que l'on a mis en usage pour comprimer et raréfier l'air et pour appliquer cette compression et cette décompression à la cure des maladies, me réservant de revenir sur tous les autres points dans les leçons que je consacrerai à la climatothérapie.
La cloche à plongeur représente la première application de Historique, l'uir comprimé aux besoins de l'homme; cette cloche était connue des anciens, si l'on en croit le passage suivant d'Aristote dans ses Problèmes: « On procure au plongeur, dit le célèbre philosophe grec, la faculté de respirer en faisant descendre dans l'eau une cliaudière ou cuve d'airain qui ne se remplit pas d'eau,
(1) Dujardin-Beaumetz, Clinique thérapeutique, 5» édit., 1888, t. II, Leçon sur t'aérothérapie.
si on la force à s'enfoncer perpendiculairement. » Môme à celte époque, on aurait perfectionné cette cloche à plongeur en renouvelant l'air à l'aide d'un tuyau qu'Aristote compare à la trompe de l'élcpliant. Si l'on on croit môme Roger Bacon, les apciens auraient connu le scaphandre, puisque, d'après cet illustre physicien, Alexandre le Grand se servit de machines « avec lesquelles on marchait sous l'eau, sans péril de son corps, ce qui permit à ce prince d'observer les secrets de la mer. »
En tous cas, ces faits étaient tombés dans l'oubli, et il faut arriver au seizième siècle pour voir de nouveau la cloche à plongeur mise en usage, et l'on attribue cette nouvelle découverte à Sturmius. En 4538, en présence de Charles-Quint, des Grecs descendent au fond du Tage à Tolède ; l'expérience est renouvelée en 1352, cette fois à Venise. Mais c'est l'astronome anglais Halley qui fait de cette cloche à plongeur un instrument pratique, en donnant un procédé pour renouveler l'air dans la cloche, ce qui permet un séjour plus prolongé des ouvriers dans l'appareil. Enfin, en 1786, Smeaton ajoute le dernier perfectionnement, qui consiste à se servir d'une pompe foulante qui envoie dans la cloche l'air nécessaire à la respiration. C'est à la même époque, en 1782, que l'on voit poindre les premiers éléments de l'action thérapeutique de cet air comprimé.
La Société des sciences de Harlem, ville où l'on utilisait les cloches à plongeur pour les travaux d'hydraulique, met au concours le sujet suivant : 1° décrire l'appareil le plus propre à faire de la façon la plus commode et la plus assurée des expériences sur l'air condensé ; 2° rechercher avec cet appareil l'action de l'air condensé dans des cas différents, s'occuper en outre de l'influence de cet air sur la vie animale, l'accroissement des plantes et l'inflammabihté des diverses espèces d'air. Je ne sais quelle fut la réponse faite aux questions posées par la Société des sciences de Harlem, mais, en tous cas, à celte société revient l'honneur d'avoir appelé la première l'attention sur l'action physiologique de l'air comprimé et provoqué des recherches à cet égard.
namei. Bien des années plus tard, en 1820, Hamcl (i), en faisant une descente dans une cloche à plongeur à Howth (près de Dublin),
(1) Hamel, Des effets produits par le séjour dans la cloche des plongeurs (in Journal universel des sciences médicales, t. XIX, p. 120, 1820).
DE l'aérothérapie. 161
observe sur Iiii-môme l'action douloureuse de l'air comprimé sur la membrane du tympan et en conclut que cet air pourrait ûtre utilisé à la cure de la surdité. Il remarque aussi, et c'est là un point important, que la respiration dans ces cloches à plongeur se fait plus facilement qu'à l'air libre.
Six ans après, Colladon renouvelle l'expérience de Hamel et Coiiadon. reconnaît, comme lui, que l'air comprimé pourrait être utilisé dans la cure de la surdité, et il ajoute la remarque suivante que je copie textuellement : « Un des ouvriers, respirant habituellement avec une grande difficulté, se trouva complètement guéri peu de temps après avoir entrepris le travail de la cloche. » Ces faits étaient passés inaperçus et il nous faut arriver aux années 1835, 1837 et 1838 pour voir s'établir d'une façon scientifique les bases de l'aérothërapie. Et, tandis que l'industrie, suivant les indications que l'ingénieur français Triger lui fournit en 1839, va utiliser désormais l'air comprimé à fortes pressions, pour exécuter des travaux à de grandes profondeurs, la médecine, au contraire, ne se servira que de faibles pressions pour la cure des maladies.
Trois noms français sont attachés à cette découverte. Ce sont ceux de Junod, de Pravaz et de Tabarié. Junod (1), en 1835, Junod. communique à l'Académie des sciences un premier travail sur les effets physiologiques de l'air comprimé et de l'air raréfié et insiste plus longuement sur les effets de l'air raréfié, qui serviront de base à la méthode qui porte son nom. 11 signale cependant certains effets de l'air comprimé et en particulier les effets sur la respiration et la circulation. « Le jeu de la respiration, dit-il, se fait avec une facilité nouvelle. La capacité du poumon semble augmenter, les inspirations sont plus grandes et moins fréquentes. » Cependant Magendie, chargé de faire le rapport sur ce sujet, rapport qui accordait à l'auteur une récompense de 2000 francs, considère cet air comprimé comme n'étant pas susceptible d'application médicale.
Pravaz (2), en 1 837, fait connaître les résultats qu'il a obtenus Pravaz. avec l'air comprimé et il insiste surtout sur l'excitation des organes digestifs qui va jusqu'à produire une véritable boulimie;
(1) Junod, Archives de médecine, 2» série, t. IX, p. 167 et 172; Académie des sciences.
(2) Pravaz, Académie nationale de médecine, C décembre 1837. IIYCIKNE TUÉRAP. 2° ÉDIT. \ [
il signale un des premiers l'augmentation dans la quantité d'urine émise et surtout dans le clulfre de l'urée. Enfin, il appuie, comme les auteurs précédents, sur la facilité de la respiration, et voici comment il s'exprime à cet égard : « Le sentiment d'une respiration plus facile, plus large, n'est pas éprouvé au môme degré par tous les sujets qui sont placés dans l'air comprimé. Ceux qui respirent habituellement avec ampleur s'en aperçoivent à peine, mais il n'en est pas de môme des malades ou des valétudinaires atteints de dyspnée plus ou moins prononcée, soit par une affection des organes thoraciques, soit par un état de pléthore veineuse; ils éprouvent en général une sensation de bien-être extraordinaire qui leur persuaderait qu'ils sont guéris, si elle se prolongeait hors du bain. »
Tabarié. Tabarié (1), qui n'était pas médecin, comme le dit à tort Paul Bert, mais ingénieur, et dont les recherches sur l'air comprimé remontaient à 1832, communiqua, en 1838, ses travaux à l'Académie des sciences. Il établit d'abord, à Ghaillot, le modèle de cloche qui sert encore aujourd'hui de type pour la construction des bains d'air comprimé, puis le transporta à Montpellier, où le docteur Berlin (2), professeur agrégé à la Faculté, fut chargé de diriger ce premier établissement aérothérapique, et c'est d'après les observations qu'il recueilUt à cet établissement qu'il fit paraître son travail sur les bains d'air comprimé.
Puis il arriva pour l'aérothérapie ce qui s'était déjà passé pour le massage, et, malgré la découverte faite en France des applications médicales de l'air comprimé, ce fut à l'étranger que cette méthode prit le plus d'extension, et c'est là aussi qu'on entreprit les expériences les plus nombreuses pour étudier l'action physiologique de ces bains d'air comprimé.
En Allemagne, nous voyons Lange établir à Johannisberg un appareil à air comprimé, et Rudolph von Vivenot (3) commence en 1860 ses recherches physiologiques, qui servent de base au magnifique traité qu'il publie en 1868, et qui est l'ouvrage le
(1) Tabarié, Sur les effets des variations de la pression atmosphérique sur la surface du corps {Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. VI, p. 896, 1838).
(2) Berlin, Etude clinique de l'emploi des bains d'air comprimé. Pans- Monlpellier, 1868.
(3) Von Vivenot, Zur Kenntni^s die Physiologischen Wirkungen und der Tlierapeutisclien Anwendung der VerdieMeten Luft. Erlangen, 1868.
DE L'aÉROTUÉRAPIE.
plus considérable et le plus complet sur la matière. Sandalh (1), de son côté, fonde en 1802 un établissement aérothérapiquc à Stockholm et il recueille 1464 observations. Puis paraissent les observations de Freud {-2), d'Elasser, et surtout un remarquable travail de Panum (3), et cnlin le mémoire de von Liebig (4).
La France cependant reprenait à nouveau cette question, et, aux travaux de Bertin, de Millet, qui avait fondé un établissement à Nice, vinrent se joindre bientôt les études de Jean Pravaz, les thèses de Bucquoy (5), de Tronchet, de Torreillc, de Grand, de Rouxel et surtout le remarquable volume de Paul Bert, la Pression barométrique (6), qui valut à son auteur, en 1875, le grand prix biennal de l'Institut. Citons encore les études de Fontaine et les travaux de Mœller,
C'est dans l'ensemble de ces mémoires que je puiserai les principaux éléments de cette leçon, en complétant ainsi les indications que j'ai déjà fournies sur ce sujet dans ma Clinique th.érafeutique (7) à propos des maladies du poumon.
La compression ou la raréfaction de l'air dans ses applications thérapeutiques est faite à l'aide de deux procédés : dans l'un, ce sont des chambres hermétiquement closes où l'on comprime cet air, constituant ainsi ce que l'on appelle les bains d'air comprimé. Dans l'autre système, ce sont des appareils transportables où l'on peut comprimer ou raréfier l'air à volonté et le malade aspire ou expire cet air raréfié ou comprimé. J'étudierai dans deux chapitres distincts ces deux procédés de l'aérothérapie, et je commencerai par la partie la plus importante de mon sujet, c'est-à-dire l'application des chambres pneumatiques à la cure des maladies.
(1) Sandall), Om Verhmingarne al Foerlâlad lufl pae den Menskliga organismen, i Fijsiologiskt och. Terapeuiisld hanseeden.
(2) Freud, Erfahnmgen ûber Anwendung der Comprimirten Luft {Wiener Med. Press, 186G).
(3) Panum, Untersuclinngen ûber die PItysiologischen Wirku7ige7i der Comprimirten Luft {Pfluger's Archiv fur Physiologie, t. I, p. 125-165,
(4) Von Liebig, Ueber das Athmen intererhôrt/ten Luftdruck [Zeitschrift fur Biologie, vol. V, p. 1-27, novembre 1869).
(5) Bucquoy, Action de l'air comprimé sur l'économie humaine (Thèse de Strusbours, 1861, n» 546.)
(6) P. B&ïl, la Pression barométrique. Paris, 1878.
(7) Dujardin-Beniimclz, Clinique thérapeutique, t. Il, Leçon sur l'aérothûrapie, 5» édit,, 1888.
ONZIliME CONFÉnENCE.
nos Toutes ces chambres, où on administre les bains d'air com-
pucumutiques. primé, sont d'une construction identique : ce sont des cloches métalliques de dimensions variables, en moyenne de 8 mètres cubes, et dans lesquelles on comprime l'air à l'aide de différents procédés. Les uns emploient des pompes à clapet, d'autres, comme Forlanini, à Milan, utilisent la pression de l'eau; Fontaine se servait aussi d'un compresseur hydraulique, et c'est, comme vous le savez, dans les perfectionnements qu'il voulait apporter à cet appareil, qu'il a trouvé la mort. Dans l'établissement de mon élève, le docteur Dupont, établissement que je vous ai montré, vous avez vu que la compression de l'air était obtenue par un système qui consiste à emprunter cet air comprimé aux conduits qui après l'avoir puisé dans les hauteurs de Belleville, le distribuent comme moteur mécanique, à différents usages industriels et en particulier aux horloges pneumatiques établies dans nos principales rues et places publiques.
L'air comprimé pénètre dans ces cloches soit à la partie supérieure, soit à la partie inférieure; dans l'établissement Dupont, c'est par la partie inférieure et sous le plancher même de la cloche. Un tube placé à la partie supérieure entraîne l'air au dehors ; un manomètre, placé dans les parois de la chambre pneumatique, permet de juger la pression de l'air contenu dans la cloche.
La pression que l'on obtient dans ces chambres ne dépasse pas deux cinquièmes d'atmosphère et varie de 25 à 30 centimètres de la colonne de mercure. Paul Bert pense que l'on pourrait même utihser des pressions beaucoup plus fortes de 1 à 2 atmosphères ; mais ces pressions n'ont jamais été faites, et ceci résulte de la dilhculté d'avoir des cloches assez résistantes pour supporter de pareilles pressions. Vous avez pu constater de visu quelle épaisseur déjà ces cloches doivent présenter pour résister à une pression de deux cinquièmes d'atmosphère.
Pour l'administration de ces bains, voici comment on procède : le malade entre dans la cloche pneumatique et l'on ferme hermétiquement la porte; grâce à des lucarnes munies de vitres épaisses qui laissent la lumière pénétrer dans la cloche pendant le jour, grâce à la lumière électrique pendant la nuit, le malade peut lire et s'occuper dans la cloche, qui est munie d'une table et de fauteuils, ce qui permet au malade d'y séjourner sans trop d'ennuis. Vous pouvez juger de cette disposition par le dessin cijoint (voir iig. 5). Vous avez même pu voir une cloche assez vaste
Administration des biins
d'air comprimé.
DE l'aéroiukrapie. 165
pour constituer un véritable salon où plusieurs personnes peuvent être réunies. Le malade communique à l'extérieur à l'aide d'un téléphone. On a môme construit des doubles cloches qui permettent au médecin de pénétrer à tous moments dans la salle où se trouve placé le malade, et cela en entrant d'abord dans la première pièce, puis en en refermant la porte, et lorsque l'air est comprimé dans cette première pièce au même titre que dans la seconde, on peut ouvrir la seconde porte. Un de ces modèles se trouve à l'établissement Dupont.
Une fois le malade placé dans la cloche, on ouvre graduellement le robinet amenant l'air comprimé et l'on ferme, d'une quantité égale, le robinet de sortie de l'air, de manière à amener en une demi -heure la pression au point voulu. Puis, pendant une heure, le malade reste dans cet air comprimé, et, au bout de ce temps, c'est la manœuvre inverse que l'on fait : on diminue l'entrée de l'air, de manière à faire disparaître la compression en une demi-heure, de telle sorte que le bain d'air comprimé a duré ainsi deux heures ; une demi-heure est nécessaire pour produire la compression, une autre demi-heure pour la décompression et une heure pendant laquelle le malade reste dans l'air comprimé.
La compression, comme je l'ai dit tout à l'heure, varie peu; elle est au maximum de 33 centimètres de la colonne mercurielle ; cependant, dans les premières séances, on n'atteint pas cette pression et on s'en tient aux pressions de 15 à 20 centimètres et on augmente progressivement tous les jours de 2 à 3 centimètres. Ces bains doivent être pris tous les joui's ou tous les deux: jours. Il est bien entendu que l'on peut compléter cette action de l'air comprimé en faisant pénétrer dans la cloche soit de l'oxygène, soit de l'air chargé de vapeurs balsamiques. Une fois que vous connaissez bien la disposition de ces bains, nous allons en étudier l'action physiologique et nous examinerons successivement les effets de ces bains d'air comprimé sar la respiration, la circulation et la nutrition.
Fig. 5.
rospiralion.
1G6 ONZIÈME CONFÉHE.N'CE.
Action Dès les premières observations faites sur l'action physiologipiiysiniogiquû j^j^jg jjgg bains d'air comprimé, on signala la faculté de respiraoômprimi^ 'I"'^ ' éprouvait dans les cloches pneumatiques, et, dans le court liislorique que je vous ai fait, je vous ai montré que, dès 1820, Hamcl insistait sur ce point, et qu'en ISriG, Colladon renouvelait encore ces mômes affirmations. Depuis, toutes les expériences qui ont été faites à ce sujet ont confirmé l'heureuse iniluence de l'air comprimé sur la respiration. Je dois vous signaler tout particulièrement les recherches de von Vivenot à cet égard, recherches qui ont porté sur la capacité respiratoire, sur le nombre des inspirations et leur intensité. Action snr la , VoH Vivcnot Constata tout d'abord, et cela surtout à l'aide du spiromètre, que l'air comprimé augmente la capacité pulmonaire
et que cette augmentation est en moyenne de .rr-n du volume
du poumon, soit 3,3 pour 100, mais le point le plus important et qui doit nous intéresser le plus, c'est que cette augmentation de la capacité pulmonaire n'est pas passagère, elle se prolonge après le bain d'air comprimé et peut se maintenir pendant des mois, si le nombre des séances a été assez considérable.
C'est ainsi que von Vivenot, après avoir pris, en cent quarantetrois jours, cent vingt-deux bains d'air comprimé, vit sa capacité pulmonaire, qui était avant l'expérience de 3 051 centimètres cubes, s'élever à 3 794 centimètres cubes, augmentant ainsi, dans l'espace de trois mois et demi, de 743 centimètres cubes, c'est-à-dire de près du quart de son volume primitif (24 pour 100).
Pour le nombre des respirations, elles sont toujours diminuées d'une à trois par minute; le maximum de cette diminution a été constaté chez deux emphysémateux dont les inspirations étaient de 30 par minute avant l'entrée dans la cloche pneumatique et qui n'en eurent plus que 16 dans l'air comprimé.
Comme pour l'augmentation de la capacité pulmonaire, cette augmentationn'estpas passagère ; elle se prolongeaprès les bains. Ainsi, dans les expériences précédentes faites sur lui-même, von Vivenot observa que le nombre d'inspirations, qui était de 16 par minute avant l'expérience, est tombé, après les cent vingtdeux bains d'air comprimé et dans l'espace de trois mois et demi, à 4.,o par minute, et, cinq mois après l'expérience, le nombre des inspirations par minute n'était que de S, 4.
Mais si le nombre des inspirations diminue, leur ampleur ,
DE l'aérothérapie. 167
augmente, et, ici encore, von Vivenot nous a donné des rensei- "•nements très importants. Il se servait d'un appareil spécial, le thoracomètre, qui lui permettait d'observer la dilatation de la circonférence thoracique à chaque inspiration. Avant l'entrée dans le bain d'air comprimé, cette dilatation était de 12""",39. Après une heure de séjour, elle était de 17°"°,22, et à la fin de i8°"°,14, de telle sorte qu'en résumé il y a diminution progressive de la fréquence des inspirations en même temps qu'augmentation de la profondeur de chacune d'elles.
Quant au rythme, von Vinenot a 'observé que le bain d'air comprimé rendait l'inspiration plus facile et l'expiration plus lente; tandis qu'à la pression ordinaire la durée de l'inspiration est àcelle de l'expiration comme 4 est à 3, dans le bain d'air comprimé ce rapport est de 4 à 7 et même de 4 à H. Le tracé suivant, où la ligne pointillée indique la modification apportée par l'air comprimé, montre l'influence de l'air comprimé sur les deux temps des mouvements respiratoires :
Fig. 6.
Panum arrive absolument au même résultat, et le tableau que je mets sous vos jeux montre aussi cette augmentation dans la capacité pulmonaire et cette diminution dans les mouvements respiratoires.