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INFLUENCE DE LA GYMNASTIQUE SUR LES PULSATIONS ET LA RESPIRATION

Exercice.

R, respirations. — P, pulsations.

Après dix minutes de pas gymnastique sur place. 120 pulsations, 22 respirations.

Après dix minutes après une course de vitesse. 22 respiratious, 150 oiilsaliona.

Après l'ascension trois foi3 répétée de trois étages. 24 respirations, 150 pulsations. HYGIÈNE THÉRAP. 2

pliqucr à la poitrine les mêmes procédés que l'on a employés en anthro|)olûgie pour mesurer le crâne; c'est ce qu'a fait Fourindioe mantin. Sous le nom d'indice thoracique il donne le rapport centhoraoique. ^^gjj^j^j Jiamètre transversal du thorax par rapport à soa diamètre antéro-postérieur, rapport que l'on représente par la

, . , DTxlOO formule suivante : — ,^ . — DAP.

Cet indice sera d'autant plus élevé que la poitrine sera plus aplatie; il deviendra au contraire de moins en moins élevé à mesure que la poitrine se développera. L'aplatissement de la poitrine correspondant à une capacité respiratoire moindre, chez les phtliisiques, l'indice thoracique variera entre 133 et 132, tandis qu'au contraire chez les individus jouissant d'une capacité respiratoire suffisante et normale cet indice sera de 128 ; les exercices gymnastiques tendront donc à abaisser l'indice thoracique.

Mais l'instrument qui met encore mieux en lumière cette amplitude des mouvements respiratoires, c'est \&pneumographe, qui permet d'enregistrer, comme vous pouvez le voir, l'amplitude des mouvements de la respiration.

Dans d'intéressantes recherches faites par Marey sur l'influence du mouvement sur la respiration et la circulation (1) à l'aide de ce pneumographe, le savant physiologiste a obtenu des tracés que je mets sous vos yeux, et qui vous démontrent, mieux que je ne pourrais le faire, que sous l'influence des exercices gymnastiques on voit les mouvements thoraciques doubler d'amphtude. (Voir le tableau ci-dessus.)

Cette augmentation dans la capacité thoracique a plusieurs conséquences, elle permet d'abord à une plus grande quantité de sang de se mettre en contact avec l'air extérieur, ce qui est une cause d'augmentation dans les combustions de l'économie; elle permet surtout à une plus grande quantité d'air de pénétrer dans les poumons.

Ceci a une importance capitale, car cette augmentation delà capacité respiratoire a pour résultat d'éviter l'essoufflement, c'està-dire l'accroissement exagéré des mouvements respiratoires, sous l'influence d'un exercice. Edvp. Smith nous a montré, en effet, que si l'on représente par le chiffre 1 la quantité d'air qui

(1) Marey, Académie des sciences, 10 juillet 1881.

pénètre par heure dans le poumon (quantité qui est de 540 litres) chez un individu couché, ce chiffre augmentera dans les proportions suivantes, si l'individu se livre aux exercices cidessous énumérés :

Debout 1,33

Marche modérée 1,90

Marche rapide '1,76

A cheval, au pas 2,20

— au galop 3,16

— au trot i,oO

Natation 4,31

Course rapide 7,00

Pour faire pénétrer une aussi grande quantité d'air à la suite des exercices corporels que je viens d'énumérer, il faut augmenter tellement les mouvements respiratoires que l'essoufflement se produit rapidement chez les personnes qui n'ont pas l'hahitude de ces exercices gymnastiques. Mais, comme je viens de vous le démontrer tout à l'heure, comme la gymnastique augmente la capacité respiratoire, elle permet à l'individu, en faisant entrer plus d'air dans son poumon, de diminuer le nombre des respirations et d'éviter l'essoufflement.

Dans un travail récent, Charles Richet et Rondeau (1) ont bien mis en évidence l'influence du travail musculaire sur les échanges respiratoires. Chez un homme de quarante-huit ans, pesant 80 kilogrammes, et soumis à un régime alimentaire régulier, ces physiologistes ont étudié l'effet du travail sur la respiration. D'après ces expériences, il résulte les faits suivants : c'est que la ventilation pulmonaire se proportionne au travail effectué. Le travail musculaire suffit pour modifier le volume d'air qui passe par le poumon. La ventilation croît avec le travail et en raison môme de l'intensité du travail, la proportionnalité est rigoureuse. Les proportions centésimales d'oxygène absorbé tout en augmentant avec le travail, augmentent moins cependant que les proportions d'acide carbonique expiré.

Tels sont les résultats auxquels sont arrivés ces expérimentateurs, ils ont la plus haute importance et confirment en la

(1) Ch. Richet et Rondeau, Influence du travail musculaire sur les échanges respiratoires {Comptes rend, de l'Acad. des se, séance du 27 juin 1887).

20 DEUXifsME CONFÉRENCE.

précisant les faits relatifs à l'influence de la gymnastique sur la respiration.

inCuence Dans les tracés que j'ai mis tout à l'heure sous vos yeux, vous oircuïulion. avcz pu voirque le pouls était aussi indiqué, et que les exercices augmentaient et le nombre des pulsations et leur amplitude. Cette influence de la gymnastique sur la circulation est tout aussi importante que son action sur la respiration. Cette activité plus grande de la circulation résulte de deux causes, d'abord de la contraclion musculaire, puis de l'accroissement de la capacité pulmonaire.

La contraction musculaire active, comme vous le savez, la circulation veineuse : nous en avons une preuve évidente dans l'opération de la saignée où, pour obtenir de la veine ouverte un jet de sang plus régulier et plus intense, nous exigeons du malade qu'il exécute avec la main des mouvements qui mettent en jeu les muscles de l'avant-bras.

Cette activité plus grande des battements du cœur provient aussi de ce que la capacité pulmonaire étant axigmenlée, l'appel du sang veineux par le poumon est plus considérable. Il arrive plus de sang dans le ventricule droit, ce qui en amène davantage dans le ventricule gauche, de telle sorte que la circulation veineuse et la circulation artérielle sont augmentées. Influence Quant à l'action sur le muscle cardiaque, elle mérite de nous lurie cœur. quelque temps. Vous verrez en elfet, par la suite de ,ces

leçons, qu'un des points les plus discutés de la kinésithérapie est son application à la cure des affections du cœur. Du cœur Tout le monde est d'accord pour reconnaître que sous l'insurmene. fluence des exercices, les battements du cœur augmentent de nombre et d'intensité ; mais, où les discussions commencent, c'est lorsque l'abus de ces exei'cices entraîne du côté de l'organe cardiaque une série d'accidents auxquels on a donné le nom de cœur forcé, de cœur surmené. Comme c'est chez le soldat ques'observent le plus ordinairement ces accidents cardiaques, à la suite des grandes manœuvres, c'est surtout les médecins militaires qui nous ont donné les documents les plus précieux sur cette action des mouvements exagérés et des fatigues sur le cœur. Je vous signalerai tout particulièrement l'étude remarquable que le docteur Goustan (1) a consacrée à ce sujet.

(1) Couslan, Des troubles fonctionnels et des affections organiques du

En mettant de côté les ruptures valvulaires et cardiaques, qui sont toujours produites sous l'influence des efforts et en ne nous occupant que des troubles cardiaques proprement dits, on peut ramener à trois causes principales la pathogénie de ce surmenage du cœur. Les uns veulent y voir le résultat de l'hypertrophie du cœur, qui résulte elle-même du travail exagéré du muscle cardiaque; d'autres invoquent une altération primitive des tissus et soutiennent que la myocardite ou l'altération du muscle cardiaque précède la dilatation ; d'autres enfln soutiennent que ces troubles du côté du cœur résultent de l'empoisonnement do l'organisme par les leucomaïnes produites par l'action organique des cellules. Comme l'activité de ces cellules est augmentée, ces leucomaïnes sont sécrétées en grande quantité et s'accumulent dans l'économie. Ces leucomaïnes sont des toxiques du cœur, comme l'a bien montré Gautier, et leurs effets toxiques se rapprocheraient de ceux de la muscarine. Nous reviendrons d'ailleurs tout à l'heure sur ce point lorsque je vous parlerai des effets du surmenage.

Que le cœur surmené résulte d'une simple hypertrophie du cœur ou d'une dégénérescence du muscle cardiaque ou bien'soit l'effet d'un empoisonnement de l'économie, il se traduit à l'observateur par de l'arythmie, des palpitations, de l'intermittence qui constitue le premier degré de cette affection; le second degré est caractérisé par de l'hypertrophie et de la dilatation du cœur, et le troisième par de l'asystolio et des accidents ultimes.

Sur la musculation, l'action de la gv'Tinastinue est plus di-

. 1 • 1 , , , Inniionce

recte; les contractions musculaires développent dans le muscle fur la

, I , , , . , 1 • • • , , 1 musculation.

des phénomènes physiques et clnmiques qui augmentent les combustions organiques.

Je n'ai pas à vous rappeler ici la curieuse expérience de Claude inauence Bernard qui a démontré, en analysant le sans: veineux d'un ^ï""

^ . ' " combustion

muscle en travail, que ce sang devient subitement noir et ne musculaire contient plus d'oxygène, tandis qu'au contraire le sang veineux de ce même muscle à l'état de repos renferme une quantité d'oxygène presque équivalente à celle contenue dans le sang artériel. Voici les chiffres qu'il a donnés : le sang artériel des muscles droits de la cuisse contient 9s,31 d'oxygène et pas d'acide carbonique. A l'état de repos, le sang des veines renfermait une quantité presque égale d'oxygène, 8^21, et 2^,01 d'acide carbo-

cœur chez le soldat [Arch. de méd. et de pharm. mil., avril 1887, p. 265).

22 DEUXIÈME CONFriRENCE.

nique. Le muscle entre en contraction et immédiatement le cliifFre d'oxygène s'abaisse à 3», 31, et celui de l'acide carbonique monte à 3^,21. Ce qui montre, en résumé, qu'à l'état de repos le muscle consomme à peine d'oxygène, tandis qu'au contraire il en consomme l)caucoup à l'état de contraction.

Chauveau (1) a précisé encore davantage ce point de pbysiologie.Dans un travail entrepris en collaboration avecKauilmann, sur le muscle rclcvcur propre de la lèvre supérieure du cheval, qui, grâce à la veine unique qu'il possède, permet de recueillir tout le sang qui sort de ce muscle, il nous a donné la quantité d'oxygène comburé pourl gramme de tissu musculaire, pendant une minute de temps, sous l'influence du repos et du travail.

Voici ces chiffres.

ACTIVITÉ DES PHÉNOMÈNES NUTRITIFS MUSCULAIRES HAPPORTÉS A 1 GRAMME DE TISSU MUSCULAIRE ET UNE MINUTE DE TEMPS.

RepoB. Travail.

Irrigation sanguine moyenne 08,14200000 08,95200000

Absorption de l'oxygène 0 ,00000419 0 ,00014899

Excrétion de l'acide carbonique... 0,00000318 0 ,00023709

Ces chiffres confirment en les précisant ceux qui avaient été donnés déjà par Cl. Bernard. Ils nous montrent que, sous l'influence du travail, l'irrigation sanguine devient dix fois plus active et que l'absorption de l'oxygène suit la même proportion ainsi que l'exhalation de l'acide carbonique.

Outre cette augmentation dans la combustion, le travail développe les muscles et en augmente la fermeté; ici les preuves directes abondent. Immobilisez un membre et vous voyez immédiatement l'atrophie se produire ; exercez-le au contraire, et vous verrez ses muscles se développer. Vous pouvez voir sur un de mes élèves, M. Brugalet, le développement que peuvent prendre des muscles sous l'influence de l'exercice, et vous pouvez aussi voir, quand ce jeune homme soulève cette haltère de 40 kilogrammes, la rigidité que prend le système musculaire sous l'influence de cet effort.

Ces exercices, outre qu'ils amènent le développement de la

(1) Chauveau, Expériences pour la détermination des coefficients de l'activité nutritive et respiratoire des muscles en repos et en travail (Académie des sciences, séance du IS avril 1887).

Influence

sur le système nerveux.

Influence sur les sécrélions.

musculalion, agissent encore aussi sur le système nerveux. En effet tout mouvement musculaire coordonné exige un travail nerveux, et, sans aller jusqu'à l'affirmation de Du Bois-Rcymond, qui a soutenu cette opinion bizarre, que les exercices du corps sont plutôt des exercices du système nerveux central que des exercices musculaires (4), on peut dire que la gymnastique tend à rétablir l'équilibre entre les fonctions du cerveau et celles de la moelle.

La gymnastique agit non seulement sur la respiration,' la circulation, la musculation et l'innervation, mais elle agit aussi sur les sécrétions et les excrétions.

Tous mouvements un peu prolongés provoquent la production de la sueur, qui est une voie d'excrétion abondante d'urée et d'acide urique. On a vu, après une heure d'exercice, la sécrétion sudorale s'élever presque jusqu'à 600 grammes et même atteindre chez certains sujets ISOO grammes. C'est là, on le comprend facilement, une voie d'excrétion qui vient suppléer au travail fonctionnel du rein et que nous pouvons utiliser dans une large mesure en thérapeutique.

Je vous ai montré tout à l'heure que par l'accroissement de la circulation et de la capacité respiratoire une plus grande quantité de sang veineux subissait le contact de l'air, ce qui active les phénomènes de combustion. Je vous ai montré de plus que par les mouvements la combustion musculaire était aussi augmentée.

Cette augmentation dans les combustions musculaire et respi- influence ratoire entraîne un accroissement de chaleur, et ici nous pouvons oaiorificaiion. invoquer les expériences précises de Rouhet (2) et de François Franck, Ces expérimentateurs ont démontré que les exercices musculaires augmentent la température centrale, mais que, grâce à la production de sueurs et à la plus grande quantité de sang veineux mis en contact avec l'air extérieur, qui produit une véritable sudation pulmonaire, l'équilibre tend à s'établir entre la température extérieure qui s'abaisse et la température des parties profondes qui a augmenté.

De telle sorte, en résumé, que la température cutanée se main-

(1) Du Bois-Reymond, Sur Vexereîce {Revue scientifique], 1880.

(2) Rouhet, Recherches expérimentales sur les effets physiologiques de la gymnastique et de l'entraînement, ip. 36 et 45. Paris, 1881.

ticnl à son niveau habituel sans le dépasser d'une façon bien sensilile. Les récentes expériences faites à cet égard par Coustan (1) sur des soldats en marche, montre bien cette faible modification de la température comparée, surtout avec l'accroissement du pouls et de la respiration.

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