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L'hygiène au point de vue scientifique, économique et national [microforme]

CONFÉRENCE PRONONCÉE DANS LA CHAIRE DES COURS LITTÉRAIRES DE L'UNIVERSITÉ LAVAL DE QUÉBEC, LE 17 Mars 1891, m—— PAR ———

Le Docteur D. BROCHU, Prof. d'Hygiene.

Messieurs,

En acceptant de donner, dans cette Chaire, quelques entretiens sur cette partie des sciences médicales qui traite de la santé, j'ai dû compter sur la très grande indulgence de cet auditoire d'élite, habitué à ne se réunir, dans cette enceinte, que pour entendre les voix les plus éloquentes et les plus autorisées, sur des sujets plus dignes d'occuper son attention.

Cependant, comme l'hygiène doit tirer profit de ce courant de curiosité scientifique qui préoccupe aujourd’hui tous les esprits, et comine les intérêts de la santé sont de plus en plus appréciés à leur juste valeur, j'ose espérer que les quelques renseignements utiles qui découleront de ces entretiens, feront oublier des lacunes que n’ont pas à se faire pardonner ceux "ui, habiles dans l’art de

-bien dire, savent toujours mêler l’utile à ‘ :gréable,

L'hygiène, telle que nous la connaissons aujourd’hui, n’est plus une simple annexe de l’art de guérir. C’est une science et un art qui trouvent leur application dans toutes les conditions de la vie :

dans l'état de santé comme dans les maladies ; dans l'enfance, dans l'âge mûr comme dans la vieillesse ; dans l’aisance comme dans la nécessité, Elle intéresse l'homme individuel comme les diffé. rents groupes de la société ; et sa sollicitude s'étend également à ceux qui subissent les pénibles fatignes des travaux manuels, comme à ceux qui supportent le noble labeur de l'intelligence,

Jusqu'à la fin du siècle dernier, l'hygiène avait eu pour principal objectif les soins de la santé individuelle, Mais, dans cette sphère limitée, elle n'exerça guère son empire sur les masses, et ses progrès en faveur de la vie humaine furent peu appréciables, D'ailleurs, comme ses préceptes reposaient, alors, en grande partie sur l’empirisme, elle ne fut pas toujours bien comprise ; et l’on sait aussi qu’elle ne se montra pas toujours une sage conseillère,

Depuis le commencement de ce siècle, l'hygiène s’est reconstituée sur de nouvelles bases, en s’assimilant les nombreuses découvertes dont s’est enrichi le champ des sciences naturelles, Ses préceptes furent dès lors appuyés sur des principes reconnus et empruntés pour la plupart aux autres sciences, et ce n’est guère que depuis cette époque, qu’elle s’est rapprochée de ce que Cicéron a si bien défini “ une connaissance certaine déduite de priacipes certains, ”

En prenant la santé publique pour son principal objectif, l'hygiène a élargi le cadre de ses appliqations ; dans cette sphère plus étendue et d'intérêt plus général, elle s’est imposée aux administrations publiques sur lesquelles elle s’appuye désormais comme sur son principal levier. C’est de là, surtout, que datent les progrès étonnants qu’elle a réalisés en faveur de la vie humaine ; progrès qui, comme nous le verrons, sont nettement accusés par les statistiques.

Mais, comme ici dans notre jeune pays, cette science tutélaire commence à peine à se rallier les esprits, et comme on est encore loin de lui accorder la place qu’elle mériterait d'occuper dans notre système d'éducation et dans notre rouage administratif, il m'a semblé, qu'avant d'entrer dans le domaine propre du sujet, il ne serait pas inutile de consacrer ce premier entretien À des considérations et à l'appréciation de statistiques qui auront pour but de vous faire connaître le véritable caractère de cette science, et de vous démontrer la valeur et l'utilité de ses applications: c’est

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pourquoi nous étudierons l'hygiène au triple point de vue scientifique, économique et national.

Sera-ce une illusiou de compter que ces observations pourront servir, en même temps, à dissiper quelques-uns des obstacles qui s'opposent, le plus souvent, aux progrès de l'hygiène : les préjugés, la routine, l'indifférence où l'intérêt plutôt platonique que la plupart des hommes gardent vis-à-vis de leur santé, qui est pourtant le premier des biens, et que les pouvoirs publics eux-mêmes gardent vis-à-vis de la vie humaine, qui représente, comme nous le verrons, une valeur sociale ou un capital de première importance ?

L'hygiène est une science et un «ré,

Au premier point de vue on l'a définie: “ cette partie des sciences médicales qui traite de la santé dans le double but de sa conservatiou et de son perfectionnement, ” ou encure mieux, “ la science qui traite des rapports de l’homme avec le monde extérieur, et des moyens de faire coutribuer ces rapports à la viabilité de l'individu ou de l'espèce, en d’autres termes, à la conservation et au perfectionnement de la santé,”

Au second point de vue on l’a définie : “ l’art de conserver la santé, ” ‘l’art de prévenir les maladies, ” enfin “ l’art de prolonger la vie.”

Ces définitions variées vous laissent entrevoir l'objet de l’hygiène sous des aspects différents mais elles sont identiques, en réalité,

En effet, comment perfectionner et conserver sa santé, si ce n’est en faisant le meilleur usage des choses que nous présente le monde extérieur, et en dirigeant notre activité de manière à éloigner et à prévenir les maladies.

Qu'est-ce que prévenir les maladies, si ce n'est éloigner les causes de la mort prématurée, et en définitive, prolonger la vie.

Le meilleur moyen de s'assurer une longue vie, c'est donc d’apprendre à perfectionner et à conserver sa santé, ou suivant la maxim: un peu naïve, en apparence, d’un penseur allemand, “ le meilleur moyen de prolonger la vie c'est d’abord de ne pas la raccourcir.”

La santé, comme objet de l'hygiène, pourrait se définir : “ un état général de l’homme, caractérisé par l'exercice libre et régulier de toutes les fonctions de l’économie, d’où résulte le sentiment du bien-être dans la vie, ”

Cette définition n'indique que ia fin immédiate de l'hygiène ; mais ce serait mal comprendre le caractère de cette science et la notion de la santé elle-même, que de les limiter à cette fin étroite,

Il est évident que l'exercice libre et régulier de toutes les fonctions de notr2 organisme, d’où résulte notre bien-être, n’est qu’un moyen pour arriver à des fins plus élevées.

Ta santé est le principal élément de notre bien-être et de nos jouissances les plus légitimes, il est vrai; mais ce «ni doit nous la faire apprécier davantage, c’est qu’elle est, avant tout, le moyen essentiel à chacun pour remplir sa mission, pour arriver au plein développement de ses facultés intellectuelles et morales, et qui nous met par suite en état de fournir la pleine mesure de notre

activité pour le bien de la famille, de la société ou de la religion.

Ces considérations, qui découlent des saines notions de l’hygiène et de la santé, laissent suffisamment entrevoir que, dans la pratique, cette science de la vie se rapporte à des devoirs sociaux des plus importants,

Chaque homme est, en effet, responsable de sa santé comme de sa vie, vis-à-vis de Dieu, vis-à-vis de sa famille et vis-à-vis de la société dont il est le membre, Chacun est également responsable, à certains égards, de la santé et de la vie de ceux dont il est le guide ou le protecteur naturel.

Saint Augustin nous a tracé l'étendue de cette responsabilité lorsqu'il a dit dans une de ses homélies “ il se suicide celui qui

n’observe pas les prescriptions de la médecine, ”

Il serait donc tout à fait rationel, vu l’importance de ces devoirs et de ces responsabilités, que l’hygiène qui traite de la conservation de la santé et de la vie, fû£ vulgarisée dans tous les milieux de la société et qu’elle fût introduite dans l'éducation générale.

Il importe de faire remarquer que la conservation et le perfectionnement de la santé, qui sont l’objet de cette science et de cet art, ne se rattachent pas uniquement à l’intéorité des fonctions organiques ou matérielles mais qu’elles tiennent également à l’in-

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$ tégrité des fontions intellectuelles et morales, sans laquelle il ne saurait y avoir ni équilibre ni harmonie dans le système humain,

En effet l’homme est esprit et matière ; ou suivant la définition de M. de Bonald : “ l’homme est une intelligence servie par des organes, ” Telle est l'alliance intime du corps et de l’âme que le bien-être ou le mal-être de l’un se communiquent presqu'irrésistiblement à l’autre, L'influence réciproque du physique et du moral est trop généralement admise pour qu’il convienne d'appuyer sur ce sujet,

D'ailleurs l’axiome depuis longtemps reconnu en médecine “mens sana in corpore sano ” qui indique l'état de la santé normale, témoigne par lui-même que l'hygiène n’a pas seulement pour objectif le principe matériel de l’homme mais l’homme tout entier,

Pour être digne de sa mission, l'hygiène ne saurait donc se désintéresser dans la pratique de la plus noble moitié de notre être qui est en même temps le principe de toutes les manifestations vitales,

Aussi, ne nous enseigne-t-elle pas seulement les règles qui doivent nous guider dans nos rapports avec les éléments de la nature extérieure, mais elle nous trace, en même temps, l’ordre et la mesure, les plus conformes à notre santé, que nous devons garder dans la triple sphère de notre activité physique, intellectuelle et morale, Sur ce terrain, elle offre plusieurs points de contact avec les sciences philosophiques et morales. Plusieurs préceptes de l'hygiène se confondent avec ceux de la morale, et la plupart des restrictions imposées aux sens par la morale sont aussi utiles à la santé du corps qu’à la santé de l'âme.

Ces deux sciences qui concourent à la perfection de l’homme, chacune dans leur sphère, ne sauraient se contredire,

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Nous avous indiqué, au début, que l'hygiène avait esseutiellement pour but de conserver la santé, de prévenir les maladies, et en définitive, de prolonger la vie.

Etablissons, maintenant, comment l'hygiène peut soutenir cette prétention, en nous appuyant sur les données des sciences biologiques, et sur les statistiques des faits observés,

Et d’abord, quelle devrait être la durée naturelle de la vie humaine ?

Je ne tenterai pas de déterminer cette durée par des faits historiques qui témoignent de la vie de l’homme, rapproché de son berceau, et placé par suite dans ses conditions les plus normales : en

rappelant les exemples de longévité extrême de l'ère patriarchale ;

je ne m'arrêterai qu'aux preuves scientifiques,

La vie comprend trois phases principales dans son évolution naturelle : la croissance, l’âge mûr ou période d'état, et le déclin ou la vieillesse qui est le terme inévitable pour toute existence.

Les naturalistes ont mis en lumière une loi qui a été formulée par Buffon et qui demontre qu’il existe un rapport entre la durée de la croissance chez les animaux, et la durée de leur vie.

Buffon a déterminé ce rapport par les chiffres de 1 à 7 qui expriment la durée proportionnelle de la croissance et celle de la vie. Suivant cette loi, un animal dont le développement complet dure 2 ans est destiné à vivre 14 ans; celui qui ne finit de s'accroître qu'à 5 aus devrait vivre 35 ans.

Flourens, un remarquable physiologiste, a confirmé la justesse de cette loi pour les animaux domestiques et il a démontré quelle s'applique également à l’homme. Seulement, le rapport déterminé par le célèbre naturaliste, lui a paru un peu exagéré. Le rapport de la durée de la croissance et de la longévité lui a semblé devoir être plus exactement représenté par les chiffres de 1 à 5. De plus, il a désigné un criterium anatomique pour préciser la fin de la croissance : le dernier point de consolidation des os. D'après ce criterium, l’homme n'aurait sa croissance achevée qu’à l’âge de 20 ans; par conséquent sa longévité devrait être de 100 ans. Tous les hommes pourraient ambitionner de devenir centenaires !

A la vérité, les exemples ne manquent pas pour prouver que même, de nos jours, cette longévité est non seulement atteinte mais qu'elle est quelquefois dépassée, Aussi devons-nous considérer ce terme de longévité indéniable, comme ordinaire, même en se bâsant sur l’état actuel de l’homme,

Mais, comme l’homme est aujourd’hui déchu de ses premières conditions de longévité, par suite d’une chaîne u hérédité de plus eu plus défectueuse, Flourens estime qu'il a virtuellement une

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Cette dernière proposition pourra paraître trop paradoxale à la plupart d’entre vous pour qu’il convienne de s’y arrêter,

Autant vaut se contenter de la première loi qui nous aceorde 100 ans de vie à espérer. C’est déjà une perspective assez encourageante, qu’il n’est pas mal à propos de rappeler, dans un temps où les hommes font trop souvent le sacrifice volontaire de leurs années de vie, en gouvernant mal ou € 1 gaspillant follement leur santé,

D’après cette loi commune à tous les êtres de la série animale, on peut donc affirmer que l’homme a un fonds de vie de 100 ans que la nature lui accorde et dont il peut disposer pour ainsi dire à son gré: par conséquent celui qui vit moins d’un siècle, a tort vis-à-vis de l'hygiène, En effet nous essayerons de prouver que cette scieuce nous enseigne et peut nous fournir les moyens de ménager ce fonds de vie, et de le faire durer autant que les lois naturelles le comportent.

Ce qui doit nous encourager davantage, en face de cette perspective, c'est qu’il n’est pas nécessaire de jouir d’ane constitution robuste et pleine d’éclat pour atteindre le terme de la longévité naturelle de n° .* espèce. C’est un fait d'observation assez général pour être admis, que les sujets délicats, pourvu qu'ils ne soient pas entachés de vices héréditaires organiques, s'ils en prennent philosophiquement leur parti, et s’ils s’astreignent à un genre de vie et à des habitudes qui soient en rapport avec les ressources de leur santé, échappeut aux catastrophes qui menacent et anéantissent subitement les constitutions robustes et exubérantes, Il semble que l’aurea mediocritas du poëte latin s'applique aussi bian à la santé qu’à la fortune,

Pour mieux apprécier la valeur de l’hygiène, il importe d’établir quelle est la nature des obstacles qui s'opposent an cours naturel de la vie ou de l’évolution de l’homme, et quelle est la puissance de l'hygiène contre ces obstacles,

Dans les desseins de la Providence, l’homme déchu a été condamné à subir les divers éléments de la nature en lutte contre lui : c’est pourquoi nous rencontrons à chaque pas des écueils qui troublent notre bien-être et qui peuvent compromettre notre exis-

tence. Ces écueils sont les éléments du monde extérieur, qui peuvent réagir contre nous, et qui, par leurs propres forces, ou à la faveur d’une perversion dans notre activité physique, intellectuelle ou morale, peuvent déterminer en nous les maladies, et même la mort.

Ces écueils ou ces obstacles sont-ils évitables ? Est-il au pouvoir de l’homme de se soustraire aux maladies et À la mort prématurée, et de prolonger ainsi sa vie jusqu’au terme le plus rapproché de sa longévité naturelle ou idéale ?

En d’autres termes, sommes-nous, pour le plus grand nombre, voués fatalement, ou par un dessein arrêté de ln Providence, à telle ou telle maladie, à tel ou tel genre de mort prématurée, comme on le présume trop généralement, pour se dispenser des soins de la santé ?

Remarquons, d’abord, que parmi les écueils qui compromettent souvent la santé et qui brisent des milliers d’existences, il en existe un grand nombre qui ne se rencontrent pas nécessairement sur notre chemin, mais veis lesquels nous font converger nos facultés intellectuelles ou moraies perverties : tels sont les abus de l'ivrognerie, de la gourmandise, la débauche et les excès de tout genre,

La pathologie et les faits cliniques démontrent que ce sont là des causes fréquentes de déchéance organique, qui conduisent un grand nombre à la mort prématurée, On a dit que l'alcool, à lui seul, faisait plus de victimes que toutes les guerres réunies, Si on ajoutait le chiffre des morts prématurées, causées par toutes les variétés de la gourmandise et les autres excès volontaires, les termes de comparaison nous feraient probablement défaut.

Voilà donc une classe d’écueils des plus nombreux et des plus funestes, que l’homme ne rencontre pas directement sur son chemin, qu’il est parfaitement libre d'éviter, et sur lesquels il ne manque pas d’être éclairé par le double flambeau de l'hygiène et de la morale, Par conséquent, lorsqu'il abandonne le souci de sa santé et de son existence, jusqu’à se laisser entraîner volontairement vers ces écueils, il ne saurait accuser la Providence de lavoir voué fatalement à ces causes de mort prématurée. Il serait à propos de rappeler à ce sujet, cette sentence reconnue en hygiène, “ que la modération et la sobriété sont deux colonnes fon-

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Je ne ferai que mentionner un autre groupe de maladies : pleurésies, inflammations des poumons, rhumatismes, péritonites, que le vulgaire lui-même sait rapporter à une cause commune, dirécte ou auxiliaire : les refroidissements. Ces maladies occupent un rang assez élevée dans le bilan des statistiques de la mortalité, La prudense la plus élémentaire peut suffire, géaéralement, pour nous en »« rver. L’hygiène, de son côté, nous enseigne les moyens d''ousser notre sensibilité, de nous aguerrir et d'acquérir, par suite, l’immunité contre ces influences nuisibles : par le mode de vêtement, la bonne alimentation, les habitudes de l’exercice au grand air, et surtout par les pratiques de la balnéation froide,

On pourrait conserver plus de doutes, sur la puissance de lhygiène contre les maladies spécifiques ou contagieuses, vu que leurs causes invisibles paraîtraient devoir échapper plus sûrement à notre contrôle. Néanmoins, dans l’état actuel de nos connaissances, il n’est plus permis de douter que ces maladies sont tributaires de l'hygiène au plus haut degré. Depuis que le plus illustre des savants qui honorent la science française, Pasteur, a semé, dans le champ des sciences biologiques, les germes de ses doctrines fécondes ; depuis qu’il nous a révelé la nature vivante des ferments et des contages des maladies, et que les sciences physiques et chimiques nous ont fourni les moyens de détruire la vitalité de ces germes, soit dans leur foyer d’origine, soit dans leurs voies de propagation, on peut dire que l’hygiène est devenue, de plus en plus, maîtresse du terrain.

Sans appuyer sur la valeur et l'importance de la vaccination, qui est regardée, à juste titre, aujourd’hui, comme un préservatif absolu contre la variole, cette hideuse maladie qui faisait périr, au commencement du siècle, au-délà de 200000 victimes, chaque année, dans les différents pays de l’Europe; sans même tenir compte des espérances dont on entrevoit déjà la réalisation par les différents procédés de l'inoculation des virus atténués comme préventif des maladies microbiennes, on peut cependant affirmer que l'hygiène compte à son avoir, pour lutter contre les maladies spécifiques, plusieurs moyens dont la valeur a été consacrée par l'expériencé : tels sont les procédés de l'isolement des malades, de la désinfection appliquée aux locaux et aux objets contaminés, de l’antisepsie, de l'assainissement général. Toutes ces mesures

jointes à la déclaration obligatoire des cas de maladies contagicuses, sont reconnues comme étant d’une utilité incontestable, partout où les prescriptions de l'hygiène reçoivent le concours libéral des autorités publiques, et la coopération intelligente des individus.

Bien plus, c’est précisement cette classe de maladies qui, aujourd’hui, sert à démontrer la supériorité de l'hygiène sur la médecine, et qui nous fait le mieux apprécier comment l’art de prévenir les maladies l'emporte, au point de vue de l'intérêt général, sur l'art de les guérir.

Eu effet, si les moyens thérapeutiques, appliqués d’une manière habile et judicieuse, peuvent rendre L vie sauve à un individu en particulier, lorsqu'il a éti atteint d'une maladie contagieuse, ils n'empècheront certainement pas ce même individu de communiquer sa maladie à tous ceux qui auront pu venir en contact avec Ini, Ceux-ci, à leur tour, pourront devenir, par suite, l’origine de contagious secondaires ou d’épidémies dont les ravages seront peutêtre incalculables : comme on voit des étincelles, sorties d’un foyer, allumer des incendies qu’on ne peut guère contrôler.

Au contraire, si en présence d’une famille atteinte de maladie contagieuse, ou en face d’une épidémie menaçante, on ajoute aux moyens de guérir, l'application rigoureuse des mesures de préservation Lygiénique que nous avons mentionnées plus haut, un limitera sûrement la maladie à son foyer primitif, ou au moins on contrôlera ses moyens de propagation ; et en atténuant ainsi ses ravages on préservera Vraisemblablement un nombre de vies qu’il serait difficile de calculer.

On pourrait passer en revue les différentes classes de maladies et démontrer qu’elles se rapportent à des causes évitables ou contrôlables, sur lesquelles il suffit de s’instruire pour pouvoir s'en préserver et se soustraire à la mort prématurée, On arriverait ainsi à la conviction exprimée par Flourens que “ l'homme ne meurt pas mais qu'il se tue. ” Et on reconnattrait la vérité de cette proposition énoncée bien avant nous, par le philosophe Sénèque “ Vitam brevem non accepimus sed fecimus. ”

On ne saurait donc réagir trop ouvertement, dans la pratique, contre ces préventions que des esprits sceptiques ou timorés nourrissent contre l'hygiène et qui les portent à négliger systématiqrement les soins de leur santé, et à refuser leur coopération me-

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sures de l'hygiène publique, sous le prétexte que les maladies et la mort quelque soient les causes que leur assigne la pathologie, ne sont en réalité que les châtiments d’une nature coupable, voulus par Dieu, et contre lesquels par conséquent, la science de l’hygière doit être tenue pour vaine ; que d’ailleurs, on ne meurt que lorsqu'on est arrivé au terme imposé par Dieu à notre existence.

La science ne contredit pas le fait que les maladies que nous subissons, soient des châtiments voulus par Dieu dans le principe, Aussi n'est-elle nullement en contradiction avec la morale chrétienne lorsquelle nous enseigne que les maladies sont les effets de lois naturelles également voulues et établies par Dieu, qu’elles reconnaissent pour causes des agents physiques qui ont leurs effets naturels toujours identiques, comme le feu, l’eau ou le froid. Le bon sens élémentaire nous force à conclure que négliger de se prémunir contre les causes des maladies sous prétexte de ne s’en rapporter qu’à la Providence pour les soins de sa préservation, ne serait ni plus digne ni plus sage, que de négliger les mesures ordipaires de la prudence pour se préserver des incendies, des accidents ou des autres dangers.

Sans doute que l’Auteur de la nature est libre d'intervenir pour suspendre ou modifier à son gré, le cours des lois par lesquelles il gouverne le monde organisé. Mais ce serait mal comprendre l’action de la Providence, que de supposer, de sa part, une intervention directe, de chaque instant, pour suspendre ou modifier en notre faveur le cours des lois naturelles, On peut donc affirmer que dans le cours ordinaire des choses, l’homme reste l'instrument actif et libre de ses destinées physiques comme de ses destinées morales.

La maxime la plus sage et la plus sûre à suivre sera toujours “ Aide-toi et le Ciel t'aidera, ”

Je comprends que pour l'auditoire qui m’écoute je n’aurais pas eu besoin de m'arrêter au développement de ces considérations, mais une interprétation fausse de ces vérités reconnues, sert si souvent à mettre l'esprit de la morale chrétienne en opposition avec les progrès des sciences naturelles et l'application qu’on en fait contre l'hygiène, particulièrement, sert à couvrir tant d'abus

et de négligences dans les devoirs de la vie que j'ai cru bon de m'y arrêter,

Une des négligences les plus désastreuses, qui s'abrite trop facilement sous cet abandon exclusif et faux à la sollicitude de la Providence, se rapporte aux soins de la conservation de nos enfants.

Grâce à l'intégrité des mœurs de nos familles, grâce surtout aux freins de la morale catholique, qui s'oppose aux doctrines malthusiennes, les mariages, dans aotre jeune pays, sont doués d’une fécondité qui étonne les autres nations.

Malheureusement, c’est ce qui semble nous rendre trop prodigues de la vie de nos enfants. Nos statistiques démontrent que la mortalité infantile, dans ce pays, dépasse de beaucoup celle des peuples étrangers, et qu’elle atteint, dans certains endroits, un chiffre que l’on aurait honte de faire connaître, de peur de jeter le discrédit sur nos institutions, Mais cela ne paraît guvre réveiller notre sollicitude,. On néglige absclument de s’instruire sur les moyens de préservation dont l'hygiène peut entourer ces frêles existences ; les mères, oubliant leurs devoirs, se désintéressent trop facilement du soin de leurs enfants ; on abuse partout et sans égards des mille drogues du commerce ; on fait naître les maladies par un régime alimentaire condamnable ou par le défaut des précautions les plus élémentaires ; et on laisse souvent la mort choisir ses victimes, sans même songer à avoir recours aux moyens de l'art pour les sauver. Puis, quand tout est consommé, on fait taire facilement les scrupules en se flattant de l'illusion que c’est Dieu lui-même qui a fait le choix de ces innocentes créatures, et on se console, en pensant que ce sont des anges qui nous ont précédé dans le ciel!

Cependant, ces milliers d'enfants que nous perdons par notre propre négligence ou par l'ignorance, dépendent entièrement de nous, pour leurs conditions d’existence, La Providence, en leur doinant la vie, leur a marqué une mission à accomplir comme à chacun de nous; nous en sommes donc responsables, puisque nous sommes les protecteurs naturels de nos enfants, Ces enfants sont l'espoir de la patrie et de la religion, et leur mortalité excessive constitue, pour un jeune pays comme le nôtre, une des plus grandes causes d’affaiblissement moral et matériel,

| cru bon de On ne saurait done trop se hâter de réformer notre éducation, J sur ce point, afin de réagir contre un pareil gaspillage de la vie

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L Maintenant que nous avons établi quelle devrait être la durée 4 naturelle ou idéale de la vie humaine, que nous avons démontré L comment il est libre à chacur de se soustraire aux maladies et à la mort prématurée, interrogeons les statistiques pour déterminer quels ont été les résultats obtenus dans les différeuts milieux où l'hygiène est entrée dans les mœurs et dans l’organisation sociale. ; Le meilleur criterium de la valeur des applications de l’hygiène É: et d’une organisation sanitaire c’est la diminution de la mor- 4 talité. On peut suivre, ainsi, par les statistiques de la mortalité, la marche des progrès de l’hygiène publique chez les différents

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démontrent comment le taux de la mortalité s’est abaissé, dans tous # ,: Éet ,

moyens de les pays, à mesure qu ils se sont cit de bonnes organisations

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L'ensemble du tableau indique que le taux de la mortalité, dans les principaux pays et les principales villes de l'Europe, s’est abaissé, en moyenne, de 5 pour 1009 habitants depuis les trois ou quatre dernières décades,

Cette différence est encore plus sensible pour la mortalité par la fièvre typhoïde,

Par cet abaissement du taux de leur mortalité, l’Angleterre, l'Ecosse et le Pays de Galles, sur 30 millions d'habitants, éparguent donc, anuuellement 150 000 vies.

Londres, de son côté, par une diminution proportionnelle, en épargne 20 000 chaque année,

L'Autriche, l'Allemagne et la Russie ne donnent pas des résultats aussi favorables : cu qui s'explique lursque nous connaissions que c'est l'Angleterre la première, puis la France, qui ont donné l'exemple aux autres nations, dans la voie des graudes réformes hygiéniques et de l’organisation sanitaire,

Le royaume-uni de l'Angleterre, de l’Ecosse, figure au premier rang, pour les progrès réalisés en faveur de la vie humaine ; la mortalité n'étant actuellement que de 19 pour 1000 habitants même à Londres, tandis qu’en France cette mortalité est encore de 22 pour 1 000 et de 23 à Paris.

La raison de cette supériorité qui est toute à l'honneur de l'Angleterre, nous est mise en lumière dans le même ouvrage auquel j'emprunte ces statistiques : “ De tous les pays civilisés, dit le Dr Palmberg, aucun n’a un code sanitaire aussi complet et aussi précis que l'Angleterre, Ce qui distingue cette législation de celle des autres pays, c’est, qu’étant l’œuvre du Parlement lui même, et par conséquent de la nation, au lieu d’être de simples arrêtés administratifs, elle est respectée, observée religieusement, tous s’y soumettent sans objection et saus murmure,

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atteinte à la liberté inaividuelle car, pour être efficaces, elles doivent nécessairement restreindre l'inviolabilité du domicile, Pour s'assurer qu’elles sont observées, il faut, en effet, visiter les maisons et les cours, désinfecter les logements, etc.

“ Or, nulle part, l’idée de la liberté individuelle et de l'inviolabilité du domicile n’est aussi enracinée que chez les Anglais. Cela n'empêche pas qu’ils ne se soumettent avec empressement à des lois qui leur enlévent une bonne partie de cette liberté. La raison en est que, pour un Anglais, le mot Liberté n'est pas un vain mot, mais, au contraire, qu’il désigue tout ce qui peut sauvegarder l'individu et l’affrauchir des inconvénients et des périls inhérents à la vie en société, ”

La France, de l’aveu du Professeur Brouardel, Président du Comité Uonsultatif d'Hygiène, est plus arriérée que l’Angleterre sous le rapport de la législation sanitaire, et sa hiérarchie exécutive étant plus défectueuse, les lois restent plus souvent lettres mortes. C’est ce qui explique, en partie, pourquoi le taux de la mortalité actuelle dans ce pays est encore aussi élevé que celui de l’Angleterre en 1860.

Cette diminution constante de la mortalité dans tous les milieux où les applications de l'hygièue publique ont été généralisées, n'a pas été sans iufluence sur l'augmentation de la durée moyenne de la vie humaine,

D'après les statistiques de Duvillars, en France, la durée moyenne de la vie humaine n’était que de 28 ans en 1789, de 34 ans en 1834, et, par une progression parallèle au déveluppement des organisations sanitaires, elle s'élève à 38 et même à 40 ans en certains pays.

Ces progrès témoignent, avec éclat de la supériorité de lhygiène; en effet, si elle a réussi à augmenter les chances de vie pour tous et à relever le niveau de la durée moyenne de la vie humaine, elle a eu à lutter, dans le même temps, contre l'influence défavorables d’un grand nombre de conditions nouvelles, dans l’état social ; particulièrement la création des industries, l’émigration des populations des campagnes dans les villes, l'encombrement des grands centres, les abus de plus en plus généralisés des boissons alcouliques, le surmenage physique et intellectuel qui est l’un des traits caractéristiques du siècle.

Ces conditions nouvelles, dans nos sociétés modernes, coustituent les problèmes do l’hygiène pour l'avenir; car elles tendent à faire baisser le niveau de la vitalité humaine et la vigueur des races. Ainsi on sait que la taille va de plus en plus en diminuant de nos jours, Ce fait est surtout remarqué dans les centres industriels où les femmes et les enfants sont soumis prématurément au travail des ateliers et des manufactures, A tel point que le recrutement militaire serait presque impossible aujourd’hui, dans certains pays, si les autorités s'en tenaient À la taille exigée, au commencement du siècle,

La ville de Londres nous offre l’un des exemples les plus frappants et les plus admirables des résultats que l’on peut obtenir en faveur de la vie humaine par les applications systématiques de l'hygiène, même dans les milieux les moins favorisés.

Des hommes éminents, économistes et philanthropes, frappés de la déchéance organique progressive des populations ouvrières, qui végétaient dans les habitations malsaines des quartiers encombrés de la grande métropole, et frappés des résultats déjà obtenus par des mesures de l'assainissement général de la ville, résolurent de tenter une expérience décisive pour l'amélioration des classes laborieuses les plus souffrantes,

Ils fondèrent une puissante compaguie, he Improved Industrial Duwelling Co. sous la présidence de Sir Sidney Waterlow, dans laquelle il; engagèrent plus d’un million de louis sterling, pour bâtir un ensemble de logements améliorés d’après les exigences de l'hygiène.

Le seul luxe de ces logements devait être les conditions essentielles de la salubrité : l'abondance de la lumière et de l'air, la ventilation, l'éloignement de l'humidité et des causes de méphitisme, par uu système de drainage approprié. Ces logements étaient complètement privés de communication directe entre eux, et ils étaient munis d’escaliers et de galeries au dehors pour éviter toute promiscuité,

Le nombre de familles ainsi logées est de 5 300 formant une population de plus de 20 000 âmes.

Ces familles se font remarquer par le chiffre des naissances qui est de 35 pour 1 000. Vu cette particai:rité et les conditions précaires qui leur sont imposées par un salaire modique, on aurait

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dû s'attendre à constater une mortalité plus élevée parmi ce groupe de familles que parmi la population générale de la ville, Les rapports et les registres officiels établissent le contraire, comme le démontre le tableau suivant :

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Ainsi, voilà un groupe de population qui est loin d’être le plus favorisé sous le rapport des conditions matérielles de la vie et qui, par le fait d’être placé dans des habitations pourvues systématiquement des meilleures conditions de salubrité, donnent les preuves d’une vitalité qui ne se rencontre pas dans les milieux les plus aisés, mais d’où l'hygiène est absente.

Ces résultats si féconds en enseignements, n’ont jamais été surpassés si ce n’est par la ville de Pullman, aux Etat-Unis, Cette ville récente est presqu’exclusivement réservée aux ouvriers de la Compagnie de la construction des chars Pullman. Elle doit sa fondation à une idée généreuse et philanthropique du puissant industriel qui lui a donné son nom et qui a voulu assurer, ainsi, à ses nombreux employés tous les avantages de la santé en même temps que les jouissances du confort et du bien-être compatibles avec leur état,

L’assiette géologique de cette ville, avant qu’elle fût livrée aux habitations, a été assainie d'avance par les meilleurs procédés du drainage et de la canalisation pour les égouts. L’approvisionnement de l’eau est abondante et de bonne qualité, Chaque habitation est isolée par un espace libre de terrain qui peut permettre la culture d’un jardin d'agrément ou de plantations légères, et qui, dans tous les cas, assure les deux conditions essentielles de la salubrité, l'abondance de l'air pur et de la lumière solaire. Les rues sont largement ouvertes, bordévs d'arbres, et maintenues dans la plus rigoureuse propreté. Enfin, comme complément

de tous ces avantages hygiéniques, la règle établie ne tolère pas le’ débit des boissons alcooliques.

Aussi les maladies ne trouvent-elles, le plus souvent, dans ce milieu, qu’un terrain réfractaire à leur évolution, et la mort estelle lente à choisir ses victimes, Le chômage par les maladies west guère connu parmi les ouvriers ; on ne semble, pour ainsi dire, y mourir que pour satisfaire à la loi commune, le semel mori, C'est ce qui lni a valu le surnom de ville hygiénique modèle,

Vous ne trouverez pas sans intérêt que je mette ici sous vos regards les statistiques vitales de notre pays.

Ces statistiques ne sont récueillis que depuis 1883. Elles ont été le prélude de notre organisation sanitaire intérieure qui n'est pour ainsi dire, qu’à peine ébauchée.

Toutes incomplètes qu’elles soient, elles n'en sont pas moins éloquentes, à leur manière. En nous faisant connaître le tribut élevé que nous payons à la mort, chaque année, elles nous feront mieux juger des enseignements que nous devons emprunter à l'expérience des autres pays, et de la responsabilité qui nous incombe de complèter notre système de défense contre les maladies qui épuisent la vitalité de nos populations. Elles nous feront mieux comprendre, en même temps, quelles compensations l'hygiène peut nous offrir en retour des sacrifices qu’elle nous imposerait pour une protection plus efficace de la vie humaine,

J'emprunterai au Journal d'hygiène populaire, Vorgane du Conseil Provincial les données relatives aux statistiques officielles publiées par le Département de l'Agriculture à Ottawa nour l’année 1858-89.

Sous le titre de “ Péril national ” le savant hygiéniste qui préside à la rédaction de cet excellent journal, le Dr Desroches, nous faisait connaître, d’une façon saississante, le bilan de nos statistiques : “ Le taux de la mortalité, disait-il, pour l’année 1888, dans les sept principales villes de la province de Québec s'élève à 31 pour 1000 habitants, tandis qu'il ne dépasse guère 20 en Angleterre et aux Etats-Unis, 22 en France, et 24 dans les autres

pays. ” « Les 97 villes du Canada ani fournissent mensuellement la statistique mortuaire au Mivisiere de l'Agriculture à Ottawa 1 )

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