‹ L'hygiène au point de vue scientifique, économique et national [microforme]Chapitre 2 sur 3 · Elles ont sure qui n’est · texte numérisé non relu

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« La population collective des sept principales villes de la province de Québec était, l’année derni‘re, de 320 188 habitants, La mortalité chez les enfants amie 18 de ‘cinq ans de cette population se chiffre à 6 905, soit à un taux de 714.20 pour 1 000 du total des décès et de plus de 21 pour 1000 habitants de la population, ”

“En présence de ces chiffres élevés qui constituent notre deuil national, ne nous est-il pas parmi de jeter le cri d'alarme au sujet du ralentissement de notre peuple dans l'accroissement de sa population ? ”

Tel est l'avertissement que ces statistiques inspirent à l'organe le plus accrédité de l'hygiène dans cette province.

Les statistiques pour l’année 1889-90 accusent une amélioration sensible, pour l’ensemble des villes de la Confédération ; mais il est regrettable, pour nous, de constater que notre bonne ville de Québec, avec le site le plus salubre que l’on puisse désirer pour une ville, conserve encore, malgré tout, pour cette année, 80 chiffre habituel d’une mortalité qui dépasse 31 pour 1 000 habitants, lorsque, dans plusieurs autres villes du Dominion, la mortalité n’est que de 18 à 20 pour 1 000.

Est-ce une coïncidence ou l'effet de circonstances incontrôlables ? Ne serait-ce pas plutôt parce que nous sommes trop lents à achever notre organisation sanitaire municipale, et que nous laissons trop souvent à l’état de lettres mortes les lois et les règlements qui sont promulgués pour la sécurité commune *

Ce chiffre persistant d’une mortalité élevée ne laisse aucun doute que nous ne marchons pas de pair avec les autres villes, dans la voie des progrès de l'hygiène.

Si nous ne sommes prompts à nous réformer, il sera à craindre que cette vieille cité de Champlain, qui est la ville histo-

rique par excellence, la terre classique des lettres au Canada, ne subisse le risque de s’illustrer d’une autre manière, en méritant d’être comptée comme la terre des maladies endémiques et épidémiques. À nos édiles sanitaires de nous préserver 4'une pareille illustration |

Pour nous faire apprécier davantage la valeur des progrès réalisés par l'hygiène, en faveur de la vie humaine dans les pays qui ont diminué leur mortalité, et pour nous faire comprendre la grandeur des pertes que nous subissons dans cette province, par la mortalité si élevée qui pèse sur notre population, il suffira d'établir quelle est la valeur de la vie humaine au point de vue de l’économie sociale,

“ La vie humaine, dit le Dr Jules Rochard, hygiéniste et publi. ciste éminent, n’a pas de prix quand on l’envisage sous son côté moral et intellectuel ”.…

“ Mais, indépendamment de cette valeur morale et intellectuelle que personne ne songe à chiffrer, elle en a une toute matérielle ; elle représente un capital de grande importance, La loi ne l’envisage pas autrement, quand elle impose des dommages et intérets à celui qui a causé involontairement la mort d'autrui : et nous mêmes, lorsque nous contractons une assurance sur la vie, nous estimons que notre existence vaut une certaine somme, et nous voulons garantir à notre famille, en cas de décès, le remboursement de cette somme, exactement comme si nous assurions une maison contre l'incendie ou un navire contre le naufrage, ”

“ Cette valeur économique représente ce que chaque individu a coûté à sa famille, à la commune ou à l’état pour vivre, se développer et s’instruire ; c’est l'emprunt qu’il a fait au capital social pour arriver à l’âge où il pourra le lui rembourser par son travail ; elle est égale à la somme dont le produit de ce même travail représente l'intérêt. Elle va en augmentant depuis la naissance jusqu’à l’âge mûr. Elle reste quelque temps stationnaire. Vuis elle continue à décroître, comme tout capital périssable, pour s’annuler dans la vieillesse où l’homme ne peut plus rendre de service à la société et devient une non-valeur, au même titre que linfirme, que le malade, que l’aliéné, que l’oisif, qui ne sont que des charges sociales, ”

Des savants publicistes, Sir Ed, Chadwich, Sir James Paget et Farr, en Angleterre, Jules Rochard, en France, ont établi, par des calculs assez précis, que chaque vie humaine représente une

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valeur qui, exprimée en monnaie courante, équivaut à une somme variant de 1 500 à 5 000 francs : ce qui est inférieur à celle déter-

minée par les calculs de nos voisins les Américains qui l'ont élevée au chiffre de 3 500 dollars.

En appliquant ces données, sur la valeur matérielle de la vie humaine aux statistiques des différents pays dont nous avons indiqué la diminution de la mortalité, on se convaincra facilement de la justesse et de la vérité de cette proposition énoncée par le Dr Rochard, que :“ si l'hygiène impose des sacrifices pécuniaires pour la réalisation de ses conceptions, elle paie par elle-même les frais de la communauté par les économies qu’elle réalise sur la vie humaine, sur le chômage, les frais de la maladie et de la mort.”

La ville de Londres a consacré plusieurs millions de dollars pour les frais de son assainissement ; mais, comme nous l'avons vu, elle épargne, aujourd’hui, 5 pour 1000 de ses habitants, de plus qu'en 1850, soit 20 000 vies par année, En prenant pour base d'appréciation de la valeur matérielle de chacune de ces vies, le chiffre moyen déterminé par différents économistes, soit environ 2500 francs, on établit une épargne de 50 millions de francs, chaque année, comme compensation des sacrifices pécuniaires que cette grande métropole s’est imposée pour la santé publique.

À la dernière conférence sanitaire de Rome, des hygiénistes anglais disaient: “ Nous avons dépensé, depuis un demi siècle, quatre milliards pour assainir notre pays, ” soit la somme énorme de près de 100 millions par année, Mais, comme nous l'avons vu, par l’abaissement du taux de la mortalité qui a fait suite à ces mesures d'assainissement, le Royaume-Uni de l'Angleterre, de l’Ecosse et du Pays de Galles épargne, annuellement, 150 000 vies de plus qu’en 1850: soit une économie 375 m llions de francs en valeur matérielle, chaque année,

Il n'est pas besoin de choisir d’autres eve.uples pour ln oatrer la vérité de ces axiomes : que la santé est la richesse des nations comme celle des individus ; que la santé publique, c’est le bien public ; et que toute dépense fuite au nom de l'hygiène est une économie,

Encore, doit-on remarquer que ces statistiques de la mortalité n'éclairent qu'un des côtés de la question de l'hygiène envisagée

au point de vue de l’économie sociale et qu’elles sont loin de nous donner une idée adéquate de la-perturbation que le défaut de pro-

tection de la santé et de la vie humaine apporte dans les éléments de la fortune publique.

En effet, pour chaque cas de mortalité accusé dans les statistiques, correspond un certain nombre de malades qui ne figure pas dans la statistique mortuaire, L'expérience clinique démontre que, même pour les maladies graves, comme la fièvre typhoïde, il ne meurt que 15 malades sur 100 ; par conséquent 15 cas de mortalité dans les statistiques mortuaires indiquent 100 cas de maladies.

Or la maladie c’est l'incapacité pour le travail; c’est donc une perte matérielle, et de plus, c’est une dépense. On a calculé que chaque maladie fait perdre en moyenne, au moins 30 journées de travail; et on accorde 2 francs comme prix moyen de chaque jour de travail. On entrevoit immédiatement quel capital représente ces pertes de travail occasionnées par les maladies,

Si, maintenant, à l’aide de ces données, on cherche à apprécier quelle peut être l'influence sur la richesse nationale, de l'excès de la mortalité et des maladies que subit sur notre population, nous arriverons à des conclusions bien propres à exciter notre intérêt,

Nous avons vu que le taux de la mortalité de la population collective des villes de la province de Québec s’est élevé à 31 pour 1 000 habitants et même à 33 parmi la population Canadiennefrançaise. La mortalité, dans nos campagnes, sersit aussi élevée, si non plus, d’après M. le Dr Beaudry, inspecteur sanitaire du Conseil d'hygiène, de la province de Québec. Nous avons vu également que le taux de la mortalité a été abaissé au chiffre de 19 par 1 000 en Angleterre, en Écosse et même à Londres qui ne sont pourtant pas beaucoup plus favorisés que nous sous le rapport du climat. Les exemples particuliers que nous avons cités, nous forcent d'admettre d’un autre côté, que ce chiffre de mortalité pourrait être diminué bien davantage, par les applications systématiques et généralisées de l'hygiène. Nous sommes donc en droit d'affirmer positivement qu'ici dans la province de Québec nous perdons au moins 10 vies pour 1000 que nous pourrions sûrement épargner, si nous avions l'intelligence de protéger les

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intérêts de la vie humaine comme nous savons protéger les intérêts de notre commerce, de l’agriculture et de nos industries.

La population de la Province étant estimée 1 500 000 âmes, nous pouvons donc dire que nous payons à la mort, chaque anncs, une dîme évitable de 15 000 vies.

Or, comme nous l'avons indiqué par la détermination du rapport qui existe entre les chiffres de la mortalité et ceux des maladies correspondantes, une dime évitable de 15000 cas de mortalité accuse l'existence de 100 000 cas de maladies qui auraient pu être évitées, Chaque malsdie entraînant une perte moyenne de trente journées de travail, l’ensemble de ces statistiques indique donc une perte annuelle de 3 000 000 de journées de travail dans notre province encore si peu développée.

Si l’on accorde 2 francs pour le prix moyen de chaque jour de travail on arrive à déterminer une somme de 6 000 000 de francs comme perte annuelle aux dépens du capital du travail. Sion applique, pour chacun des 15 000 cas de mortalité évitable, le prix moyen de la valeur économique de la vie humaine, soit 2000 francs, on établit une somme de 30 000 000 de francs comme perte annuelle aux dépens du capital-vie. Voilà les dîmes évitables que nous payons, chaque année, à la mort et aux maladies dans notre jeune pays où nous aurions pourtant un si grand besoin de concentrer nos forces vives ; et cela sans compter les frais de la mort, les dépenses de la maladie, les journées de deuil et d’angoisses imposées à des milliers de familles,

Mais cette question de l'hygiène publique ou de la protection de la vie humaine, pour un jeune pays comme le nôtre, s'élève plus haut que les intérêts purement matériels de capital, d’argent ou de travail : elle touche directeiunent à l’uvenir de notre nationalité,

En effet l'hygiène a essentiellement pour but de conserver la santé, de prolonger la vie et de diminuer la mortalité, Les statistiques que nous avons étudiées, prouvent qu’elle & eu ce triple résultat partout où elle a reçu le concours libéral des autorités et la coopération intelligente dos individus. Elle a donc pour effet

à4 de conserver à un pays le chiffre de sa population et de favoriser son aceroissement. Or laccroïssement de la population est un des principaux éléments de la grandeur et de la prépondérance des peuples ; c'est le signe presqu'infaillible de leur prospérité. Un pays dont la population décroît ou reste stationnaire est un pays qui marche vers la décadence. De nos jours, pas plus qu'autrefois la force ne va pas sans le nombre.

La grandeur et la prospérité d’une nation ne dépendent donc pas seulement du pays qu’elle habite, des institutions qui la régissent, mais, aussi et en grande partie du chiffre et de l’accroissement de sa population ainsi que de sa vigueur physique et morale,

Quant à nous, nous vivons dans un pays ,salubre, qui par son étendue, par sa fertilité et par ses richesses naturelles put donner la subsistance à une population trente fois plus nombreuse que celle qui l’habite aujourd’hui. Nos institutions sont celles des peuples les plus libres et les plus religieux du monde. Notre population collective est formée par les rameaux des plus puissantes races qui ont illustré la famille humaine et qui, greffés sur ce sol nouveau, se développent en harmonie sous le même drapeau et sous l'égide de la même constitution. Enfin nous donnons l'exemple d’une fécondité qui étonne les autres nations. Nous n'avons donc rien à envier aux autres nations sous tous ces rapports.

Que nous manque-t-il pour assurer notre prépondérance et nous faire arriver promptement aux destinées que nous avons le droit d’ambitionner sur cette terre que nos ancêtres ont ouvert à la civilisation ?

La réponse est nettement indiquée, pour une partie du moins, dans les statistiques officielles que nous avons analysées. La mortalité excessive qui pèse sur notre population et qui dépasse de 10 pour 1000 celle de l'Angleterre, de Londres et de l'Écosse est un des obstacles les plus graves pour notre accroissement, pour l’établissement de notre prépondérance et de notre richesse nationale, au même titre que l'émigration qui nous décime depuis de longues années et que nous déplorons comme un péril national,

Nous avons, il est vrai, une natalité de 45 pour 1 000 habitants tandis que la natalité de la plupart des autres pays ne dépasse

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pas 35. C’est nn avantage dont nous devrions savoir tirer un plus grand profit. Cette fécondité prodigieuse, qui découle plutôt de l'intégrité des mœurs de nos familles que des influences du climat et de la vitalité de notre race, nous a empêché jusqu'ici de décheoir et a servi à combler le déficit que tendent à créer dans notre économie sociale la mortalité excessive et l’émigration de nos compatriotes sur le territoire voisin.

Mais, si, en adoptant le sens pratique des habitants de la mère patrie, en ne ménageant pas les sacrifices pour organiser la défense contre les maladies qui prélèvent un si lourd tribut sur notre population, en entrant courageusement dans la voie des réformes sanitaires, nous savious trouver le secret de réduire notre mortalité à un taux égal à celui de Londres, de l'Angleterre et de l'Écosse, (ce qui serait comme nous l'avons démontré, une épargne de 15 000 vies par année), notre avancement et notre accroissement seraient deux fois plus rapides.

Cette perte annuelle de 15 000 vies que nous pourrions éviter, devrait nous être d'autant plus sensible que nous sommes obligés de faire appel à l'immigration étrangère pour remplir les vides de nos carrières, eë qu’elle représente assez exactement le chiffre présumé des pertes annuelles que nous subissons, depuis 25 ans, par l'émigratiou de nos compatriotes aux Etats-Unis.

Cette émigration qui nous décime, n’a guère pu être controlée par aucun des remèdes tentés jusqu'ici. C’est encore le problème qui préoccupe le plus vivement nos législateurs et tous ceux qui s'intéressent à l’avenir de notre nationalité,

La plupart des réformes et des tentatives de progrès dans notre système économique semblent converger vers le but particulier de retenir au pays les enfants du sol. Cependant, on se sentira forcé d'admettre que ce fléau de l’émigration qui occupe à si juste titre l’attention de nos législateurs et de nos économistes, n’est pas une cause d’affaiblissement comparable à celle que nous subissons par l'excès de la mortalité évitable, L’émigration et l’excès de la mortalité nous font perdre, chaque année, un chiffre à peu près égal de vies ; l’une et l’autre sont par conséquent un égal péril en apparence, et constituent un affaiblissement moral et matériel très sensible pour notre jeune pays qui offre un champ si vaste pour des carrières nouvelles et pour l’extension de la colonisation,

Mais l'émigration nous offre des compensations que nous ne trouvons pas dans la mortalité,

Ces familles, librement exilées du sol natal, continuent leur expansion sur la terre étrangère. Séparées de la mère patrie que par une ligne pour ainsi dire imaginaire, elles continuent la chaîne des relations sympathiques ; elles vivent des mêmes traditions nationales et religieuses qui sont comme le seul patrimoine qu’elles ont emporté dans leurs nouveaux foyers; elles servent à créer des débouchés pour notre commerce et l'exploitation de nos ressources naturelles ; enfin elles reviennent quelquefois, en groupes assez nombreux, reprendre leur place au banquet de a nation.

Ce sont comme autant de rameaux détachés du tronc national qui se sont transplantés dans un autre sol, mais dans lequel leur sève vigoureuse leur a fait pousser de puissantes racines, Qui connaît assez le secret de notre avenir et les desseins de la Providence, pour prédire que nous ne serons jamais appelés à recueillir, un jour, les fruits mûris de ces arbres, rejetons de notre race, qui se seront multipliés et auront grandi loin du berceau de leur nationalité mais qui demain, peut-être, seront plus que million ?

Maïs tous ceux que nous laissons périr inutilement, par l’absence d’un système efficace de protection sanitaire et qui, au nombre excessif de 15 000 chaque année, descendent prématurément dans la tombe, ceux-là ne reviendruont plus et ne se multiplieront pas. Ils constituent une perte irréparable et sans compensation, Ces existences, à jamais perdues, sont comme autant de rameaux, qui jonchent la terre de leurs débris et qui témoignent d’un désordre et de lacunes graves dans notre organisation sociale,

Puisque la nécessité et les exigences du progrès dans une province encore jeune, nous font trouver avantage à offrir notre argent cb nos richesses naturelles en prime à l'immigration étrangère, ne serait-il pas urgent d'aborder sérieusement le problème de notre organisation de la défense contre les maladies ; et ne serions nous pas coupables de négliger plus longtemps de nous imposer des sacrifices équivalents pour conserver avant tout ceux qui nous appartiennent déjà par le sang, par la langue et par l'amour nationai ?

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toujours été considérée comme notre principal élément de force, élément qui a donné l'essor à toutes nos institutions et qui à été le véritable secret de l'accroissement prodigieux de notre population, en sauvegardant les mœurs de nos familles et en opposaut par la sévérité de sa morale, une barrière contre les doctrines de Malthus qui limitent la fécondité des mariages. On sait que ces doctrines funestes sont devenues un véritable péril social pour certains pays, pour la France particulièrement, où la population reste presque stationnaire. Mais l’histoire toute récente de nos statistiques nous indique qu’il nous manque un autre élément de fvrce important, dans notre organisation sociale : c’est l'Hygiène, cette science et cet art, qui, comme nous l'avons vu, est toute puissante pour prévenir les maladies, pour diminuer la mortalité, et qui sera toute puissante, également, pour conserver à notre pays les fruits bénis de notre fécondité providentielle, notre salut dans le passé et qui sera notre espoir dans l’avenir.

Nous avons été forcé de jeter les premières bases de notre organisation sanitaire intérieurs, en 1885, sous le coup de cette terrible épidémie de variole qui a coûté au delà de 5 000 vies à la seule ville de Montréal et qui a fait perdre plusieurs millions à notre commerce, Beaucoup d'efforts ont été tentés depuis, dans la voie des réformes hygiéniques ; beaucoup de travail util® a été accompli surtout dans notre législation sauitaire, grâce au zèle éclairé du Conseil d'hygiène de cette Province; la connaissance de l'hygiène pénètre peu à peu dans tous les milieux par l'influence du Journal d'hygiène populaire qui remplit avec succès et avec éclat, la tache de vulgariser cette science sociale; mais il reste encore beaucoup de progrès à réaliser au point de vue des applications. Il ne faudrait pas attendre une nouvelle épidémie aussi meurtrière pour se mettre à l'œuvre. Malheureusement dans certains districts les apôtres de l'hygiène sont plus rares que ne l'exigeraient les besoins du moment où il faut vaincre tant d'obtacles avant d’usseoir, sur une base convenable, un service de santé, obstacles qui naissent de l'indifférence, de la routine et des préjugés de notre population.

Nous avons les statistiques officielles qui nous éclairent suffsamment sur le bilan de nos pertes et les causes de notre mortalité. Il nous incombe d’abaisser de plus en plus le taux excessif

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