L'Hygiene dans les maisons d'education
J^ai eu, demièrement, l'avantage de causer d'hygiène aux élèves du Séminaire de Joliette.
Nous voyons si souvent de graves erreurs administratives comiiiises un peU' partout dans notre province qu'il nous vient fatalement 'à l'esprit l'idée d'en recherclier les causes.
H y aura toujours, bien entendu, des maladies épidémiques; cliez nous comme aillieurs, les petits enfants ne peuvent pas tous devenir des hommes; mais pourquoi avons-nous des statistiques qui donnent à l'étranger une piètre idée de notre culture?
D'où vient qu'à Joliette, par exemple, il fallut que des milliers de jeunes gens meurent de typhoïde avant que le Conseil de Ville tongeât à laisser sa prise d'eau de la rivière Assomption, et à fournir ri 'eau de source? Même chose à Trois-Eivières où la population persistait à boire l'eau de la rivière St-Mau -ice 'Souillée par les égoûts de Shawinigan, de Grand'Mère et des autres municipalités situées sr.T ses bords? Il fallut une épidémie formidable pour assurer aux Trifluviens une eau potable provenant de plusieurs puits artésiens.
Aylmer, si éprouvée pendant nombre d'années par la typhoïde,, e-t tout ébahie des changements opérés par son filtre moderne.
St-Jean, 'St-Hyacinthe. St-Laurent et quelques antre.^ cités qui n'étant pas moins éprouvées auirefois, ont actuclUement une eau, filtrée et s'en trouvent bien.
Je pourrais, d'autre part citer plusieurs municipalités où la typhoïde règne à l'état endémique parce que l'eau d'approvisionnement est contaminée. Le chiffre de la mortalité n'est pas encore assez élevée, je suppose, pour attirer l'attention des conseillers municipaiLx intéressés.
Et pourquoi faut-il que chez nos gens il y ait plus de scarlatine, de diphthérie, qu'ailleurs? Pourquoi nos enfants si vigoureux ? leur naissance sont-ils aussi nombreux victimes de la gastro-enté-ite ?
La tuberculose fait au sein de notre popuilation à la ville comme «^ la campagne, de tels ravages qu'il est décourageant de voir commt on se soucie peu des moyens de l'enrayer. ^---'••" "
D'où vient ce triste état de chose ? Faut-il s'en 'prendre au climat, à un manque de vigueur de notre race ? Non assurément !
Je ne vois que Yignorance de toutes les classes de notre société, ^n matière d'hyigiène, qui puisse en. fournir la raison.
Notre classe dirigeante est appelée, chaque jour, aux parlen ents, dans les conseils municipaux, à se prononcer sur -des questions de la plus haute importance au. point de vue de la santé. Il suffit d'étudier les résultats de ses délibérations à propos de filtre, eu choix d'un site pour cimetière, de l'opportunité de nommer un médecin pour le service sanitaire, etc., etc., pour constater que l'ignorance de l'hygiène. Mêmes erreurs au point de vue de l'alimentation. "'"'£ cultivateur qui proportionne la nourriture de ses chevaux à la somme de travail qu'il leur demande prend cependant la même quantité de viande pendant les durs travaux de la moisson et pendant les longs mois de repos de l'hiver. Je vois des hommes de profession, des financiers, etc., occupés à des travaux de bureau, qui prennent chaque jour •de la viande à leurs trois repas. Ces fils de cultivateurs ou d'artisans la viande à leurs trois repas. Ces fils de cultivateurs ou d'artisans que des études classiques ont conduit dans les carrières professionnelles, ignorent malheureusement les règles les plus élémentaires de l'hygiène. En se nourrissant de la même façon que leurs pères, ils meurent jeunes d'artério-sclérose, de maladies de reins, de diabète et d'autres maladies qui sont la conséquence fatale de leur nourriture carnée trop abondante.
L'iiygiène de l'habitation chez le riche comme chez le pauvre, Tious donnerait des enfants plus vigourcTix. L'hygiène à l'école et dans nos grands penisonnats nous les conserveraient en meilleure Santé. Le soleil et l'air pur doivent pénétrer partout si nous voulons notre race forte et prospère.
Voilà autant de choses qu'il me fut donné de dire devant quatre cents élèves du Séminaire de Joliette. J'exprimai le regret en terminant que l'examen médical des élèves de nos grandes maisons d'éducation secondaire ne fût pas encore exio^ par ceux qui les dirigeaient. Les enfants pauvres de nos écoles de Montréal sont à ce point de vue plus favorisée parce qu'à l'instar des écoles américaines, ils sont placés sous la surveillance quotidienne de médecins expérimentés. Les troubles de la vue, de l'audition, de la dentition, la tuberculose ganglionaire et pulmonaire, les affections de la gorge, les maladies contagieuses, peuvent être dépistés à leur début et corrigés au plus grand bénéfice de ces mêmes élèves. Pourquoi
alors, ipriver plus longtemps les élèves de nos collèges et de nos pensionnats des mêmes avantages?
Le EéT. Père Latoiir annonça' qu'un cours d^i3'giène serait donné au iSéminaire par les,m'édecins de Joliette. z
Ancien élève je guis heureux de féliciter le Eév. Père Supérieur qui continue l'oeuvre commencée par ses prédécesseurs les RE. PP. Josep'h Morin et F. -M. Eoberge.
Au nombre des améliorations accomplies ces dernières années pour le bien être des ooll-égions, je dois attirer l'attention sur l'instalation de douches qui est une 'des plus belles que j'ai vues.
Il est fortement question de remplacer la partie ancienne du séminaire par une construction spacieuse où rien ne sera négligé pour répondre à toutes les exigences de l'hygiène..
Sur ma demande ,M. le Docteur J.-A. Baudouin, officier de santé pour la ville de La chine et assistant-secrétaire-directeur du Conseil ;Supérieur d'Hygiène Provincial, a bien voulu me permettre de donner ciaprès le programme de son cours d'hygiène, tel qu'enseigné actuellement aux noviciats des Soeurs de 'Sainte-Anne, Lachine, et des Frères des Ecole? Chrétiennes, Laval-des-Eapides.
iSouhaitons que la lecture de ee programme d'un cours d'hygiène amène d'autres maisons à se joindre à celles qui ont été les pionnières dans la voie nouvelle.
COURS D'HYGIENE (i)
par J.-A . BA UDO UIN, M. D.
1ère Leçon — GENERALITES.
Importance de l'enseignement de Vhygiène.
L'hygiène est nécessaire à tous; or, il est impossiblie d'en avoir Li pratique générale si elle n'est pas enseignée; c'est pourquoi, connaissant mieux maintenant cet impérieuse nécessité, cherche-t-on à répondre cet enseignement. Il s'adresse à la population par pamplilets, articleis de journaux, congrès, conférences. Limitation de cet enseignement par: — a) habitudes prises; b) préjugés; c) intérêts (nécessité de former une opinion publique favorable); d) abstentiontf Au'Sisi a-t-on songé à lui ajouter d'autres modes: — a) enseignement de l'hygiène dans les milieux scolaires (sa supériorité) ; b) enseignement individuel de l'hygiène réalisé par des visites à domicile faites par des infirmières.
Définitions — Historique — Résultats de l'hygiène moderne — Division du cours — Hygiène individuelle, hygiène publique.