‹ L'hygiène des piscines autrefois et aujourd'huiChapitre 6 sur 16 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La natation étant un sport qu'il est très utile de cultiver, l’idée de construire de grands bassins couverts, alimentés d’eau tiède, permettant de poursuivre l’hiver l’enlraîinement que l’on pratique l’été dans les cours d’eau, a enthousiasmé tous ceux qui s'intéressent aux exercices physiques. De là est né, dans l'opinion publique, un fort courant en faveur de la création de piscines. Malheureusement, les établissements de bains actuels étant dans un tel état de délabrement que l’on ne peut songer à leur réfection, nos édiles ont pensé que l’on pourrait faire des piscines, de véritables établissements de bains en commun oùle public pourrait s'entraîner à la natation en même temps qu'ils’y nettoierait.

Or, l’expérience a démontré que, si la natation est un excellent exercice physique qui assainit la peau, elle n’est pas exempte de dangers si on la pratique dans certains bassins établis dans les villes où le baigneur, loin de purifier son corps est exposé au

Pas

contraire à s’infecter. Emus par le récit de quelques

affections contractées dans l’eau de certaines piscines de Paris, nous avons cru intéressant de passer en revue les inconvénients de ces établissements sur lesquels des articles récents avaient attiré l’attention au point de vue hygiénique, encouragés en cela par M. le professeur Tanon que nous remercions vivement de cette marque de confiance, comme aussi des conseils qu'il nous a prodigués.

Nous n'avons relevé qu’un cas de spirochétose dite « de piscine » dont l’étiologie était plutôt suspectée que démontrée. La présence de spirochètes dans l’eau à été en effet constatée au Japon par Inada et Ito mais n’a pas été retrouvée dans l’eau des piscines publiques.

Aussi ne s'étonnera-t-on pas que devant la rareté des cas démontrés dus à ce mode de contagion, nous n’apportions pas d'observations personnelles. Quant aux cas de conjonctivite qui sont beaucoup plus nets, ils sont plus nombreux. Dans ces deux dernières annéés, ils ont fait l’objet de communications de la part des D Bourdier, Chaillous, Nida, Morax, à la Société de Médecine de Paris.

Laissant de côté la question pathologie, nous voudrions faire, dans un exposé général, l'historique des piscines, en nous maintenant au point de vue hygiénique afin de démontrer que les piscines publiques, si elles ne sont pas surveillées et établies d’après des principes rigoureux, constituent un danger pour la santé des baigneurs.

Après un aperçu historique, qui fera l’objet de notre premier chapitre, nous étudierons le fonctionnement et la disposition des piscines actuelles. Un troisième chapitre sera ‘consacré aux inconvénients des piscines publiques avec l’exposé de quelques : observations de maladies dont elles sont la cause ; dansun quatrième chapitre, nous examinerons ce qui a été jusqu'à ce jour, mis en pratique pour remédier à ces inconvénients ; et enfin après avoir apprécié la valeur des mesures prises, nous réchercherons s’il y à des moyens d’arriver à la perfection et si ces moyens sont d’une application vraiment pratique ; en un mot, si l’on doit encourager la cons-

truction de tels établissements.

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