‹ L'hygiène du neurasthénique (volume 2)Chapitre 21 sur 55 · Anjel, Archiv fur Psych., VIII · texte numérisé non relu

Anjel, Archiv fur Psych., VIII

PATJIOGÉNIE

maux. Lorsqu’après avoir appliqué l’appareil de Mosso au bras d’un individu normal, on invite lo patient à exécuter un travail intellectuel (lecture, calcul), on constate que le volume du bras diminue aussitôt, ce qui est dû à la contraction des artères. Cet état de spasme se prolonge tant que dure l’activité cérébrale ; il cesse rapidement dès que lo cerveau entre en repos. Si l’on renouvelle cette expérience sur un sujet neurasthénique, on voit que le spasme vasculaire initial se produit avec une facilité et une rapidité très grandes, mais le volume du bras ne reste pas stationnaire pendant toute la durée du travail intellectuel; au bout de quelques instants il augmente, puis il diminue de nouveau et présente ainsi une série d'oscillations de sens contraire. Quand le travail cérébral a pris fin, ces changements se poursuivent encore quelque temps; les artères ne reviennent pas promptement à leur tonus habituel, comme cela arrive toujours chez un sujet sain. L’appareil vaso-moteur du neurasthénique réagit donc sous l'influence des causes les plus légères ; il est irritable et débile tout ensemble, puisque l’excitation passée, le tonus artériel se rétablit plus lentement.

Anjel a constaté encore que les causes propres à stimuler l'innervation vaso-motrice, les repas, l'ingestion de boissons excitantes, par exemple, atténuent cette instabilité et que, par contre, celle-

l’hygiène du neurasthénique

ci s’accroît lorsque le malade est à jeun. Bien qu’elles soient d’un ordre un peu dillérenl, des expériences de Weber1 sont venues corroborer les laits observés par Anjel. Cet auteur, se basant sur un ensemble de données fournies par la clinique et par l’expérimentation, admit que les hyperesthésies, les dysesthésies, les paresthésies, les vertiges, en un mot presque tous les symptômes de l’épuisement nerveux étaient dus à des troubles vaso-moteurs, à des alternatives de spasme et de congestion s’effectuant dans les centres nerveux sous l’influence des causes les plus légères. Il proposa donc de définir la neurasthénie une névrose vaso-motrice.

Mais, en supposant que l’opinion d’Anjel soit conforme à la réalité des choses, il est évident que sa conception n’éclaire que la physiologique pathologique des troubles fonctionnels de la neurasthénie et non point la pathogénie de la maladie elle-même. Elle ne fait que poser le problème sous une forme nouvelle et elle ne nous dit pas quelle est la raison précise de ce désordre de l'innervation vaso-motrice et comment il se trouve réalisé par tant de causes si diverses.

En résumé, aucune des théories pathogéniques que nous venons d’indiquer n’est entièrement satisfaisante. Ces théories laissent subsister tout

j. Weber, Boston med. Journal, 1888.

PATHOGÉNIE

entière la conception la plus généralement admise aujourd’hui, à savoir : que l'épuisement nerveux a sa raison d’être dans une modification de tous les centres nerveux. En quoi consiste essentiellement cette névrose? Quelles sont les altérations anatomiques ou chimiques des centres nerveux d’ou dépendent les troubles psychiques, moteurs, sensitifs, circulatoires, etc., qui la caractérisent? Et comment les passions dépressives, les émotions, le surmenage sous toutes ces formes arriventils à les réaliser? Nous l'ignorons. On peut supposer avec Erb un trouble délicat de la nutrition des éléments nerveux; avec Beard un défaut d'équilibre entre leur union et leur séparation, avec M. Féré une modification de leur vibratilité, sans être plus renseignés pour cela.

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