‹ L'hygiène du neurasthénique (volume 2)Chapitre 22 sur 55 · CHAPITRE I Généralités · texte numérisé non relu

CHAPITRE I Généralités

Envisagée en général, l’hygiène prophylactique poursuit un double but : elle se propose en premier lieu d’écarter les causes génératrices des maladies, en second lieu, si ces causes sont inévitables (il en est ainsi notamment des tares héréditaires constituées), de mettre les sujets qui se trouvent exposés à leur action nocive en état de leur résister. En étudiant les causes de la neurasthénie nous avons vu quelle était l’importance du rôle dévolu à 1 hérédité morbide dans le développement de cette affection ; nous avons été conduits à reconnaître que l’hérédité neuro-arthritique était capable d’engendrer à elle seule cette névrose, mais qu’elle agissait le plus souvent à la manière d’une cause prédisposante en réalisant chez les sujets soumis à son influence celte débi-

L’HYGIÈNE DU NEURASTHENIQUE

liLé native du système nerveux qui le laisse sans défense vis-à-vis des multiples causes provocatrices de la maladie. La première tâche à remplir dans le traitement préventif de la neurasthénie se trouve ainsi tout naturellement tracée. Elle consistera à sauvegarder l’avenir des enfants issus de parents névropathes ou arthritiques en réprimant leurs tendances héréditaires, en renforçant autant que possible l’énergie et la résistance de leurs centres nerveux. Pour atteindre ce but il ne faut rien moins que la mise en pratique méthodique et patiente de tous les moyens dont l’hygiène dispose, et cela durant toute la période du développement des sujets, depuis l’enfance jusqu’à l'âge adulte. Préciser les termes d’un pareil programme c’est exposer le régime d 'éducation morale et physique qui convient aux enfants chargés de tares héréditaires ou congénitalement prédisposés à l’épuisement nerveux.

Au seuil même de cette étude se pose une question capitale. Est-il certain que l'éducation soit capable de réprimer les tendances morbides congénitales, de modifier profondément chez l’individu le tempérament, les penchants, la constitution nerveuse qu’il a hérités de ses ascendants? Les savants et les philosophes ont émis sur ce point des opinions fort dissemblables et même complètement opposées. On sait combien, au siècle dernier, le pouvoir réformateur et plastique attribué à l’éducation

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